Actualité politique – L’ambassadeur d’Algérie en France a porté plainte contre l’ONG Reporters sans frontières (RSF) suite à de graves accusations concernant le scandale Pegasus qui fait les gros titres de la presse internationale ces derniers jours.

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Le monde est secoué depuis quelques jours par des révélations concernant le programme Pegasus, un logiciel espion israélien officiellement destiné à la surveillance des personnes représentant une menace pour la sécurité intérieure des États. Selon les résultats d’une enquête du collectif international de journalistes Forbidden Stories, plusieurs pays auraient toutefois utilisé ledit logiciel contre des journalistes, des militants des droits de l’homme ou encore de hauts responsables étrangers. Parmi les pays cités figure notamment le Maroc, qui aurait utilisé le logiciel israélien pour espionner les téléphones de plusieurs hauts responsables politiques et militaires en Algérie. Parmi les personnalités visées figurerait notamment l’ancien chef d’état-major de l’armée algérienne décédé en décembre 2019, Ahmed Gaïd Salah ou encore les membres de la famille de l’ex-président algérien Abdelaziz Bouteflika.

Dans un communiqué rendu public hier jeudi, le ministère des affaires étrangères et de la communauté nationale à l’étranger n’a d’ailleurs pas manqué de condamner cette nouvelle dérive du Royaume chérifien. « L’Algérie exprime sa profonde préoccupation suite aux révélations émanant d’un consortium de nombreux organes de presse de grande renommée professionnelle et faisant état de l’utilisation à large échelle par les autorités de certains pays, et tout particulièrement par le Royaume du Maroc, d’un logiciel d’espionnage dénommé « Pegasus » contre des responsables et citoyens algériens, ainsi que des journalistes et des défenseurs des droits de l’homme à travers le monde », a notamment déclaré le département de Ramtane Lamamra.« L’Algérie condamne vigoureusement cette inadmissible atteinte systématique aux droits de l’homme et libertés fondamentales qui constitue également une violation flagrante des principes et normes régissant les relations internationales », a ajouté la même source.

Affaire Pegasus : RSF accuse gravement l’Algérie

De son côté, l’ambassadeur d’Algérie en France, Mohamed Antar Daoud a également saisi la justice française contre l’ONG Reporters sans frontières (RSF) suite à de graves accusations concernant l’utilisation du logiciel Pegasus. « Cette action en justice porte sur l’assertion contenue dans le communiqué publié par RSF le 19 juillet 2021 sur son site web officiel, selon laquelle l’Algérie figure parmi les pays en possession du logiciel Pegasus et qu’elle l’utiliserait pour espionner d’autres parties », a expliqué la représentation diplomatique algérienne dans un communiqué ce vendredi. L’ambassade affirme en effet que l’Algérie « ne dispose aucunement de ce logiciel et n’a jamais eu à l’utiliser, ni à traiter ou à collaborer, de quelque manière que ce soit, avec les parties détenant cette technologie à des fins d’espionnage visant à porter atteinte à l’honneur et à la réputation d’un pays respectueux de la légalité internationale ».

La même source a d’ailleurs qualifié les affirmations de RSF de « mensongères », ajoutant qu’elles « [relèvent de la ] manipulation de RSF connue pour son acharnement vis-à-vis de l’Algérie ». De son côté, l’ONG précédemment citée a réagi en retirant l’Algérie de la liste des pays possédant le logiciel espion israélien. « Dans un premier temps, nous avons fait figurer l’Algérie dans la liste des pays clients de NSO. Cette erreur, que nous regrettons, a été corrigée », a écrit RSF dans une note publiée sur son site web officiel ce vendredi.

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