Mariage d’un Algérien : Retailleau convoqué comme témoin

APS Algérie Bruno Retailleau Algériens de France aide

L’affaire du refus de mariage impliquant un ressortissant algérien sous OQTF et une Française connaît un nouveau développement à quelques jours du procès de Robert Ménard. Le maire de Béziers sera jugé le 30 septembre 2026 devant le tribunal correctionnel de Montpellier pour avoir refusé, en juillet 2023, de célébrer l’union du couple. Pour sa défense, l’élu a décidé de faire citer Bruno Retailleau comme témoin à l’audience.

L’ancien ministre de l’Intérieur, qui occupait ce poste au moment des faits, avait déjà publiquement pris position en faveur de Robert Ménard dans cette affaire. Sa présence annoncée au procès devrait donc donner une dimension supplémentaire à une procédure qui avait déjà suscité de nombreuses réactions politiques et médiatiques depuis 2023.

Les faits remontent au 7 juillet 2023, lorsque Robert Ménard avait refusé de célébrer le mariage entre une Française et un Algérien faisant alors l’objet d’une obligation de quitter le territoire français. Le couple contestait cette décision et une procédure judiciaire a ensuite été engagée contre le maire de Béziers. L’homme concerné a depuis été expulsé vers l’Algérie.

Le dossier porte notamment sur la question de savoir dans quelles conditions un maire peut intervenir lorsqu’un futur époux est en situation irrégulière. Le débat a rapidement dépassé le cadre local, plusieurs responsables politiques s’étant exprimés sur cette affaire et, plus largement, sur la possibilité de modifier les règles encadrant les mariages impliquant des étrangers sans titre de séjour.

En février 2025, Bruno Retailleau avait apporté son soutien à Robert Ménard. L’ancien ministre avait notamment estimé que la situation était paradoxale, considérant que le maire, soucieux selon lui de l’ordre public, se retrouvait poursuivi alors que la situation administrative du futur mari constituait le point de départ de l’affaire. Cette position avait été largement relayée à l’époque.

C’est désormais devant les juges que Bruno Retailleau devrait être appelé à s’exprimer. Selon les informations rapportées par plusieurs médias, Robert Ménard l’a cité comme témoin dans le cadre de sa défense. Son témoignage pourrait notamment permettre de revenir sur les positions qu’il avait exprimées lorsqu’il était ministre de l’Intérieur et sur le contexte politique entourant cette affaire.

Robert Ménard avait également souhaité obtenir la présence d’Emmanuel Macron à son procès. Le maire de Béziers avait demandé au président de la République de venir témoigner après une déclaration faite par ce dernier en 2025. Emmanuel Macron avait alors qualifié la situation de « ubuesque » et estimé que le droit était « mal fait », des propos que Robert Ménard souhaitait voir réitérés devant le tribunal.

Le chef de l’État ne devrait toutefois pas se rendre à l’audience. La présence de Bruno Retailleau constitue donc, à ce stade, le principal soutien politique annoncé parmi les personnalités que Robert Ménard souhaitait faire entendre dans cette procédure.

Sur le plan judiciaire, le maire de Béziers est poursuivi pour avoir, dans l’exercice de ses fonctions, refusé de célébrer le mariage malgré les règles applicables. Il encourt jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende, ainsi qu’une éventuelle peine d’inéligibilité. Ces sanctions constituent toutefois les peines maximales encourues et ne préjugent évidemment pas de la décision qui sera rendue par le tribunal.

L’affaire a également connu un nouveau volet judiciaire en 2026. L’homme algérien concerné par le refus de mariage a porté plainte pour diffamation contre Robert Ménard après plusieurs déclarations publiques du maire au sujet de son passé judiciaire. Selon les éléments rapportés dans la presse, l’intéressé avait été condamné en 2021 à huit mois d’emprisonnement avec sursis pour un vol avec violence ayant entraîné une incapacité totale de travail n’excédant pas huit jours et pour escroquerie. Son avocate conteste en revanche les déclarations du maire faisant état de condamnations pour des faits de viol.

Cette dimension a ajouté un nouvel élément au dossier alors que l’audience du 30 septembre approche. Le procès consacré au refus de célébrer le mariage doit permettre à la justice d’examiner les faits reprochés à Robert Ménard et les arguments avancés par sa défense. Les différentes prises de position politiques intervenues depuis 2023 devraient également être examinées dans le contexte plus large du débat sur les mariages impliquant des personnes en situation irrégulière.

Le sujet reste d’ailleurs au cœur des discussions politiques françaises. En juin 2026, l’Assemblée nationale a encore débattu d’une proposition visant à modifier les règles concernant les mariages impliquant des étrangers sans titre de séjour. Le débat porte notamment sur l’articulation entre la liberté de se marier, les pouvoirs du maire et la situation administrative des futurs époux.

Le 30 septembre, Robert Ménard devra donc répondre devant le tribunal correctionnel de Montpellier aux faits qui lui sont reprochés. Bruno Retailleau, cité comme témoin par la défense, est annoncé à l’audience. Trois ans après le refus de mariage qui avait placé Béziers au centre d’une vive polémique, cette affaire va ainsi connaître son principal rendez-vous judiciaire.