Les voyageurs entrant ou quittant l’Algérie devront désormais se conformer à de nouvelles règles concernant la déclaration des devises. Un arrêté du ministère des Finances, publié au Journal officiel, introduit un dispositif renforçant les obligations déclaratives tout en modernisant certaines procédures, notamment grâce à la possibilité d’effectuer les formalités en ligne avant le passage en douane.
Le texte précise que cette obligation ne concerne pas uniquement les billets de banque ou les pièces de monnaie. Les voyageurs devront également déclarer les moyens de paiement au porteur, les effets de commerce, les titres de créance négociables, ainsi que les métaux précieux et les pierres précieuses transportés lors de leurs déplacements. L’objectif affiché est d’améliorer le contrôle des flux financiers transitant par les frontières algériennes.
L’une des principales nouveautés réside dans la possibilité de déposer la déclaration de devises par voie électronique avant l’arrivée au poste frontalier. Cette procédure vient s’ajouter à la déclaration papier effectuée directement auprès des services des douanes et vise à fluidifier le passage des voyageurs tout en facilitant le traitement des informations par l’administration.
Le nouveau dispositif introduit également des règles plus strictes pour les voyageurs non-résidents qui souhaitent quitter l’Algérie avec des devises importées mais non utilisées durant leur séjour. Désormais, ils devront présenter la déclaration de devises établie lors de leur entrée sur le territoire et faire viser ce document par un guichet de la Banque d’Algérie, une banque agréée ou un bureau de change afin de justifier les opérations de change réalisées pendant leur séjour.
Cette mesure vise notamment à garantir la traçabilité des devises et à s’assurer que les opérations de change ont été réalisées dans le circuit bancaire officiel. En pratique, les voyageurs ne pourront plus justifier des montants obtenus à partir d’opérations réalisées sur le marché parallèle des devises, les autorités souhaitant renforcer la lutte contre les circuits informels.
L’arrêté accorde également davantage de pouvoirs aux services des douanes. Les agents pourront demander aux voyageurs tout document ou toute information permettant de vérifier l’origine des fonds transportés, leur destination ou encore l’identité des bénéficiaires des sommes déclarées. Ces contrôles pourront être effectués aussi bien à l’entrée qu’à la sortie du territoire.
Le formulaire de déclaration a lui aussi été enrichi. Les voyageurs devront désormais fournir plusieurs informations complémentaires, notamment leur identité, leur adresse en Algérie et à l’étranger, les références de leurs documents de voyage, ainsi que des précisions sur l’origine, la destination et les bénéficiaires des devises ou des valeurs transportées.
Toutes ces informations alimenteront une base de données nationale destinée au suivi des déclarations. Celle-ci regroupera également les cas de fausses déclarations, les infractions liées à l’absence de déclaration ou aux montants dissimulés, ainsi que les autres manquements constatés par les services des douanes lors des contrôles.
Enfin, le nouveau texte prévoit que ces données pourront être exploitées dans le cadre de la coopération entre les différentes administrations nationales et, dans certains cas, avec des organismes internationaux compétents. Elles pourront notamment être transmises à l’organisme chargé de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, dans le respect des procédures prévues par la réglementation.
Avec cette réforme, les autorités algériennes entendent moderniser les procédures douanières, renforcer la transparence des mouvements de capitaux et mieux contrôler les flux de devises transitant par les frontières du pays, tout en offrant aux voyageurs des démarches administratives plus simples grâce à la numérisation des déclarations.