Algérie actualité– Le procès de Rafik Khalifa, impliqué dans l’un des plus grands scandales de corruption en Algérie, a débuté hier devant le tribunal de Blida. Il s’agit du troisième procès dans cette affaire, qui continue de défrayer la chronique.

Le principal accusé, Rafik Khalifa, a été entendu par le tribunal. Lors de son audition, ce dernier a ainsi rejeté les accusations à son encontre, tout en accusant gravement les responsables de l’ère Bouteflika. « On ne peut pas dire que les agences relevant de Khalifa Bank ont enregistré de grands trous financiers », a ainsi déclaré Rafik Khalifa. L’ancien milliardaire a accusé des responsable de l’époque d’avoir « pillé » les fonds d’El Khalifa Bank.

Sur la même lancée, Khalifa a également rejeté les déclarations de Mohamed Djellab. Ce dernier avait été désigné pour la gestion d’El Khalifa Bank après l’éclatement de l’affaire, à la fin de l’année 2002. Mohamed Djellab avait signalé d’importants gouffres financiers au sein d’El Khalifa Bank. Selon le principal accusé, il s’agit là d’affirmations « dictées par l’ancien système ».Toujours avec la même stratégie, il a également rejeté toutes les déclarations des témoins. Rafik Khalifa a en effet déclaré que ceux-ci étaient « sous pression de l’ancien système ». « Ces déclarations étaient contradictoires durant l’instruction », a-t-il également dit.

Que sait-on de l’affaire Khalifa ?

Par ailleurs, il est à noter qu’aujourd’hui encore, on ne connaît que très peu de détails sur l’affaire Khalifa. Dix-sept ans après l’éclatement de ce dossier, des questions restent toujours en suspens. Le principal accusé, Rafik Khalifa, avait émergé dans le monde des affaires à la fin des années 1990. Ce fils d’ancien ministre possédait notamment une compagnie aérienne, une chaîne de télévision ainsi qu’une banque privée, objet de l’actuel procès. Néanmoins, plusieurs questions sont en suspens autour de cet ancien milliardaire algérien, à commencer par l’origine de sa fortune. En effet, Rafik Khalifa a commencé sa carrière comme pharmacien dans la banlieue d’Alger. De l’avis de plusieurs expert, cette activité n’aurait pas pu lui permettre de bâtir un empire financier aussi vaste en seulement une dizaine d’années.

Notons également que c’est la troisième fois que ce dossier passe devant la justice algérienne. Rafik Khalifa avait en effet écopé de la prison à perpétuité en 2007, alors qu’il était en fuite à l’étranger. En 2015, il a écopé de 18 ans de détention, lors d’un procès qui a eu lieu cette fois en sa présence. Par ailleurs, signalons aussi que l’ancien milliardaire n’est pas le seul accusé dans cette affaire.

En effet, Abdelmoumen Khalifa comparaît en compagnie de 11 autres accusés. Les chefs d’accusation sont notamment la constitution d’une association de malfaiteurs, le vol en réunion et l’escroquerie, ainsi que la banqueroute frauduleuse et l’abus de confiance.

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