Euro dinar : le ministre des finances estime que le taux de change « reste adapté »

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Le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, a apporté de nouvelles précisions sur la situation économique du pays et l’évolution du dinar face aux principales devises étrangères, notamment le dollar et l’euro. Intervenant jeudi lors d’une séance plénière au Conseil de la nation consacrée aux questions orales, le responsable du secteur a estimé que le taux de change officiel actuel reste « adapté » aux réalités économiques nationales.

Alors que la question de la valeur du dinar revient régulièrement dans le débat public, notamment en raison de l’écart observé entre le marché officiel et le marché parallèle des devises, le ministre a voulu rassurer sur la gestion monétaire du pays. Selon lui, le taux de change appliqué actuellement répond aux besoins de l’économie nationale et prend en compte plusieurs paramètres économiques essentiels.

Abdelkrim Bouzred a expliqué que la valeur d’une monnaie ne dépend pas d’un seul facteur, mais d’un ensemble d’indicateurs économiques et financiers. Il a notamment évoqué le niveau des échanges commerciaux, l’inflation ainsi que les orientations de la politique monétaire menée par la Banque d’Algérie.

Le ministre a également insisté sur le fait que le dinar évolue dans un contexte économique mondial marqué par de fortes turbulences financières et monétaires. Malgré cette situation internationale, il estime que les indicateurs macroéconomiques de l’Algérie demeurent globalement positifs.

Pour appuyer ses déclarations, Abdelkrim Bouzred a mis en avant le taux de croissance enregistré par l’économie algérienne sur la période 2024-2025. Selon lui, la croissance avoisinerait les 6 %, un chiffre qu’il qualifie de particulièrement important dans la conjoncture mondiale actuelle marquée par le ralentissement économique dans plusieurs régions du monde.

Le ministre a toutefois rappelé que la gestion du taux de change ne relève pas directement du gouvernement, mais des prérogatives de la Banque d’Algérie. Cette dernière reste l’institution chargée de définir et d’encadrer la politique de change à travers ses structures spécialisées.

Au-delà du dossier du dinar, le ministre des Finances a également consacré une partie de son intervention au développement du paiement électronique en Algérie. Il a présenté plusieurs chiffres illustrant l’accélération de la transition numérique dans le secteur financier et bancaire.

Selon les données communiquées, plus de 22 millions de cartes électroniques sont actuellement en circulation en Algérie. Une large majorité de ces cartes dépend du réseau d’Algérie Poste, qui continue d’occuper une place centrale dans les opérations financières quotidiennes des citoyens.

Le réseau des distributeurs automatiques de billets poursuit lui aussi son développement, avec plus de 4 700 appareils désormais opérationnels à travers le territoire national. Mais c’est surtout le déploiement des terminaux de paiement électronique qui connaît une progression particulièrement importante.

Le ministre a révélé que plus de 104 000 TPE ont été installés sur le marché algérien, contre seulement quelques milliers auparavant. Une accélération qui traduit la volonté des autorités de généraliser progressivement le paiement électronique dans les commerces et les services.

Cette évolution se reflète également dans les volumes des transactions réalisées électroniquement. Les chiffres présentés montrent plusieurs centaines de millions d’opérations effectuées au cours de l’année précédente pour des montants se chiffrant en milliers de milliards de dinars.

À travers ces annonces, les autorités cherchent à mettre en avant la modernisation progressive du système financier algérien, dans un contexte où la numérisation des services bancaires et administratifs devient un enjeu central pour l’économie nationale.