Algérie actualité – Le général à la retraite Mohamed Mediène dit Toufik s’est exprimé, samedi 2 janvier, sur les accusations de Complot contre l’autorité de l’État pour lesquelles il a été jugé en Algérie.  

Le général Toufik, de son vrai nom Mohamed Mediène, s’est en effet exprimé lors de son procès pour complot contre l’autorité de l’État qui a eu lieu samedi 2 janvier en Algérie. Notons que c’est seulement la deuxième fois que des propos de l’ex-chef du DRS, connu pour cultiver le secret autour de sa personne, sont rapportés par la presse. En 2015 déjà, le général Toufik avait adressé une lettre à plusieurs médias nationaux, dans laquelle il avait pris la défense du général Hassan.

Rappelons que le général Toufik a comparu, samedi 2 janvier, devant le tribunal militaire de Blida. En plus de l’ex-chef du DRS, la même juridiction avait également jugé trois autres accusés. Il s’agit de Athmane Tartag, Saïd Bouteflika ainsi que Louisa Hanoune. Le tribunal a, pour rappel, acquitté les prévenus des charges de complot contre l’autorité de l’État et de l’armée. Il s’agissait du troisième procès dans la même affaire. Le général Toufik avait écopé, en septembre 2019, d’une peine de 15 ans d’emprisonnement en première instance. Le tribunal militaire de Blida avait confirmé la peine en appel au mois de février 2020.

Complot contre l’autorité de l’État : ce qu’a dit le général Toufik

Lors du procès de samedi 2 janvier, le général Toufik a rejeté les accusations de complot contre l’autorité de l’État. Le quotidien francophone El Watan, présent à l’audience, a rapporté les propos de l’ancien chef du DRS. « Comment pourrais-je être accusé de complot contre l’autorité de l’État, alors que la rencontre a eu lieu avec le frère et conseiller du président encore en exercice ? », s’est interrogé le général Toufik. « Saïd Bouteflika a voulu nous voir pour nous demander notre avis sur la situation. Je me suis dit que c’est une occasion pour dire ce que je pense », a-t-il expliqué. « Saïd Bouteflika incarnait le pouvoir. Il était le frère et le conseiller du président encore en poste. Il a voulu prendre l’avis d’autres personnes afin d’agir. C’est naturel. », a poursuivi le général Toufik, ajoutant que « cela [n’a pas eu lieu] dans le cadre d’un complot ».

« On dit complot contre l’État et l’autorité militaire. Contre l’État ? Saïd Bouteflika, le frère et conseiller du président était présent. Contre l’armée ? Nous étions à Dar El Afia, une résidence qui appartient à l’armée. Moi-même j’ai dit à Saïd Bouteflika qu’il faut parler avec le chef d’état-major, Gaïd Salah. Pour moi, tout cela était normal », a-t-il ajouté.

« Ce qui m’a amené ici, ce sont des choses dont je ne pourrais parler aujourd’hui, un jour peut-être, mais pas ici », a également dit le général Toufik.

« Zeroual, c’était mon idée »

Par ailleurs, le général Toufik a également évoqué l’ancien chef de l’État Liamine Zeroual. Ce dernier n’aurait pas directement refusé de diriger une période de transition, a assuré l’ancien homme fort du régime algérien. « C’était mon idée. On a aussi parlé d’autres personnalités, mais c’est le nom de Liamine Zeroual qui a fait consensus », a-t-il déclaré. « Pour moi, il n’avait pas refusé, mais il a fini par le faire », a-t-il expliqué.

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