Voyage : 474.300 euros saisis sur un passager Air Algérie

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Nouvelle affaire retentissante à l’Aéroport d’Alger – Houari Boumédiène. Les services de sécurité ont mis en échec une tentative de transfert illégal de devises portant sur une somme exceptionnelle, révélée dans le cadre d’une enquête judiciaire récente. Les faits remontent à mars 2025, lorsqu’un passager s’apprêtait à embarquer à bord d’un vol d’Air Algérie à destination d’Aéroport d’Istanbul. Lors de son passage au niveau des contrôles de sécurité du terminal ouest, son comportement a éveillé les soupçons des agents en charge du filtrage.

Un contrôle approfondi de ses effets personnels va rapidement confirmer ces doutes. Les agents découvrent alors une somme colossale de 474 300 euros, soigneusement dissimulée, principalement sous forme de billets de 100 euros. Un montant équivalent à près de 13 milliards de centimes sur le marché parallèle, ce qui en fait l’une des saisies les plus importantes enregistrées récemment dans ce type d’affaires.

Le passager, un homme d’affaires originaire d’Alger, ne disposait d’aucun document justificatif ni d’autorisation bancaire lui permettant de transporter une telle somme à l’étranger. Face à la gravité de la situation, les autorités ont immédiatement procédé à sa mise en cause.

Mais l’affaire ne s’arrête pas là. La fouille du véhicule du client Air Algérie, stationné dans l’enceinte de l’aéroport, a permis la découverte d’autres montants importants en monnaie nationale. De quoi renforcer les soupçons autour d’une opération de transfert illégal de fonds bien organisée.

Selon les éléments de l’enquête, l’homme exerçait dans le domaine de l’importation de textile et était basé aux Émirats arabes unis. Pour tenter de contourner les contrôles, il aurait utilisé une méthode pour le moins surprenante : se faire passer pour un parlementaire.

Les enquêteurs ont en effet découvert en sa possession une carte expirée mentionnant un statut de membre d’une prétendue assemblée liée à un mouvement politique. Le document, datant de 2009, comportait une mention demandant aux autorités civiles et militaires de faciliter les déplacements de son détenteur. Il disposait également d’une autre carte indiquant une affiliation au Front de libération nationale, sans valeur officielle dans ce contexte.

Ces éléments laissent penser à une tentative délibérée de manipulation pour échapper aux contrôles de sécurité. Une stratégie qui n’a finalement pas résisté à la vigilance des agents en poste.

L’enquête a par ailleurs permis de mettre au jour un réseau plus large. Au total, six personnes ont été identifiées et interpellées dans le cadre de cette affaire. Parmi elles figurent des commerçants opérant à Alger et à Blida, ainsi qu’un individu basé en France.

Les suspects sont poursuivis pour plusieurs chefs d’accusation, notamment infraction à la réglementation des changes et des mouvements de capitaux, ainsi que blanchiment d’argent. Des faits particulièrement graves dans un contexte où les autorités cherchent à renforcer la lutte contre les circuits financiers illégaux.

Le procès de cette affaire est attendu le 5 avril prochain devant le tribunal de Dar El Beïda. Une échéance judiciaire importante, qui devrait permettre de faire toute la lumière sur les ramifications de ce réseau et sur l’origine des fonds saisis.

Ce nouveau coup de filet illustre une fois de plus la vigilance accrue des services de sécurité au niveau des points de passage stratégiques. Il rappelle également que le transport de devises est strictement encadré par la loi algérienne, et que toute tentative de contournement expose à de lourdes sanctions.

Au-delà du cas individuel, cette affaire met en évidence l’existence de réseaux structurés cherchant à transférer illicitement des capitaux vers l’étranger. Un phénomène que les autorités entendent combattre avec fermeté, en multipliant les contrôles et les enquêtes approfondies.