Voyages et immigration – L’Algérie maintient la fermeture de ses frontières depuis maintenant une année, avec un impact considérable notamment pour les ressortissants algériens se trouvant à l’étranger. 

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L’Algérie a en effet fermé ses frontières depuis le 17 mars 2020, alors que les premiers cas de Covid-19 commençaient à faire leur apparition dans le pays. Une année après l’instauration de cette mesure, les autorités algériennes n’ont toujours pas avancé de date pour sa levée. En effet, un assouplissement progressif des restrictions sur les voyages ne devrait pas intervenir avant au mois plusieurs mois. Plusieurs spécialistes ont estimé, depuis le début de cette année, qu’une telle décision devrait attendre la vaccination d’au moins 50% de la population algérienne, soit quelques 20 millions de personnes.

Or, avec l’avancement actuel de la campagne de vaccination en Algérie, ce chiffre pourrait ne pas être atteint avant les derniers mois de cette année dans le meilleur des cas. Outre la question de la vaccination, se pose également le problème des variants de la maladie qui ont fait leur apparition depuis la fin de l’année 2020 dans plusieurs pays du monde. En effet, beaucoup de choses restent encore à établir concernant ces nouvelles souches, dont leur degré de résistance aux vaccins qui risquerait de remettre à zéro tous les efforts déployés jusqu’ici pour contrer le virus.

Fermeture des frontières de l’Algérie : quel impact une année après ?

Aujourd’hui, une année après son instauration, la mesure de fermeture des frontières de l’Algérie a eu un impact certain sur la lutte contre le Coronavirus, mais également sur des centaines d’algériens qui sont encore bloqués à l’étranger à cause de cette décision. Plusieurs spécialistes qui se sont exprimés sur la question s’entendent ainsi à dire que cette mesure a permis à l’Algérie d’éviter les scénarios catastrophiques que vivent actuellement plusieurs pays à travers le monde. « Aujourd’hui (…) des pays parlent de confinement. C’est suicidaire de laisser des lignes aériennes ouvertes alors qu’on est en confinement en raison d’une situation épidémique incontrôlable », a notamment dit le Dr Mohamed Bekkat Berkani, membre du comité scientifique de suivi de la pandémie, dans une déclaration à TSA.

« Les résultats d’une telle décision prise au lendemain de l’apparition de la pandémie dans le pays sont aujourd’hui visibles et palpables dans la vie de tous les jours. », a estimé pour sa part le Pr Kamel Djenouhat, président de la Société algérienne d’immunologie (SAI) cité par Liberté. « Le compteur des contaminations affiche (…) des chiffres rassurants par rapport à d’autres pays, notamment nos voisins qui ont rouvert leurs frontières », indique le même spécialiste.

Mais le maintien de la fermeture des frontières n’a pas eu que des effets bénéfiques, et a notamment durement touché le secteur de l’économie dans le pays. La compagnie nationale Air Algérie, dont les avions sont restés cloués au sol pendant plusieurs mois, a notamment enregistré des pertes colossales au cours de l’année dernière. Celles-ci s’élèvent à 40 milliards de dinars, selon des chiffres révélés en décembre dernier par l’ex-ministre des transports Lazhar Hani. L’Entreprise nationale du transport maritime de voyageurs (ENTMV)  a également subi des pertes s’élevant à 10 milliards de dinars pour l’année 2020.

Outre les pertes colossales de ces entreprises, la fermeture des frontières a aussi durement impactés les algériens résidant à l’étranger, dont plusieurs centaines n’ont toujours pas pu rentrer au pays. C’est notamment le cas de 27 ressortissants résidant en Grande-Bretagne, et qui se sont retrouvés bloqués depuis le 27 février dernier à l’aéroport de Paris-Charles de Gaulle à cause de la suspension des vols spéciaux d’Air Algérie tout au long de ce mois de mars.

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