Qui est Farid Kourtel, le nouveau ministre de l’Industrie nommé par Tebboune ?

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Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a procédé ce mercredi 2 septembre 2026 à une nouvelle nomination au sein du gouvernement. Farid Kourtel a été désigné ministre de l’Industrie, un portefeuille stratégique au regard des ambitions affichées par l’Algérie en matière de diversification économique, de développement de la production nationale et d’attraction des investissements.

Cette nomination n’est toutefois pas une véritable découverte dans les cercles économiques et universitaires algériens. Quelques mois seulement avant son entrée au gouvernement, Farid Kourtel avait été nommé conseiller auprès du président de la République, chargé des affaires économiques.

Le décret présidentiel portant cette nomination remonte au 5 mars 2026. À cette date, la Présidence avait annoncé la désignation de Kourtel Farid comme conseiller auprès du chef de l’État, avec une mission directement consacrée aux affaires économiques.

Son passage par la Présidence aura donc été relativement court. Mais il lui aura permis d’évoluer au plus près des dossiers économiques suivis par le chef de l’État, avant de prendre désormais la responsabilité d’un département ministériel particulièrement important pour la transformation de l’économie algérienne.

Un universitaire spécialisé dans l’économie

Farid Kourtel est avant tout un universitaire et un enseignant-chercheur spécialisé dans les sciences économiques et les sciences de gestion. Son nom apparaît depuis plusieurs années dans des travaux et publications consacrés notamment aux questions économiques, à la gestion, au développement et aux politiques publiques.

Des archives universitaires le présentent notamment comme professeur à l’Université de Skikda, où il a exercé différentes responsabilités académiques au sein des structures liées aux sciences économiques et aux sciences de gestion. Il a notamment été associé aux travaux du milieu universitaire dans le domaine de l’économie et de la gestion.

Son activité scientifique ne s’est d’ailleurs pas limitée à l’enseignement. Farid Kourtel est également cité comme auteur ou co-auteur de travaux consacrés à différentes problématiques économiques. Une publication référencée sur la plateforme scientifique algérienne ASJP porte ainsi sur le développement du commerce électronique dans le monde arabe et identifie Farid Kourtel comme enseignant à l’Université de Skikda.

Son nom apparaît également dans des travaux consacrés à la finance islamique, au développement économique ou encore aux questions liées à la gestion et à la prise de décision dans les entreprises.

Cette expérience académique explique en partie pourquoi Farid Kourtel a progressivement été identifié dans les médias comme un expert des questions économiques et administratives. Il est régulièrement intervenu dans le débat public pour commenter des sujets liés à l’économie algérienne, aux investissements, au marché national, à l’emploi ou encore aux mécanismes de développement.

Une expérience à la tête de l’Université Blida 2

Avant de rejoindre la Présidence de la République, Farid Kourtel avait également occupé une fonction importante dans le secteur de l’enseignement supérieur.

Il avait été nommé recteur de l’Université Blida 2 Lounici Ali, située à El Affroun, dans la wilaya de Blida. Le Journal officiel confirme que sa nomination à la tête de l’établissement avait été suivie, en mars 2026, par la fin de ses fonctions de recteur, précisément parce qu’il était appelé à exercer une autre fonction.

Les archives de l’Université Blida 2 permettent également de retracer une partie de son activité à la tête de l’établissement. En octobre 2025, Farid Kourtel était notamment présenté comme le directeur de l’université lors de différentes activités scientifiques et institutionnelles. Il avait participé à la mise en place d’initiatives liées à la recherche et à l’amélioration de la vie universitaire.

En novembre 2025, il avait également supervisé la signature d’une convention de partenariat entre l’Université Blida 2 et l’Université de Pérouse, en Italie. L’accord portait notamment sur le développement des échanges académiques et de la coopération scientifique entre les deux établissements.

Quelques semaines avant son départ pour la Présidence, Farid Kourtel était encore officiellement en fonction. Le 12 février 2026, il apparaissait ainsi dans les activités de l’Université Blida 2 en qualité de directeur, à l’occasion d’une rencontre avec la nouvelle commission des œuvres sociales de l’établissement.

Conseiller économique de Tebboune depuis mars 2026

Le tournant dans sa carrière intervient donc le 5 mars 2026. Abdelmadjid Tebboune le nomme alors conseiller auprès du président de la République, chargé des affaires économiques.

La fonction n’était pas purement honorifique. Elle plaçait Farid Kourtel au cœur des réflexions économiques de la Présidence, avec un portefeuille couvrant les questions liées à l’économie nationale.

Sa présence est ensuite régulièrement signalée dans des activités officielles. Fin mars 2026, il participait notamment à une rencontre consacrée à la coopération algéro-tunisienne en tant que conseiller du président chargé des affaires économiques.

En avril, son nom apparaissait encore dans des activités liées aux échanges économiques et au développement des relations commerciales de l’Algérie avec ses partenaires étrangers.

Cette proximité récente avec les dossiers économiques constitue donc l’un des éléments importants pour comprendre sa nomination au ministère de l’Industrie.

Un profil économique appelé à gérer un secteur stratégique

Avec Farid Kourtel, le ministère de l’Industrie passe ainsi entre les mains d’un responsable dont le parcours est principalement marqué par l’économie, l’enseignement supérieur et l’analyse des politiques économiques.

Son profil est différent de celui d’un responsable ayant effectué l’essentiel de sa carrière dans l’administration industrielle ou dans une entreprise publique. Il arrive au ministère après avoir travaillé dans le monde universitaire puis au sein de la Présidence de la République sur les questions économiques.

Le choix peut donc être interprété comme une volonté de renforcer la dimension économique de la politique industrielle, alors que l’Algérie cherche à réduire sa dépendance aux hydrocarbures, à développer la production locale et à améliorer l’intégration industrielle.

Le nouveau ministre devra notamment composer avec plusieurs dossiers sensibles : développement du tissu industriel, soutien à la production nationale, amélioration de l’environnement des affaires, accompagnement des investissements et développement de filières capables de répondre à la demande intérieure tout en contribuant aux exportations.

Son expérience d’enseignant-chercheur et de conseiller économique du président devrait ainsi être mise à contribution dans la conduite de ces différents chantiers.

La trajectoire de Farid Kourtel est donc particulièrement rapide en 2026 : universitaire et responsable de l’enseignement supérieur, il rejoint la Présidence de la République en mars comme conseiller chargé des affaires économiques, avant d’être nommé, six mois plus tard, ministre de l’Industrie.

Cette nouvelle étape marque surtout le passage d’un rôle d’analyse et de conseil à une fonction opérationnelle à la tête d’un secteur majeur de l’économie algérienne. Son parcours universitaire et son expérience récente auprès du président Tebboune seront désormais confrontés aux réalités concrètes de la politique industrielle nationale.