La France a décidé de durcir les conditions de renouvellement du titre de séjour de 10 ans, une mesure qui concerne particulièrement les Algériens établis depuis longtemps sur le territoire. Alors qu’auparavant le renouvellement des cartes ou certificats de résidence était considéré comme une simple formalité, il devient désormais un parcours plus contraignant. Les Algériens, titulaires d’un titre de séjour valable 10 ans, se retrouvent face à des démarches alourdies, dans lesquelles les préfectures exigent des preuves supplémentaires, notamment un niveau de langue équivalent à celui requis pour la demande de naturalisation.
Jusqu’ici, le renouvellement des certificats de résidence pour une durée de 10 ans se faisait de plein droit. Les Algériens installés légalement en France pouvaient se contenter de déposer leur dossier en préfecture, sans que de nouvelles conditions soient imposées. Ce principe reposait sur l’accord franco-algérien de 1968, qui facilite certains aspects de la résidence pour les ressortissants algériens. Mais aujourd’hui, dans plusieurs préfectures, cette logique change. Les détenteurs d’un titre de séjour de 10 ans doivent non seulement remplir les formulaires habituels, mais aussi répondre à des entretiens ou présenter des justificatifs attestant de leur maîtrise de la langue française.
Cette évolution a pris de nombreux Algériens au dépourvu, car le titre de séjour de 10 ans constituait jusqu’alors une garantie de stabilité, leur permettant de vivre, travailler et voyager sans se soucier de démarches répétitives. Désormais, pour renouveler ce titre de séjour de 10 ans, les Algériens sont parfois soumis aux mêmes exigences que celles imposées aux candidats à la nationalité française. Cette assimilation entre deux procédures distinctes suscite des incompréhensions, d’autant plus que beaucoup d’Algériens concernés vivent en France depuis plusieurs décennies, dans une situation parfaitement régulière, avec une insertion professionnelle et sociale déjà établie.
Dans les faits, les témoignages se multiplient sur des pratiques divergentes d’une préfecture à l’autre. Certains Algériens se voient poser des questions lors du dépôt de leur dossier de renouvellement, d’autres doivent présenter des documents supplémentaires prouvant leur niveau de langue ou leur intégration. Ces nouvelles exigences rendent le processus moins automatique et plus incertain. Pour les Algériens habitués à un renouvellement quasi-systématique du titre de séjour de 10 ans, cette évolution marque un tournant administratif qui peut fragiliser leur sentiment de sécurité juridique.
Le durcissement des conditions n’a pas été formalisé par une loi spécifique visant uniquement les Algériens, mais les pratiques montrent que les détenteurs d’un titre de séjour de 10 ans sont de plus en plus confrontés à une évaluation plus stricte. Les préfectures invoquent la nécessité d’harmoniser les procédures et de renforcer le lien avec la société française. Toutefois, pour les Algériens qui vivent depuis des années en France, qui y travaillent et y scolarisent leurs enfants, l’exigence soudaine d’un niveau de langue équivalent à celui demandé pour une naturalisation apparaît comme un obstacle inattendu.
Dans ce contexte, la question du renouvellement du titre de séjour de 10 ans pour les Algériens prend une importance particulière. Le certificat de résidence, censé garantir une certaine tranquillité administrative, devient désormais un sujet d’inquiétude. La France, en imposant des conditions plus strictes, modifie les équilibres établis depuis des décennies avec les Algériens bénéficiant de ce dispositif. Ces derniers doivent désormais anticiper des démarches plus longues, plus exigeantes et parfois déstabilisantes, alors même qu’ils pensaient être protégés par la stabilité conférée par le titre de séjour de 10 ans.