Voyage : « l’aéroport international d’Alger est le moins cher au monde »

Boire à l'aéroport international d'Alger taxi

C’est une affirmation qui a fait réagir des milliers d’internautes : « L’aéroport international d’Alger est le moins cher au monde », déclare un voyageur algérien établi en France, dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. Filtrée dans un ton calme, mais sûr de lui, cette déclaration n’a pas tardé à créer le débat entre ceux qui partagent son avis et ceux qui contestent cette vision, en soulignant le décalage entre le coût de la vie en Algérie et celui des pays européens.

Dans sa vidéo, le voyageur détaille son expérience récente à l’aéroport d’Alger. « J’ai pris un café, un éclair et une bouteille d’eau pour un total de 700 dinars, soit environ 2,8 euros au taux de change informel », explique-t-il. Une addition qu’il juge raisonnable, voire dérisoire, surtout après avoir transité dans d’autres aéroports internationaux, notamment celui d’Istanbul. « Ceux qui ont voyagé en Turquie savent de quoi je parle. Là-bas, les prix sont dix fois plus élevés », ajoute-t-il avec un sourire qui trahit à la fois la surprise et la satisfaction. Selon lui, même si les prix en zone aéroportuaire sont logiquement plus élevés qu’en dehors, l’écart reste bien moindre à Alger comparé à d’autres grandes plateformes aéroportuaires.

Pour étayer son propos, il évoque un argument que peu de voyageurs contestent : « C’est normal qu’ils vendent la nourriture plus chère qu’à l’extérieur, car la location des locaux est beaucoup plus élevée à l’aéroport ». Un fait bien connu dans le secteur du commerce aéroportuaire, où les loyers et les charges influencent fortement les prix de vente. Mais malgré cela, Alger semble selon lui échapper à la flambée tarifaire observée ailleurs, notamment dans les grandes capitales ou les hubs internationaux très fréquentés.

L’aéroport d’Alger est-il vraiment le moins cher au monde ? Les internautes partagés

Sous la vidéo, les commentaires affluent, souvent passionnés, parfois contradictoires. Certains saluent la justesse de l’observation, d’autres soulignent une réalité économique bien différente pour ceux qui vivent sur place. Un internaute commente avec amertume : « 3€ en France, c’est 15 minutes de travail. 700 DA en Algérie, c’est une demi-journée de travail ». Ce commentaire illustre parfaitement le décalage entre les perceptions des résidents algériens et des membres de la diaspora, qui jugent les prix à travers des prismes économiques différents. Le débat ne s’arrête pas là. Un autre utilisateur renchérit : « On n’est pas payés en euro en Algérie », remettant ainsi en question la pertinence des comparaisons basées sur le taux de change informel.

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Mais tout le monde ne partage pas ce scepticisme. D’autres voix montent pour appuyer la thèse du voyageur. « Pour moi, c’est le moins cher. Même si tu veux manger normalement, tu peux trouver des pizzas à 900 DA, et les sandwichs sont corrects aussi. », écrit une internaute qui semble avoir une bonne connaissance des infrastructures internationales. Cette diversité d’avis montre que l’appréciation des prix à l’aéroport d’Alger varie fortement selon le référentiel économique de chacun, mais aussi selon les attentes personnelles en matière de confort, de service et de qualité.

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La vidéo en question n’a pas seulement suscité un débat sur les tarifs de l’aéroport Houari-Boumediene. Elle a aussi mis en lumière une réalité plus large : l’aéroport est souvent perçu comme un microcosme du pays, un lieu où le visiteur — qu’il soit touriste, expatrié ou résident — se forge une première impression. Et dans ce cas précis, c’est l’accessibilité des prix qui semble marquer les esprits. Contrairement à d’autres hubs aériens où un simple snack peut coûter autant qu’un repas dans un restaurant moyen de centre-ville, Alger semble conserver une certaine modération tarifaire, au moins pour l’instant.

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Au-delà des chiffres et des comparaisons, cette discussion spontanée sur le fait que l’aéroport d’Alger soit « le moins cher au monde » ou pas, a ouvert une fenêtre sur une question plus complexe : celle de l’équité perçue entre les visiteurs et les citoyens, entre ceux qui paient en euro et ceux qui dépensent leurs dinars. Le débat continue en ligne, porté par les expériences individuelles, les souvenirs de voyage, mais aussi les frustrations et les espoirs liés à un pays où tout changement, même mineur, peut susciter une grande résonance.