Une affaire d’escroquerie présumée secoue actuellement la capitale algérienne Alger, mettant en lumière un mode opératoire qui continue de piéger de nombreux citoyens. Un homme d’une cinquantaine d’années a été présenté devant le tribunal correctionnel de Chéraga pour des faits liés à une arnaque impliquant de fausses promesses d’importation de véhicules. Le montant évoqué dans ce dossier est particulièrement élevé, puisqu’il atteindrait 1,7 milliard de centimes, selon les éléments de l’enquête.
D’après les informations disponibles, le mis en cause, identifié par les initiales B.F., se présentait comme un intermédiaire capable de faciliter l’importation de voitures depuis l’étranger. Pour convaincre ses interlocuteurs, il avançait disposer de licences de moudjahidine, un dispositif spécifique permettant d’acquérir des véhicules avec des avantages fiscaux importants. Ce type d’argument, souvent perçu comme crédible, aurait permis au suspect de gagner la confiance de plusieurs victimes potentielles.
L’une d’elles, désignée par les initiales F.H., a livré un témoignage détaillé devant la justice. Selon ses déclarations, il aurait été approché avec une proposition portant sur l’acquisition de deux véhicules importés. Convaincu par les garanties avancées, il affirme avoir versé une somme totale de 1 milliard 70 millions de centimes. Ce montant incluait, d’après lui, le prix des voitures, ainsi que les frais liés au transport et au dédouanement.
Cependant, une fois l’argent encaissé, la situation aurait rapidement basculé. Le plaignant explique que le suspect a cessé de répondre à ses appels et qu’aucune livraison n’a été effectuée. Les tentatives pour le joindre étant restées sans réponse, la victime a finalement décidé de saisir la justice. Les investigations menées par les services compétents ont permis de localiser le mis en cause dans la région de Timimoun, à plusieurs centaines de kilomètres d’Alger.
Suite à son interpellation, le quinquagénaire a été placé en détention provisoire à la prison de Koléa. Il a ensuite été transféré pour comparaître devant le tribunal de Chéraga, où il a présenté sa version des faits. À la barre, il a rejeté toute accusation d’escroquerie, affirmant que les sommes perçues correspondaient en réalité au remboursement d’une dette contractée antérieurement par la victime. Selon lui, cette dette dépasserait les 200 millions de centimes et n’aurait aucun lien avec une transaction automobile.
Une version fermement contestée par le plaignant, qui assure pouvoir produire des témoins confirmant que l’argent a bien été remis dans le cadre d’un projet d’achat de véhicules. Ces témoignages n’ayant pas encore été entendus, le tribunal n’a pas été en mesure de trancher immédiatement sur la nature exacte du litige.
Face à ces éléments contradictoires, la magistrate en charge du dossier a décidé de reporter l’audience au 30 avril 2026. Ce délai doit permettre de convoquer et d’auditionner les témoins mentionnés par la partie civile, dont les déclarations pourraient s’avérer déterminantes pour établir les faits.
En attendant cette nouvelle audience, le prévenu reste placé en détention à Koléa. La justice devra, lors de la prochaine séance, déterminer s’il s’agit d’une véritable escroquerie reposant sur des manœuvres frauduleuses, ou d’un différend financier relevant d’un litige privé.
Ce type d’affaire rappelle la prudence nécessaire face aux offres d’importation de véhicules, un secteur où les promesses alléchantes peuvent parfois dissimuler des pratiques douteuses. La décision finale dépendra désormais des preuves apportées et des témoignages recueillis, qui permettront d’éclairer les circonstances réelles de cette affaire.