Visas et immigration – Plusieurs spécialistes ont émis des critiques face au maintien de la fermeture des frontières en Algérie, notamment après l’annonce de la détection des premiers cas du variant indien dans le pays.

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L’Institut Pasteur d’Algérie avait en effet annoncé, lundi 3 mai, la détection de six cas contaminés au variant indien du Coronavirus dans la wilaya de Tipaza, à l’Ouest d’Alger. « Il a été procédé pour la première fois à la détection de 06 cas du variant indien (B.1.617), dans la wilaya de Tipaza. », avait indiqué ledit institut dans un communiqué, en précisant que ce variant « est de sous-type 2, qui comporte des différences par rapport au mutant Hybride circulant actuellement en Inde ».

Sur les réseaux sociaux, cette annonce n’a pas manqué de relancer le débat sur l’utilité du maintien de la fermeture des frontières. « Il y a 13 mois que toutes les frontières sont fermées et on vient nous annoncer la détection de cas d’infection au variant indien. Comment est-il apparu en Algérie ? », commente notamment un internaute sur le réseau social Facebook. « Avec la fermeture des frontières, c’est sûrement Rifka qui a importé ce variant », ironise un autre. Les autorités ont, de leur côté, expliqué que ces cas étaient des travailleurs indiens employés sur un chantier à Koléa, dans la wilaya de Tipaza. « C’est un virus importé. C’est un Indien qui a été séquencé. Il est venu de Doha. C’est un Indien qui travaille à Koléa », a notamment indiqué le ministre de la santé, Abderrahmane Benbouzid, hier lundi.

Fermeture des frontières en Algérie : les critiques des spécialistes

L’annonce de la détection de ce nouveau variant n’a également pas épargné au gouvernement les critiques de plusieurs  spécialistes, qui se sont interrogés sur l’utilité du maintien de la fermeture des frontières en Algérie. « Nous avons soutenu le maintien de la fermeture des frontières avec le renforcement du dispositif sanitaire pour justement éviter l’entrée de ces variants (…) Malheureusement, cela n’a pas été exécuté, mis à part la PCR négative d’un délai n’excédant pas les 72 heures », a notamment dit le Dr Mohamed Yousfi, chef de service des maladies infectieuses à l’hôpital de Boufarik (Blida) cité ce mercredi par El Watan. Pour le même spécialiste, l’importation de ce nouveau variant de la maladie « est le résultat du non-respect des mesures sanitaires exigées à travers le monde », notamment au niveau des aéroports.

Un avis que partage également le Pr Idir Bitam, expert en maladies transmissibles et pathologies tropicales. Le même spécialiste a, dans une déclaration rapportée aujourd’hui par le site web TSA, mis en avant l’existence de failles dans le dispositif de contrôle aux frontières mis en place par l’Algérie.  « La première se situe (…) au niveau des contrôles aux frontières, car comment se fait-il que ces ressortissants indiens passent les frontières et qu’ils n’aient pas été testés convenablement avec les tests PCR ? », s’est il interrogé. « Il est possible que les tests PCR que ces ressortissants ont effectués dans leur pays posent un problème. », ajoute le Pr Bitam, qui a en outre estimé qu’« il faut sensibiliser nos responsables, notamment au sein du comité scientifique, pour dire quel est le type de réactif qui a été utilisé pour le test PCR du fait qu’il y a une grande variabilité du point de vue sensibilité et spécificité de chaque type de réactifs ».

Le Dr Lyes Merabet, président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP) s’est également interrogé sur la manière dont les personnes qui ont importé ce variant ont pu passer les contrôles aux frontières. «  On se pose (…) beaucoup de questions notamment où en est-on avec les contrôles sanitaires aux frontières et que fait-on à ce niveau-là ? », a-t-il notamment dit, en rappelant que la décision de fermer les frontières a été « lourde de conséquences pour beaucoup de familles algériennes bloquées à l’étranger ». « Comment justifier (l’importation du variant indien) et à quoi sert cette décision de fermeture des frontières qui dure depuis des mois ? », s’est il également interrogé.

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