L’affaire opposant la créatrice de contenu Jihane Brahmia au groupe agroalimentaire Bellat continue de faire grand bruit en Algérie. Ce jeudi 21 mai 2026, le tribunal de Boufarik a rendu un nouveau verdict dans ce dossier très médiatisé, en condamnant l’influenceuse spécialisée en nutrition à une amende de 50 000 dinars algériens.
Cette décision judiciaire intervient plusieurs mois après le début de la polémique qui a opposé la famille Brahmia au directeur général du groupe Bellat autour d’une vidéo de sensibilisation publiée sur les réseaux sociaux. L’affaire, suivie de près par de nombreux internautes, a rapidement dépassé le simple cadre d’un différend commercial pour devenir un véritable débat public autour de la liberté d’expression, de la responsabilité des influenceurs et des limites de la critique des produits alimentaires.
Tout remonte à juillet 2025, lorsque Jihane Brahmia, connue sur les réseaux sociaux sous le nom de « Vitamin J », publie une vidéo consacrée aux dangers potentiels liés à la consommation de certains produits alimentaires fumés industriels. Dans cette séquence, la nutritionniste évoque notamment les risques associés aux substances utilisées dans certains emballages alimentaires ainsi que les effets possibles sur la santé.
Même si aucune marque n’était explicitement citée verbalement, le logo de l’entreprise Bellat apparaissait clairement dans la vidéo. Cette présence a provoqué une réaction immédiate du groupe agroalimentaire, dont le directeur général a accusé la créatrice de contenu de nuire à l’image de l’entreprise et de mener une campagne ciblée contre la marque.
Le patron du groupe Bellat a également affirmé que cette prise de position serait liée à un différend personnel. Selon ses déclarations, la famille Brahmia aurait mal réagi après le refus du groupe de financer un événement sportif organisé par Amar Brahmia, ancien athlète connu en Algérie et grand-père de Jihane Brahmia.
Face à ces accusations, l’influenceuse a toujours rejeté toute volonté de diffamation ou de règlement de comptes personnel. Elle affirme que sa vidéo s’inscrivait uniquement dans une démarche de sensibilisation nutritionnelle et de prévention sanitaire auprès du grand public.
Après plusieurs mois de polémique sur les réseaux sociaux et dans certains médias, les deux parties ont décidé de porter l’affaire devant la justice. Ce jeudi, le tribunal de Boufarik a donc condamné Jihane Brahmia à une amende financière après avoir examiné le dossier lié à l’apparition de la marque dans sa vidéo.
Peu après l’annonce du verdict, la créatrice de contenu a réagi via ses réseaux sociaux. Elle a confirmé son intention de faire appel de la décision de justice conformément aux procédures prévues par la loi algérienne. L’affaire pourrait donc connaître de nouveaux développements dans les prochaines semaines.
Cette nouvelle décision judiciaire intervient quelques jours seulement après un autre verdict rendu dans cette même affaire. Le 13 mai dernier, le tribunal de Bir Mourad Raïs avait condamné Mourad Melah pour diffamation dans un dossier directement lié à cette polémique.
Dans un communiqué publié après cette décision, la famille Brahmia avait salué le jugement rendu par la justice algérienne. Elle avait notamment insisté sur le fait que le tribunal avait écarté tout lien entre Amar Brahmia, sa petite-fille Jihane et la société Bellat. La juridiction avait également rejeté les accusations évoquant une tentative de chantage, de pression ou d’exploitation du nom de l’entreprise à des fins personnelles.
Malgré ces décisions de justice successives, le conflit semble encore loin d’être totalement réglé. Sur les réseaux sociaux, l’affaire continue de diviser les internautes entre les soutiens de Jihane Brahmia, qui défendent son travail de sensibilisation alimentaire, et ceux qui estiment que certaines publications peuvent porter atteinte à l’image des entreprises.
Cette affaire relance également le débat sur la responsabilité des influenceurs spécialisés dans la santé et la nutrition, notamment lorsqu’ils abordent publiquement des sujets liés à des produits commercialisés par des marques identifiables. Plusieurs observateurs estiment que cette polémique pourrait devenir une référence dans les futurs débats juridiques autour des contenus numériques et de l’influence en Algérie.
En attendant un éventuel appel et de nouvelles audiences, l’affaire Bellat – Jihane Brahmia reste l’un des dossiers les plus suivis du moment sur les réseaux sociaux algériens.