Qui est Mouatassem Boudiaf, remplaçant de Salah Eddine Taleb à la Banque d’Algérie ?

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Le paysage économique algérien connaît un tournant majeur avec la décision du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, de mettre fin aux fonctions du gouverneur de la Banque d’Algérie, M. Salah Eddine Taleb. Ancien secrétaire général du Conseil de la monnaie et du crédit, M. Taleb avait succédé à Rostom Fadli le 23 mai 2022 et occupait depuis ce poste stratégique. À l’heure où l’économie nationale est confrontée à de nombreux défis, la présidence a choisi de confier l’intérim à Mouatassem Boudiaf, vice-gouverneur depuis le 15 décembre 2019, en compagnie de Mustapha Abderrahim et Mohamed Benbahane, tous deux nommés vice-gouverneurs le 31 décembre 2023 par décret présidentiel. Ce choix marque une orientation claire : placer à la tête de l’institution un expert de la modernisation financière et de la numérisation des systèmes bancaires.

La Banque d’Algérie joue un rôle central dans l’architecture économique et financière du pays. Responsable de la mise en œuvre de la politique monétaire, de la préservation de la stabilité du dinar et de la supervision du système bancaire, elle est au cœur des décisions qui conditionnent la santé économique de la nation. Dans ce contexte, la fonction de gouverneur ne se limite pas à une responsabilité administrative, mais engage également la crédibilité et la stabilité du pays sur le plan national et international. Confier ce poste à Mouatassem Boudiaf est donc une décision stratégique, reflétant la volonté de la présidence d’ancrer la Banque dans une dynamique de modernisation et de digitalisation.

Le parcours de M. Boudiaf en fait un choix particulièrement pertinent. Il a occupé plusieurs fonctions en lien avec les finances et les technologies bancaires, notamment en tant que directeur général du Groupement d’intérêt économique de monétique (GIE-Monétique). En 2016, il a également été ministre délégué auprès du ministre des Finances, chargé de l’économie numérique et de la modernisation des systèmes financiers dans le gouvernement Sellal IV. Son expertise dans la numérisation des services financiers arrive à point nommé, alors que l’Algérie accuse un retard important dans ce domaine et cherche à moderniser son secteur bancaire afin de mieux répondre aux besoins d’une économie en pleine mutation.

La nomination de M. Boudiaf à la tête de la Banque d’Algérie intervient à un moment où le pays poursuit un ambitieux programme de réformes économiques. L’objectif est de renforcer la transparence financière, d’améliorer la gouvernance des institutions publiques et de stimuler l’investissement dans des secteurs diversifiés, loin de la dépendance historique aux hydrocarbures. La Banque d’Algérie devra jouer un rôle central dans ce processus, en adaptant ses outils de gestion monétaire, en modernisant la supervision bancaire et en accélérant la digitalisation des services financiers, afin d’accompagner efficacement la transformation de l’économie nationale.

Les défis qui attendent M. Boudiaf sont nombreux et variés. Maintenir la stabilité du dinar, contrôler l’inflation, garantir le financement de l’économie et assurer la solidité du système bancaire constituent ses priorités immédiates. Mais au-delà des aspects techniques, il doit également rassurer les investisseurs et renforcer la confiance des citoyens dans la capacité de l’Algérie à gérer son économie avec rigueur et prévoyance. Sa connaissance approfondie des mécanismes internes de la Banque et son expérience dans la numérisation des services financiers sont des atouts précieux pour relever ces défis et guider l’institution à travers cette période charnière.

Aucune explication officielle n’a été donnée quant au départ de M. Taleb, mais cette décision relève pleinement des prérogatives constitutionnelles du président de la République. Elle symbolise également l’importance accordée à la modernisation et à la digitalisation du système bancaire, un enjeu stratégique pour l’Algérie dans un contexte mondial où la compétitivité économique passe par l’innovation et l’efficacité des institutions financières.

En attendant la nomination d’un gouverneur définitif, M. Boudiaf assure l’intérim avec la mission de préserver la continuité des opérations, de stabiliser l’institution et de préparer l’avenir de la Banque d’Algérie. Son expertise, son parcours et sa vision pour la modernisation du système financier font de lui un choix cohérent et prometteur pour relever les défis de l’économie algérienne, tout en accompagnant la transition vers un secteur bancaire plus numérique et performant.