Une famille algérienne installée en France depuis plusieurs années se retrouve aujourd’hui confrontée à une obligation de quitter le territoire français (OQTF), malgré son intégration et la scolarisation de ses trois enfants. Le refus de délivrance d’un titre de séjour par la préfecture de la Marne a plongé cette famille dans une profonde incertitude, alors qu’elle affirme avoir construit toute sa vie en France depuis son arrivée en 2017.
À la tête de cette famille se trouve Tayeb Djellal, un ressortissant algérien arrivé dans l’Hexagone avec son épouse et leurs deux premiers enfants. Quelques mois après leur installation, un troisième enfant est né en France, venant agrandir le foyer. Depuis, les trois enfants suivent leur scolarité dans des établissements français, où ils poursuivent leur parcours éducatif. C’est ce que détaille l’Hebdo du Vendredi.
Estimant remplir les conditions nécessaires pour obtenir un droit au séjour, Tayeb Djellal avait déposé une demande de régularisation auprès des services de la préfecture de la Marne. Selon son témoignage, il espérait que son parcours personnel, son implication dans la vie locale et la situation de ses enfants seraient pris en compte lors de l’examen de son dossier.
La décision rendue par les autorités administratives a toutefois été tout autre. Au mois de mai dernier, la préfecture a rejeté la demande de titre de séjour de la famille et lui a notifié une obligation de quitter le territoire français. Cette mesure est accompagnée d’une assignation à résidence, ce qui impose à la famille de respecter certaines obligations administratives en attendant la suite de la procédure.
Cette décision fait naître de nombreuses inquiétudes au sein de la famille, qui redoute les conséquences d’un éventuel retour forcé en Algérie après plusieurs années passées en France. Les parents mettent particulièrement en avant la situation de leurs enfants, dont toute la scolarité s’est construite dans le système éducatif français.
Le fils aîné, notamment, poursuit actuellement des études supérieures et envisage de préparer un master. Pour la famille, une expulsion remettrait en cause plusieurs années d’efforts et risquerait d’interrompre brutalement son parcours universitaire. Les deux autres enfants sont également pleinement intégrés dans leur environnement scolaire et social.
Âgé de plus de soixante ans, Tayeb Djellal affirme avoir toujours cherché à participer activement à la vie de son territoire d’accueil. Au fil des années, il a créé une micro-entreprise afin d’exercer une activité professionnelle en France. Cette initiative témoigne, selon lui, de sa volonté de contribuer à l’économie locale et de construire un projet de vie durable.
Son engagement ne s’est pas limité au domaine professionnel. Le ressortissant algérien est également à l’origine de l’association « Passerelles de l’humanité », une structure qui mène des actions en faveur du dialogue, de la fraternité et du vivre-ensemble. L’association œuvre notamment contre toutes les formes de haine, de discrimination et d’antisémitisme à travers différentes initiatives locales.
Parallèlement à cet engagement associatif, Tayeb Djellal intervient régulièrement sur les ondes de la radio locale Mau-Nau, où il participe à des émissions abordant des questions liées à la citoyenneté, au dialogue interculturel et à la vie associative. Il considère ces activités comme le reflet de son attachement à la société française et de sa volonté de favoriser les échanges entre les différentes composantes de la population.
Face à la menace d’éloignement, il lance aujourd’hui un appel à la solidarité. Dans un message rendu public, il explique ne pas rechercher un traitement de faveur, mais souhaite que les autorités tiennent compte de l’ensemble de son parcours et de celui de sa famille. Il insiste notamment sur les efforts d’intégration accomplis depuis leur arrivée en France, sur l’investissement personnel dans la vie associative ainsi que sur la situation scolaire de ses enfants.
Cette affaire intervient dans un contexte où les obligations de quitter le territoire français font régulièrement l’objet de débats. Les décisions prises par les préfectures sont examinées au cas par cas, en fonction de la situation administrative, familiale et personnelle de chaque demandeur. Les personnes concernées disposent généralement de voies de recours devant les juridictions administratives afin de contester les décisions qui leur sont notifiées.
Dans le cas de la famille Djellal, l’issue de la procédure dépendra des recours éventuellement engagés ainsi que de l’appréciation portée par les juridictions compétentes sur les différents éléments du dossier. D’ici là, l’incertitude demeure pour cette famille algérienne, qui espère pouvoir poursuivre sa vie en France sans être séparée de l’environnement dans lequel ses enfants ont grandi et construit leur avenir.