Maroc, Émirats : un choix qui choque à l’ONU

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La prise de parole de Benjamin Netanyahu devant l’Assemblée générale des Nations unies, jeudi à New York, a été marquée par un départ massif de délégations. Alors que des dizaines de représentants ont quitté la salle au moment où le Premier ministre israélien s’apprêtait à prononcer son discours, les délégations de plusieurs pays arabes, dont le Maroc, les Émirats arabes unis et Bahreïn, ont choisi de rester dans l’hémicycle.

La scène a rapidement fait le tour des réseaux sociaux. Les images montrent de nombreux représentants quittant leurs sièges avant le début de l’intervention de Netanyahu, sur fond de protestations et de manifestations de désaccord. Une grande partie des sièges était ensuite vide pendant le discours du Premier ministre israélien. Plusieurs médias ont rapporté le départ de dizaines de délégations, tandis qu’un décompte relayé après la séance faisait état de 77 pays absents ou ayant quitté la salle.

Ce mouvement est intervenu alors que Netanyahu devait prendre la parole devant la 81e session de l’Assemblée générale. La séquence a donné lieu à des huées et à des protestations dans la salle. Le président de l’Assemblée générale, Khalilur Rahman, a dû appeler à plusieurs reprises au calme pendant la séance.

Alors que plusieurs délégations manifestaient ainsi leur opposition en quittant l’hémicycle, d’autres représentants ont choisi de rester. Du côté arabe, les délégations des Émirats arabes unis et de Bahreïn sont notamment restées présentes pendant le discours. La présence de représentants marocains a également été relevée dans la salle.

Ce contraste a suscité de nombreuses réactions, notamment en raison du contexte dans lequel intervient cette séquence. La guerre menée par Israël dans la bande de Gaza continue de provoquer une forte mobilisation internationale, tandis que les relations entretenues par certains États arabes avec Israël font l’objet de critiques croissantes.

Le maintien de la délégation émiratie à l’intérieur de la salle est intervenu alors que Netanyahu développait devant l’Assemblée générale son discours consacré à la politique israélienne et aux opérations militaires menées dans la région. Les Émirats arabes unis font partie des pays arabes ayant normalisé leurs relations avec Israël dans le cadre des accords d’Abraham.

Le Maroc a lui aussi rétabli officiellement ses relations avec Israël en 2020. Depuis, les deux pays ont renforcé leurs relations diplomatiques et développé plusieurs formes de coopération.

La présence du représentant marocain lors du discours de Netanyahu a donc également attiré l’attention, d’autant plus que le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, s’est exprimé dans le cadre de la même session de l’Assemblée générale.

Dans son intervention, Bourita a notamment évoqué la lutte contre ce qu’il a qualifié d’« extrémisme violent ». Cette prise de parole a suscité des critiques de la part de ceux qui considèrent que l’accent mis sur les actions de la résistance palestinienne détourne l’attention de la situation humanitaire catastrophique dans la bande de Gaza.

Le contexte dans lequel ce discours intervient est en effet particulièrement lourd. La guerre israélienne contre Gaza a provoqué d’immenses pertes humaines et des destructions considérables dans l’enclave palestinienne, alors que les appels internationaux concernant la protection des civils et l’acheminement de l’aide humanitaire se poursuivent.

Pour les critiques de la politique marocaine, le maintien de sa délégation dans la salle lors du discours de Netanyahu s’inscrit dans la continuité du rapprochement engagé avec Israël. La normalisation, entamée officiellement en 2020, s’est accompagnée d’une reprise des relations diplomatiques et d’un renforcement progressif des échanges entre Rabat et Tel-Aviv.

La situation est comparable, sur ce point, pour les Émirats arabes unis. Depuis la normalisation de leurs relations avec Israël, les deux pays ont développé des liens dans plusieurs secteurs, notamment le commerce, les investissements, l’énergie, les technologies, le tourisme et la coopération sécuritaire.

Le choix de la délégation émiratie de rester dans la salle lors de l’intervention de Netanyahu a ainsi été particulièrement remarqué. Cette présence intervenait alors même que plusieurs dizaines de délégations avaient choisi de quitter l’hémicycle en signe de protestation.

