Aéroport d’Alger : pourquoi il recule encore dans le classement africain

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L’aéroport international Houari-Boumédiène d’Alger recule dans la hiérarchie des grandes plateformes aériennes africaines. Le classement d’OAG pour novembre 2026 le place désormais à la huitième position, soit un rang de moins que lors du précédent relevé. Ce recul intervient pourtant dans un mois marqué par une progression de sa capacité en sièges, signe que la dynamique de l’aéroport algérois ne suffit pas à suivre celle de certains de ses concurrents continentaux.

Selon les données de l’Official Airline Guide (OAG), l’aéroport d’Alger propose environ 520 000 sièges programmés pour novembre. Le volume affiche une progression de 7,4 % par rapport au mois précédent, tandis que la croissance sur un an atteint 3,2 %. Ces chiffres traduisent une augmentation de l’offre aérienne, mais celle-ci reste insuffisante pour préserver la position de la capitale algérienne dans le classement africain.

La concurrence est particulièrement forte en tête du tableau. Le Caire conserve largement la première place avec 1,74 million de sièges programmés. La plateforme éthiopienne d’Addis-Abeba arrive en deuxième position avec 1,17 million, devant Johannesburg et ses 1,12 million de sièges. L’écart avec Alger reste donc important, puisque les trois premiers aéroports dépassent chacun le million de places proposées sur le mois.

Le classement met également en évidence la progression des plateformes marocaines. Casablanca totalise 690 000 sièges programmés et Marrakech en affiche 580 000. Les deux aéroports devancent ainsi Alger, qui occupe la troisième place à l’échelle du Maghreb, derrière ces deux destinations marocaines.

Cette comparaison régionale souligne un enjeu qui dépasse le seul rang occupé par l’aéroport algérois. La capacité programmée reflète le nombre de places proposées par les compagnies sur leurs vols réguliers. Elle permet donc de mesurer l’ampleur de l’offre aérienne, mais ne correspond pas directement au nombre de voyageurs effectivement transportés. Un siège commercialisé n’est pas nécessairement un siège occupé.

À l’échelle de l’Algérie, les chiffres d’OAG donnent une autre indication sur l’évolution du secteur. L’ensemble des aéroports du pays totalise 948 334 sièges au départ pour novembre 2026. Un an auparavant, ce volume s’élevait à 946 655 sièges. La progression annuelle se limite ainsi à 0,2 %, une évolution particulièrement modeste au regard des performances affichées par plusieurs autres marchés africains.

Le contraste est notable entre la progression enregistrée à Alger et la quasi-stagnation de la capacité nationale. La capitale bénéficie d’une hausse plus marquée de son offre, mais celle-ci ne suffit pas à entraîner une évolution significative du volume total de sièges proposés depuis les différents aéroports algériens.

Ce constat doit toutefois être interprété avec prudence. Les données de capacité ne renseignent pas, à elles seules, sur le taux de remplissage des avions, les recettes des compagnies ou le nombre réel de passagers. Elles ne permettent pas non plus de déterminer les raisons précises du faible rythme de progression observé à l’échelle nationale.

Le panorama mondial présenté par OAG donne enfin une idée de l’échelle à laquelle évoluent les plus grands hubs internationaux. Atlanta conserve la première place avec 5,07 millions de sièges programmés en novembre 2026, devant Chicago O’Hare, qui atteint 4,64 millions. Tokyo-Haneda complète le podium avec 4,54 millions de places proposées.

Dubaï occupe la quatrième position avec 4,47 millions de sièges, malgré une baisse annuelle de 16 %. L’aéroport chinois de Canton-Baiyun ferme le top 5 avec 4,44 millions, en progression de 5 % sur un an. Ces volumes illustrent le poids des grandes plateformes mondiales dans les réseaux aériens internationaux et permettent de replacer les capacités africaines dans une perspective plus large.

Pour Alger, le classement de novembre dessine donc une situation contrastée : l’offre de sièges progresse sur la plateforme principale, mais sa position continentale recule et la capacité cumulée des aéroports algériens évolue très peu sur un an. Le prochain enjeu sera de savoir si cette progression locale peut se prolonger et s’accompagner d’une dynamique plus soutenue à l’échelle du réseau aéroportuaire national.