À l’approche de Aïd el-Adha, les autorités algériennes ont mis en place un dispositif encadré pour la vente des moutons importés, avec l’objectif affiché de mieux organiser le marché et d’éviter les dérives observées les années précédentes. Cette année, l’achat ne se fait plus de manière totalement libre : un parcours précis a été défini pour guider les citoyens, du moment de l’inscription jusqu’au paiement final.
Tout commence par une étape devenue incontournable : l’inscription en ligne. Les futurs acheteurs doivent d’abord s’enregistrer sur la plateforme dédiée adhahi.dz. Ce passage par le numérique permet aux autorités de centraliser les demandes et d’organiser la distribution en fonction des disponibilités. Une fois cette démarche validée, les choses s’enchaînent automatiquement. Chaque inscrit reçoit un SMS contenant les informations essentielles : la date, l’heure et le lieu où il pourra se rendre pour effectuer son achat.
Ce système de rendez-vous vise à éviter les longues files d’attente et les rassemblements désorganisés. Il permet également de répartir les flux de manière plus équilibrée entre les différents points de vente. En pratique, chaque acheteur est orienté vers un site situé à proximité de son lieu de résidence, ce qui facilite l’accès et limite les déplacements inutiles.
L’attribution des rendez-vous ne se fait pas au hasard. Elle suit un ordre chronologique basé sur la date d’inscription, tout en tenant compte du nombre de moutons disponibles dans chaque wilaya. Ce double critère permet d’assurer une certaine équité entre les citoyens, même si, dans les faits, la rapidité d’inscription reste un facteur déterminant.
Une fois sur place, les acheteurs conservent une certaine liberté. Contrairement à certaines craintes initiales, il est bien possible de choisir son animal directement au point de vente. Cette étape est présentée comme un gage de transparence, permettant à chacun de vérifier l’état du mouton avant de finaliser l’achat. Les autorités insistent d’ailleurs sur le fait que les bêtes proposées ont été sélectionnées avec soin et contrôlées par des vétérinaires, afin de garantir leur conformité aux normes sanitaires.
Après avoir choisi et acheté l’animal, une procédure supplémentaire entre en jeu. Chaque mouton est équipé d’une bague comportant un code QR. L’acheteur doit scanner ce code pour l’associer à son identité. Ce système de traçabilité vise à éviter les fraudes et à assurer un suivi précis des ventes. Il constitue aussi une innovation dans la gestion de ce marché, traditionnellement difficile à encadrer.
Le paiement, quant à lui, se veut flexible. Trois options sont proposées : en espèces, par carte bancaire ou en ligne. Mais derrière cette diversité, un message clair est envoyé par les autorités : encourager les paiements électroniques. Des réductions ont été mises en place pour inciter les citoyens à adopter ces modes de règlement. Concrètement, le prix du mouton varie selon le mode de paiement, avec un tarif plus avantageux pour ceux qui optent pour le numérique.
Au-delà des aspects pratiques, ce dispositif reflète une volonté politique plus large. Le ministère de l’Agriculture, sous l’impulsion de Yacine Oualid, met en avant un objectif de transparence et de régulation du marché. L’idée est de proposer des prix encadrés et accessibles, tout en limitant les spéculations qui accompagnent souvent cette période.
Cette organisation marque une évolution notable par rapport aux années précédentes, où l’achat du mouton reposait largement sur des circuits informels. En introduisant des outils numériques, un système de rendez-vous et des mécanismes de traçabilité, les autorités cherchent à moderniser un rituel profondément ancré dans la société.
Reste à savoir comment ce dispositif sera perçu sur le terrain. Si certains saluent une meilleure organisation, d’autres pourraient être déstabilisés par ces nouvelles procédures, notamment les personnes moins à l’aise avec les outils numériques. Quoi qu’il en soit, cette initiative témoigne d’une tentative de concilier tradition et modernité, dans un moment clé du calendrier religieux et social en Algérie.