Actualité politique – Le Maroc aurait espionné plusieurs hauts responsables en Algérie grâce au logiciel israélien Pegasus, selon des informations publiées par le quotidien français Le Monde hier mardi.

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Une enquête du collectif international de journalistes Forbidden Stories, dont les résultats ont été publiés par plusieurs médias internationaux a en effet révélé un scandale de taille concernant le logiciel espion Israélien Pegasus. Ce dernier est, selon l’entreprise qui l’a mis au point utilisé pour la surveillance des personnes soupçonnées de terrorisme, de trafic de drogue ou représentant plus généralement une menace pour la sécurité intérieure des États du monde.

Toutefois, une enquête du collectif international de journalistes Forbidden Stories a révélé que plusieurs États, notamment autoritaires auraient utilisé ce logiciel pour espionner les opposants politiques, les journalistes ou encore les militants des droits de l’homme dans leurs pays. Parmi les utilisateurs cités par l’enquête figure notamment le Maroc, voisin de l’Algérie avec qui la tension est montée d’un cran ces derniers jours suite à la diffusion d’une note controversée par l’ambassade du Royaume chérifien à New-York.

Scandale Pegasus en Algérie : des responsables espionnés par le Maroc

En effet, le Maroc aurait utilisé le logiciel Pegasus pour espionner plusieurs hauts responsables en Algérie, révèle l’enquête de Forbidden Stories dont les résultats ont été publiés hier mardi par le journal français Le Monde. Parmi les noms cités, figure notamment celui d’Ahmed Gaïd Salah, ancien chef d’état-major de l’ANP décédé en décembre 2019, et qui avait joué un rôle clé durant la période comprise entre la démission d’Abdelaziz Bouteflika et l’élection de l’actuel chef de l’État algérien Abdelmadjid Tebboune. Outre l’ex-chef d’état-major de l’armée algérienne, le média français cite également les noms de plusieurs proches de l’ancien président algérien Abdelaziz Bouteflika. Ainsi, les membres de la famille de l’ex-chef de l’État, à savoir ses frère Saïd et Nacer ainsi que sa sœur Zhor auraient eux aussi été espionnés par le Maroc.

En outre, Le Monde cite également les noms de l’ancien ambassadeur d’Algérie en France Abdelkader Mesdoua, et de son attaché militaire le colonel Karim Hadj Sadok. Le général Wassini Bouazza, ancien chef de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) figure également sur la liste des responsables algériens visés par le Royaume chérifien. Le média français précédemment cité mentionne même les noms de deux responsables actuellement en poste. Il s’agit de Ramtane Lamamra, fraîchement nommé ministre des affaires étrangères et du général Saïd Chengriha, qui occupe le poste de chef d’état-major de l’ANP depuis le décès de son prédécesseur Ahmed Gaïd Salah.

Outre des responsables politiques et militaires, le Maroc aurait également visé l’ancien ambassadeur de France en Algérie Xavier Driencourt, ainsi que plusieurs acteurs de la scène politique et de la société civile algérienne. C’est notamment le cas de l’ancien ministre Abdelaziz Rahabi ou encore de l’avocate Zoubida Assoul. « Cela fait partie de la chaîne des actes d’hostilité du Maroc envers l’Algérie. Cette hostilité permanente vise donc désormais les institutions, mais aussi des personnalités indépendantes », a notamment constaté Abdelaziz Rahabi cité par Le Monde. Pour le moment, les autorités algériennes n’ont pas réagi officiellement à ces révélations.

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