Nouveau code de la route : des véhicules désormais interdits sur les autoroutes et voies rapides

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Il y a dans tout code de la route une logique que l’on ne perçoit pas toujours à première lecture : celle de la hiérarchie des usages. Qui a le droit de passer en premier ? Qui peut emprunter telle voie ? Qui bénéficie d’une facilité de circulation, et qui en est exclu ? Le nouveau code de la route algérien, signé par le président Tebboune et publié dans le dernier numéro du Journal officiel, répond à ces questions avec une précision nouvelle, et introduit des dispositions concrètes que tout conducteur a intérêt à connaître avant de prendre le volant.

La première grande clarification concerne les véhicules prioritaires. L’article 3 du nouveau texte établit une liste précise des catégories de véhicules bénéficiant de facilités de circulation. On y retrouve les véhicules des services des forêts, du transport sanitaire, d’intervention dans les domaines de l’électricité et du gaz, de maintenance des réseaux de télécommunications filaires et sans fil, ainsi que les véhicules de transport de fonds. S’y ajoutent les engins de travaux publics, les véhicules prioritaires des services de sécurité, les convois militaires et les cortèges officiels. Une liste exhaustive qui met fin aux zones d’ombre qui pouvaient exister dans l’ancienne réglementation sur la définition exacte des véhicules auxquels les autres conducteurs sont tenus de céder le passage.

Une attention particulière est portée, à l’article 16, aux personnes en situation de handicap. Les véhicules conduits par des personnes atteintes d’un handicap moteur ou auditif bénéficient désormais explicitement de facilités de circulation, à condition que le véhicule soit équipé d’un signe distinctif visible et adapté. Une disposition qui traduit une prise en compte plus sérieuse des besoins de mobilité des personnes handicapées, longtemps laissées pour compte dans les textes réglementaires.

Sur le plan de la sécurité du transport de marchandises, l’article 12 impose une exigence technique précise : tout véhicule destiné au transport de conteneurs doit être équipé d’un système de fixation par pièces de coin. La fixation des conteneurs par câbles, sangles ou tout autre moyen équivalent est désormais explicitement interdite. Une règle qui vise à sécuriser le transport de fret lourd sur les routes algériennes, où les accidents liés à des chargements mal fixés ont causé des drames ces dernières années.

Mais la disposition qui retiendra sans doute le plus l’attention des conducteurs est celle de l’article 15, qui introduit une restriction claire sur l’accès aux autoroutes et voies rapides. Certaines catégories de véhicules se voient désormais interdire l’accès à ces infrastructures. « Le wali peut interdire la circulation de certains engins de déplacement motorisés sur certaines voies et routes, et leur réserver des espaces propres, sous peine de l’amende prévue par la présente loi à laquelle s’expose le contrevenant. », lit-on notamment dans le tout dernier journal officiel.

Dans le même esprit, le nouveau code prévoit la possibilité de réserver, dans les zones urbaines, des voies ou couloirs spécifiques aux vélos et aux transports en commun. Une mesure d’aménagement urbain qui s’inscrit dans une tendance mondiale de rééquilibrage de l’espace public en faveur des mobilités douces et collectives. Le wali dispose par ailleurs du pouvoir d’interdire la circulation de certains engins de déplacement à mobilité réduite et de leur réserver des espaces dédiés, sous peine d’amende pour tout dépassement exceptionnel de la vitesse de 25 km/h.

Ce nouveau cadre réglementaire envoie un message clair : la route algérienne n’est plus un espace indifférencié où tout le monde circule comme il l’entend. Elle est un espace organisé, hiérarchisé, avec des règles précises pour chaque catégorie d’usager. Encore faut-il que ces règles soient effectivement appliquées sur le terrain — et c’est là, comme toujours, que se joue l’essentiel.