L’interpellation d’un ressortissant algérien faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF) a suscité une mobilisation à Tulle, en Corrèze. Mohamed Settouf, installé en France depuis environ quatre ans et père de quatre enfants scolarisés, a été arrêté mardi 15 septembre au matin à son domicile familial. Une association locale s’est rapidement mobilisée pour demander l’examen de sa situation et empêcher son éloignement du territoire.
L’intervention de la police nationale a eu lieu vers 6 heures, au domicile de la famille. Selon Corrèze Solidarité, le collectif qui accompagne le ressortissant algérien, l’interpellation s’est déroulée en présence de son épouse et de leurs quatre enfants, scolarisés de la maternelle au collège. Mohamed Settouf a ensuite été conduit au commissariat de Tulle dans le cadre de la procédure liée à son OQTF.
Le ressortissant algérien était, selon les informations rapportées par le collectif, assigné à résidence depuis plusieurs mois. Sa situation administrative faisait donc déjà l’objet d’un suivi par les autorités françaises. Son interpellation a toutefois entraîné une réaction immédiate de plusieurs personnes mobilisées localement autour de sa famille.
Paulette Freytet, marraine de Mohamed Settouf au sein de Corrèze Solidarité, a déclaré à La Montagne que l’intervention avait particulièrement affecté les enfants. Elle affirme que ces derniers auraient été traumatisés par l’arrestation de leur père à leur domicile. Ces déclarations émanent du collectif qui soutient la famille et n’ont pas été accompagnées, dans les éléments rapportés, d’une prise de position détaillée de la préfecture sur les circonstances de l’interpellation.
La mobilisation repose notamment sur la situation familiale de l’intéressé. Ses quatre enfants sont scolarisés à Tulle et vivent avec leurs parents. Pour Corrèze Solidarité, cet ancrage local constitue un élément important dans la demande de régularisation portée auprès des autorités.
Le collectif affirme également avoir signalé à la préfecture l’existence d’une proposition d’embauche pour Mohamed Settouf. Celle-ci aurait été formulée par un éleveur de la région. Selon Paulette Freytet, le poste serait en lien avec l’expérience professionnelle de l’Algérien, qui aurait auparavant exploité une activité agricole en Algérie et disposerait donc d’une expérience dans ce domaine.
D’après le collectif, l’employeur potentiel ainsi que le parrain de Mohamed Settouf souhaitaient rencontrer le préfet afin de présenter sa situation. Ils auraient cependant uniquement été informés par le directeur de cabinet que leur démarche avait été prise en compte. Les éléments rapportés ne précisent pas si cette proposition d’emploi a fait l’objet d’une décision administrative ou si elle pourrait avoir une incidence sur la procédure concernant l’OQTF.
L’interpellation a également été relayée par Amandine Dewaele, membre de Corrèze Solidarité et élue écologiste au conseil régional de Nouvelle-Aquitaine. Elle a indiqué que Mohamed Settouf avait été placé en rétention administrative. Selon elle, le collectif ne disposait alors d’aucun moyen de communication direct avec lui et les deux téléphones présents au domicile familial avaient été retirés. Son épouse se serait ainsi retrouvée seule avec les quatre enfants au moment où les membres du collectif tentaient d’obtenir des informations sur la situation du père.
Face à cette situation, Corrèze Solidarité a décidé d’organiser un rassemblement devant le commissariat de Tulle dès le matin de l’interpellation. Le collectif a appelé à rejoindre la mobilisation, notamment des syndicats, des parents d’élèves et des habitants de la commune. L’objectif affiché était de demander que la situation de Mohamed Settouf soit réexaminée et qu’il ne soit pas éloigné du territoire français.
La demande formulée par les soutiens ne porte pas uniquement sur la suspension de la procédure d’éloignement. Paulette Freytet réclame également, au nom du collectif, la délivrance d’un titre de séjour ou, à défaut, d’une autorisation de travail permettant au ressortissant algérien d’exercer légalement une activité professionnelle. Les soutiens mettent en avant la proposition d’emploi présentée par l’éleveur ainsi que la situation familiale du couple.
Corrèze Solidarité affirme par ailleurs que l’épouse de Mohamed Settouf dispose elle aussi d’une perspective professionnelle. Le collectif estime ainsi que la régularisation des deux adultes permettrait à la famille de travailler et de subvenir elle-même à ses besoins. Il s’agit toutefois d’une demande portée par les associations et non d’une décision déjà prise par l’administration.
L’avocat intervenant dans l’intérêt de la famille ainsi que la préfecture ont été informés de l’interpellation, selon les informations communiquées par le collectif. Dans le même temps, les soutiens de Mohamed Settouf ont poursuivi leurs démarches afin d’obtenir des informations sur son statut et sur la suite donnée à la procédure d’éloignement.
En fin de matinée, Corrèze Solidarité a annoncé avoir appris que le père de famille devait finalement être remis en liberté à la mi-journée. Cette évolution n’a toutefois pas conduit le collectif à mettre fin à sa mobilisation. Les soutiens ont annoncé un nouveau rassemblement pour mercredi 16 septembre à 17 heures devant la préfecture.
Cette nouvelle mobilisation doit également concerner d’autres situations administratives. Selon Corrèze Solidarité, quatre familles seraient actuellement en attente de régularisation à Tulle, représentant au total neuf enfants scolarisés dans la commune. Le collectif entend donc profiter de ce rassemblement pour attirer l’attention des autorités sur l’ensemble de ces dossiers.
L’affaire de Mohamed Settouf intervient ainsi dans un contexte de mobilisation locale autour de plusieurs demandes de régularisation. Son dossier associe une procédure d’éloignement, une situation familiale avec quatre enfants scolarisés et, selon ses soutiens, une possibilité d’emploi. La suite dépend désormais de l’évolution de sa situation administrative et des décisions qui seront prises par les autorités compétentes.