Algérie France – Le montant des dommages coloniaux qu’a subis l’Algérie en 132 ans de colonisation par la France s’élèverait à 100 milliards d’Euros. C’est l’universitaire Seddik Larkèche, qui a récemment adressé une lettre ouverte au président français Emmanuel Macron, qui a donné cette estimation.

Le dossier de la mémoire commune est en effet au cœur des relations entre l’Algérie et la France. Avec ce regain d’intérêt pour la période de la colonisation française en Algérie, se pose également la question des dommages coloniaux qu’a subis l’Algérie. C’est dans ce sens que Seddik Larkèche, universitaire spécialiste du risque pays, a adressé une lettre ouverte au président français Emmanuel Macron. Dans son message, le spécialiste algérien a estimé qu’« il ne peut y avoir une reconnaissance des crimes contre l’humanité commis en Algérie par la France et dans le même temps tourner le dos aux réparations des préjudices subis ».

Ainsi, Seddik Larkèche estime que la France « ne pourra échapper à son obligation de réparer financièrement les crimes et les dommages coloniaux qu’elle a commis en Algérie ». Le même spécialiste a estimé le montant des dommages coloniaux qu’a subis l’Algérie à 100 milliards d’Euros. Il cite plusieurs faits justifiant ce montant, parmi lesquels le pillage du trésor du Dey d’Alger par les troupes coloniales françaises. Seddik Larkèche a également mis le point sur « la spoliation de millions d’hectares de terres [et] l’analphabétisation de la quasi-totalité de la population ».

La France doit-elle payer des dommages coloniaux à l’Algérie ?

En effet, le même spécialiste estime que la réconciliation entre l’Algérie et la France doit passer impérativement par un dédommagement des préjudices dus à la colonisation. « Soixante ans après l’indépendance algérienne, le temps est peut-être venu de réparer définitivement les préjudices subis principalement par la population algérienne.», a déclaré M.Larkèche ce mardi, dans un entretien à TSA. Ainsi, l’objectif « n’est pas de soutirer de la France une quelconque somme » a assuré le spécialiste algérien. « On ne peut pas appliquer l’ardoise magique en considérant qu’il faut ôter de la mémoire algérienne cette dimension », a-t-il ajouté.

Par ailleurs, Seddik Larkèche a cité plusieurs exemples allant dans le sens de ses déclarations. Il a ainsi cité l’exemple de l’Italie « qui, en 2008, a indemnisé la Libye à hauteur de 3,4 milliards d’euros pour l’avoir colonisée de 1911 à 1942 ». « Je ne pense pas que réparer politiquement et financièrement les crimes coloniaux français en Algérie puisse altérer l’intégrité mémorielle des Algériens vis-à-vis de la puissance coloniale française », a-t-il par ailleurs estimé.

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