Voyages et immigration – L’Algérie se trouve à nouveau au centre d’une vive polémique concernant l’expulsion de ses sans-papiers installés en France. Les autorités du pays ont été accusées d’avoir empêché le retour volontaire de 252 ressortissants algériens qui se trouvent illégalement dans l’Hexagone.

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Le débat sur l’immigration en France continue à l’approche des élections présidentielles dans ce pays, qui doivent avoir lieu en 2022. Depuis l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence française en 2017, les autorités de ce pays ont d’ailleurs durci leur politique migratoire, notamment pour les personnes en provenance des trois pays du Maghreb que sont l’Algérie, la Tunisie et le Maroc. Dans un rapport présenté à l’Assemblée nationale française il y a quelques mois, le député français de l’immigration, M’jid El Guerrab a d’ailleurs accusé le gouvernement de ce pays de « vouloir fermer la porte » aux algériens. Le même député a d’ailleurs mis en avant le taux de refus des visas qui atteint les 45% en Algérie, alors qu’il est d’une moyenne d’environ 16% dans le reste du monde.

La France a également annoncé, au début du mois de juin dernier qu’elle comptait adopter de nouvelles mesures pour contraindre l’Algérie à plus de coopération dans la lutte contre l’immigration clandestine. « Avec l’Algérie, avec qui les discussions sont plus difficiles, nous envisageons des mesures plus drastiques et nos demandes seront portées à leur connaissance très rapidement », avait annoncé la présidence française dans un communiqué.

Expulsion des sans-papiers en France : l’Algérie au cœur d’une polémique

D’ailleurs, l’Algérie se trouve à nouveau au cœur d’une vive polémique concernant l’expulsion de ses sans-papiers établis en France. Les autorités algériennes ont en effet été accusées, au cours de la semaine écoulée d’avoir empêché le retour volontaire de 252 algériens se trouvant en situation illégale dans l’Hexagone.  Selon ce qu’a indiqué l’AFP, les personnes concernées avaient pris attache avec l’Office français pour l’immigration et l’intégration (OFII) pour organiser leur retour volontaire sur le territoire national. Cette procédure permet notamment aux personnes qui le souhaitent de bénéficier d’une somme d’argent et d’un billet d’avion gratuit, ainsi que d’une aide financière pour rester dans leur pays d’origine.

« Le problème est que ces Algériens qui veulent rentrer et sollicitent le retour volontaire sont empêchés de rentrer chez eux par l’Algérie, qui refuse de nous les reprendre. C’est le seul pays avec lequel nous avons des problèmes », avait accusé le directeur général de l’OFII, Didier Leschi dans une déclaration à l’AFP. Selon le même responsable, les services de l’OFII « n’arrivent pas à avoir d’interlocuteurs pour les retours volontaires ». Les 252 algériens souhaitent « rentrer coûte que coûte pour revoir leur famille, après plus d’un an de fermeture des frontières algériennes en raison de la pandémie », a ajouté la même source.

Par ailleurs, plusieurs associations françaises d’aide aux migrants ont accusé, dans un rapport publié il y a quelques jours les autorités de ce pays d’utiliser les mesures de rétention administrative de manière abusive à l’encontre des sans-papiers, et ce alors que le contexte sanitaire mondial rend l’expulsion desdites personnes quasi impossibles. Selon ledit rapport, 27 000 étrangers ont été conduits dans des centres de rétention en France en 2020, parmi lesquels 1916 algériens. Le même rapport ajoute que sur ce nombre, 970 personnes sont sous le coup d’une Obligation de quitter le territoire français (OQTF), mais seulement 0.5% ont pu être expulsés vers l’Algérie.

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