Au cours de son discours, Netanyahu a également choisi de mettre en scène une opération particulièrement controversée menée au Liban. Il a brandi devant l’Assemblée générale un appareil de type « pager », en référence aux explosions coordonnées de milliers de dispositifs de communication survenues au Liban en septembre 2024.

Cette opération avait provoqué la mort de plusieurs personnes et fait près de 3 000 blessés, selon les données citées dans le texte à l’origine de cette polémique. La présentation de cet appareil par Netanyahu devant l’Assemblée générale a donc ajouté une nouvelle dimension controversée à son intervention.

Alors que le Premier ministre israélien brandissait cet appareil devant les représentants des États membres, la délégation émiratie se trouvait toujours dans la salle, tout comme son homologue du Maroc. Cette séquence a alimenté les critiques visant les pays arabes ayant normalisé leurs relations avec Israël.

Le maintien des délégations marocaine, émiratie et bahreïnie contraste ainsi fortement avec l’attitude adoptée par les représentants de nombreux autres pays. Le départ des délégations a été interprété comme un geste de protestation contre Netanyahu et la politique de son gouvernement, dans un contexte marqué par la guerre à Gaza et les accusations portées contre Israël.

Le décompte de 77 pays doit toutefois être compris comme un recensement des délégations absentes ou ayant quitté la salle, et non comme la preuve que les 77 ont toutes organisé simultanément un départ collectif. Des informations publiées après la séance ont apporté cette précision.

Cette nuance ne change cependant pas la portée des images diffusées depuis New York : de nombreuses délégations ont effectivement quitté l’hémicycle lorsque Netanyahu a pris la parole, laissant une partie importante de la salle vide pendant son intervention.

La scène intervient alors que les relations entre Israël et plusieurs États arabes ayant choisi la normalisation sont de plus en plus observées à travers le prisme de la guerre à Gaza. Pour les détracteurs de ces accords, le maintien de relations diplomatiques et la présence dans la salle lors du discours de Netanyahu constituent un signal particulièrement problématique au regard de la situation palestinienne.

Les Émirats arabes unis ont pourtant participé, quelques jours auparavant, à une réunion réunissant plusieurs ministres arabes et musulmans à New York. Dans une déclaration commune, les participants avaient exprimé leur profonde inquiétude face aux souffrances humanitaires persistantes à Gaza et appelé notamment à garantir l’acheminement de l’aide humanitaire ainsi qu’à permettre la réhabilitation des infrastructures essentielles.

Cette position officielle contraste avec l’image donnée quelques jours plus tard dans l’hémicycle de l’ONU, où la délégation émiratie est restée présente pendant le discours de Netanyahu.

La séquence new-yorkaise a donc mis en évidence une fracture diplomatique visible. D’un côté, plusieurs dizaines de délégations ont quitté la salle pour protester contre l’intervention du Premier ministre israélien. De l’autre, des représentants de pays ayant noué des relations avec Israël ont choisi de rester à leurs places.

Le Maroc et les Émirats arabes unis se retrouvent ainsi au centre des réactions suscitées par cette scène, en raison de leur maintien dans la salle alors que le mouvement de départ prenait de l’ampleur. Le choix de leurs représentants intervient dans un contexte où la question palestinienne demeure au cœur des tensions diplomatiques internationales.

À New York, les images de cette séance auront donc offert une illustration spectaculaire des divisions persistantes autour d’Israël et de la guerre à Gaza. Alors qu’une partie importante des délégations refusait d’assister au discours de Netanyahu, d’autres ont fait le choix de rester face au Premier ministre israélien.

Cette séquence intervient enfin dans un contexte où la normalisation entre Israël et certains pays arabes continue de susciter de fortes controverses. Pour ses opposants, le rapprochement diplomatique engagé par le Maroc et les Émirats ne peut être dissocié de la situation dans les territoires palestiniens et des conséquences de la guerre à Gaza.

Le contraste observé à l’Assemblée générale de l’ONU, entre les délégations ayant quitté la salle et celles ayant choisi d’y rester, à l’instar du Maroc, a ainsi relancé le débat sur les positions des pays arabes à l’égard d’Israël et sur la place accordée à la cause palestinienne dans leur politique étrangère.