Les services des douanes algériennes ont récemment intercepté une importante quantité de tabac au port de Mostaganem, à l’ouest du pays, mettant en échec une tentative de trafic vers l’Europe. L’opération a permis la saisie de plus de 1.000 paquets de cigarettes dissimulés par un voyageur en partance pour l’Espagne, selon les informations communiquées par la Direction générale des douanes (DGD).
Cette intervention s’inscrit dans le cadre des contrôles renforcés effectués au niveau des ports algériens, notamment sur les lignes maritimes reliant l’Algérie à l’Espagne et à la France, où les flux de voyageurs sont particulièrement surveillés. Les agents des douanes, en poste au niveau de la gare maritime de Mostaganem, ont réussi à déjouer cette tentative de sortie illégale de marchandises soumises à une réglementation stricte.
D’après les premiers éléments rendus publics, le voyageur interpellé aurait tenté de transporter discrètement une quantité importante de tabac dissimulée dans ses bagages et son véhicule. L’opération a permis la découverte de 1.057 unités de tabac, comprenant des paquets de cigarettes de différentes marques, dont des produits largement commercialisés sur le marché algérien. Des sachets de tabac à chiquer ont également été saisis lors du contrôle.
Le passager était à bord d’un navire de la compagnie espagnole opérant des traversées régulières entre Mostaganem et Valence. Ce type de liaison maritime est fréquemment utilisé par des voyageurs se rendant en Europe, que ce soit pour des raisons familiales, professionnelles ou touristiques. Toutefois, ces lignes sont également connues pour être parfois exploitées par des individus tentant de transporter des marchandises à forte valeur de revente.
Le phénomène du trafic de tabac n’est pas nouveau. Il repose sur une différence importante de prix entre l’Algérie et certains pays européens, où le prix des cigarettes est nettement plus élevé en raison des taxes. Cette différence crée un marché parallèle lucratif, incitant certains voyageurs à tenter de faire passer des quantités de produits du tabac pour les revendre à l’étranger.
Selon plusieurs observations, un paquet de cigarettes acheté en Algérie pour un prix relativement bas peut être revendu à plusieurs fois sa valeur dans des pays comme l’Espagne ou la France. Ce différentiel de prix constitue l’un des principaux facteurs expliquant la persistance de ce type de trafic, malgré les contrôles douaniers renforcés.
Les services des douanes algériennes ont publié des images de l’opération, montrant les agents devant la marchandise saisie. On y distingue plusieurs dizaines de paquets de cigarettes de marques connues ainsi que des produits de tabac sous différentes formes. Ces publications s’inscrivent dans une démarche de transparence visant à illustrer les efforts des autorités dans la lutte contre la contrebande et les infractions liées aux échanges transfrontaliers.
Ce type de saisie n’est pas isolé. Les ports et aéroports algériens enregistrent régulièrement des tentatives similaires, impliquant parfois des quantités plus importantes ou des méthodes de dissimulation plus sophistiquées. Les autorités douanières rappellent que le transport de marchandises en dehors des cadres réglementaires peut entraîner des poursuites judiciaires, ainsi que la confiscation des biens et des moyens de transport utilisés.
Au-delà de cet incident, la question du commerce illicite de tabac met en lumière des enjeux économiques plus larges liés aux échanges entre l’Algérie et l’étranger. Les différences de fiscalité, les écarts de prix et la circulation des voyageurs contribuent à créer des opportunités pour les réseaux de contrebande, souvent organisés mais aussi parfois alimentés par des initiatives individuelles.
Les autorités algériennes affirment poursuivre leurs efforts pour renforcer les dispositifs de contrôle, notamment dans les zones portuaires et frontalières. L’objectif est de limiter les pertes économiques liées à la contrebande et de protéger les circuits commerciaux officiels.
Dans ce contexte, la vigilance des services douaniers reste un élément central de la stratégie de lutte contre les trafics. Les contrôles sont régulièrement renforcés, en particulier lors des périodes de forte affluence de voyageurs, afin de détecter toute tentative de transfert illégal de marchandises.
L’affaire du port de Mostaganem illustre une nouvelle fois la persistance de ce phénomène et la nécessité d’une surveillance constante. Elle rappelle également que les opérations de contrôle ne concernent pas uniquement les grandes cargaisons commerciales, mais aussi les voyageurs individuels susceptibles de transporter des quantités significatives de produits prohibés ou réglementés.
Les autorités poursuivent leurs investigations afin de déterminer les circonstances exactes de la tentative de fraude et d’éventuelles complicités. Le dossier devrait être transmis aux instances judiciaires compétentes pour la suite des procédures prévues par la loi en vigueur.