Le moment tant attendu est arrivé. Vladimir Petkovic a officiellement dévoilé ce dimanche 31 mai la liste des 27 joueurs retenus pour représenter l’Algérie lors de la Coupe du monde 2026 en Amérique du Nord, qui se tiendra du 11 juin au 19 juillet. Le sélectionneur suisse a attendu les dernières heures avant l’expiration du délai fixé par la FIFA pour livrer son groupe, confirmant des choix que le stage de Sidi Moussa, entamé le 25 mai, avait déjà laissé largement deviner.
La grande nouvelle — et elle était dans l’air depuis plusieurs jours — est la non-convocation de Baghdad Bounedjah. L’attaquant emblématique, international algérien depuis fin 2014 et auteur du but décisif de la finale de la CAN 2019 face au Sénégal, ne sera pas du voyage en Amérique du Nord. Son nom manquera à beaucoup, mais Petkovic a clairement choisi de tourner une page et de faire confiance à un groupe plus jeune, plus mobile, davantage en phase avec le football d’aujourd’hui. Ismaël Bennacer, lui aussi héros de cette génération dorée, est écarté pour des raisons de forme — le milieu de terrain n’a pas convaincu ces derniers mois. Youcef Belaili complète ce trio d’absences marquantes, trois noms qui résonnent comme la fin officielle d’un cycle. Adam Zorgane, joueur de l’US Saint Gilloise en Belgique, ne sera pas également de la partie, pour cette coupe du monde 2026.
Les anciens qui restent sont ceux qui ont su se maintenir au plus haut niveau. Riyad Mahrez, Aïssa Mandi et Ramy Bensebaini sont là, inamovibles, piliers d’une équipe qu’ils portent depuis des années. Mahrez et Mandi disputeront leur deuxième Mondial après le Brésil 2014 — une longévité au sommet qui force le respect. Nabil Bentaleb, lui aussi présent en 2014, effectue également ce retour sur la plus grande scène du football mondial.
Mais le groupe de Petkovic ne vit pas que de ses anciens. Le sélectionneur a fait le choix fort d’intégrer plusieurs jeunes loups dont les noms commencent à peine à résonner au-delà des frontières algériennes. Ghedjemis, Mastil, Ramdane et Titraoui font partie des toutes nouvelles têtes convoquées pour la première fois à ce niveau. Boulbina, Belghali, Hadj Moussa figurent également dans un groupe qui mêle expérience et fraîcheur avec une intention claire : construire l’avenir tout en jouant le présent.
Dans les cages, Petkovic a retenu quatre gardiens. Luca Zidane, titulaire lors de la CAN 2025, est évidemment de la partie. Oussama Benbot, qui avait annoncé sa retraite internationale après la même CAN avant de faire marche arrière, est rappelé. Les jeunes Melvin Mastil et Abdelatif Ramdane, portier du MC Alger, complètent ce secteur.
La défense conserve l’ossature qui a disputé la CAN, avec Belghali, Chergui, Aït Nourri, Hadjam, Mandi, Bensebaini, Belaïd, Abada et Tougai. Un bloc solide, rodé, qui constitue sans doute le secteur le plus rassurant du groupe. Le milieu de terrain, privé de Bennacer, s’appuie sur Bentaleb, Boudaoui, Aouar, Chaibi, Maza, Titraoui et Zerrouki — un collectif dense et créatif, capable de donner du rythme et de la variété dans le jeu.
En attaque, c’est peut-être le secteur le plus enthousiasmant sur le papier. Mahrez reste la référence absolue, l’homme des grands soirs. Amoura et Gouiri apportent leur dynamisme et leur sens du but. Et derrière eux, une meute de jeunes affamés — Benbouali, Boulbina, Ghedjemis, Hadj Moussa — qui n’ont plus rien à perdre et tout à prouver sur la scène mondiale.
L’Algérie aborde ce Mondial avec un groupe équilibré, une ossature défensive rassurante, et une attaque qui associe le talent confirmé de Mahrez à l’imprévisibilité de joueurs qui rêvent de s’y révéler. Le reste se jouera sur le terrain, en Amérique du Nord, à partir du 11 juin.