Voyages et immigration – Le chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune s’est exprimé ce mardi sur la fermeture des frontières algériennes et la suspension des vols internationaux.

L’Algérie maintient ses frontières fermées depuis le 17 mars 2020, et les vols de rapatriement d’Air Algérie sont également suspendus depuis le 1er Mars dernier. Selon la compagnie aérienne nationale, qui s’est exprimé au début de ce mois via un communiqué publié par le consulat général d’Algérie à Istanbul, cette suspension durera au moins jusqu’au 30 avril prochain. Plusieurs centaines d’algériens encore bloqués à l’étranger ont, dans ce contexte, multiplié les appels à une réouverture des frontières du pays au cours de ces derniers jours.

Ainsi, des internautes ont lancé une pétition en ligne dans laquelle ils ont appelé le chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune, à « ouvrir les frontières sous conditions (…) comme tous les autres pays ». « La diaspora algérienne souffre et nous ne pouvons supporté plus que ça », ont écrit les auteurs de cette pétition. De son côté, la Coordination des associations de la société civile de l’immigration algérienne et des cadres algériens à l’étranger et en Algérie a également adressé une lettre dans ce sens au président algérien. « Nous vous implorons (…), Monsieur le président, d’autoriser vos concitoyens de l’étranger à renter dans leur pays. Vos équipes seront certainement aptes à éditer des règles sanitaires (tests, isolement…) qui permettront ces voyages en toute sécurité et qui seront acceptées de bon cœur par tous », lit-on notamment dans le document en question, dont les auteurs constatent que « bien que les conditions sanitaires ne soient toujours pas idéales, surtout en France ces temps-ci, la vaccination pour certains, les tests PCR pour tous, voire une période de septaine, permettent les déplacements entre de nombreux pays ».

Frontières algériennes : ce qu’a décidé Abdelmadjid Tebboune

De son côté, le chef de l’État Abdelmadjid Tebboune a évoqué ce mardi le sujet de la fermeture des frontières algériennes et de la suspension des vols. Alors que l’Algérie enregistre actuellement un nouveau rebond des contaminations au Coronavirus, avec un bilan qui est passé à 232 cas aujourd’hui, le président algérien a en effet présidé une réunion avec le premier ministre Abdelaziz Djerad ainsi que plusieurs membres du gouvernement et des membres du comité scientifique de suivi de la pandémie au niveau national.

M. Tebboune a ordonné, dans ce sens, le « maintien de la fermeture des frontières terrestres, maritimes et aériennes, tout en augmentant le niveau de vigilance au quotidien », précise un communiqué de la présidence de la République. Le chef de l’État a également instruit le gouvernement de fournir des statistiques détaillées de l’épidémie concernant chaque wilaya, afin de prendre les mesures nécessaires au niveau local. Par ailleurs, le président algérien a également appelé à l’accélération de la campagne de vaccination, ainsi qu’à « la mise en œuvre du projet de fabrication du vaccin Spoutnik V au niveau national », a précisé la présidence de la République dans son communiqué.

Suspension des voyages : l’aéroport d’Alger durement touché

La fermeture des frontières algériennes a par ailleurs durement touché plusieurs secteurs de l’économie nationale, et en premier lieu celui des transports. La compagnie aérienne nationale, Air Algérie a ainsi subi des pertes à hauteur de 40 milliards de dinars en 2020, selon des chiffres révélés il y a quelques mois par l’ex-ministre des transports Lazhar Hani. La compagnie étatique risque d’ailleurs la faillite si des mesures ne sont pas rapidement prises. Elle a d’ailleurs sollicité récemment une aide de près d’un milliards de dollars au gouvernement afin de faire face aux conséquences de la crise sanitaire.

L’aéroports international Houari Boumediène d’Alger n’a également pas été épargné par la crise. Selon le PDG de la société chargée de sa gestion, Tahar Allache, ledit aéroport a en effet enregistré une baisse de 60% de son chiffre d’affaires en 2020. Toujours selon le même responsable, cité par l’APS ce mardi, seules 418.000 personnes ont transité par l’aéroport de la capitale depuis le 1er janvier dernier, dont seulement 22,5% ont effectué des voyages internationaux.

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