Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a évoqué ce samedi 29 août la possibilité d’une origine criminelle derrière les incendies qui ont récemment touché plusieurs régions d’Algérie. En déplacement à l’hôpital des grands brûlés de Zéralda, où il s’est rendu au chevet des personnes blessées dans ces incendies, le chef de l’État a estimé que la violence avec laquelle certains feux se sont déclarés soulevait des interrogations.
La déclaration intervient alors que plusieurs wilayas, notamment Jijel, Béjaïa et Tizi-Ouzou, ont été touchées ces derniers jours par des incendies ayant provoqué d’importants dégâts et fait plusieurs victimes. Face à cette situation, les autorités ont annoncé l’ouverture d’enquêtes afin de déterminer précisément les circonstances dans lesquelles les différents départs de feu se sont produits.
Lors de sa visite à l’hôpital des grands brûlés de Zéralda, considéré comme le principal établissement spécialisé dans la prise en charge des personnes gravement brûlées en Algérie, Abdelmadjid Tebboune a échangé avec plusieurs patients originaires notamment de Béjaïa et de Jijel.
C’est au cours d’un échange avec le médecin chargé de lui présenter les blessés que le président a évoqué les conditions dans lesquelles les incendies se sont propagés. « C’est vrai qu’il y a la vitesse du vent qui n’a pas permis l’utilisation des avions, mais je pense qu’il y a quelque chose de criminel dans ces incendies », a déclaré le chef de l’État.
Abdelmadjid Tebboune a ensuite insisté sur la rapidité et la puissance avec lesquelles certains incendies se sont déclarés. « Pour que le feu démarre avec cette force, ce n’est pas normal. Nous allons faire les enquêtes nécessaires », a-t-il ajouté.
Cette déclaration ne constitue pas, à ce stade, une conclusion définitive sur l’origine des incendies. La piste criminelle fait partie des hypothèses évoquées par les autorités et devra être confirmée ou écartée par les investigations engagées par les services compétents.
Le déplacement du président à l’hôpital de Zéralda intervient dans un contexte particulièrement lourd, marqué par plusieurs décès et un nombre important de blessés après les incendies qui ont frappé différentes régions du pays. Le chef de l’État a notamment souhaité un prompt rétablissement aux personnes hospitalisées et s’est enquis de leur état de santé.
Les autorités algériennes avaient déjà annoncé le lancement d’investigations approfondies sur les causes des incendies. Jeudi, le ministre de l’Intérieur et des Transports, Saïd Sayoud, s’était rendu à Jijel et avait annoncé l’ouverture d’enquêtes destinées à déterminer les circonstances exactes des départs de feu.
Ces investigations interviennent après un été marqué par plusieurs épisodes d’incendies particulièrement violents en Algérie. Entre le 8 et le 28 juillet, le pays avait déjà connu une première vague de feux de forêt qui avait mobilisé pendant plusieurs semaines les services de la Protection civile et différents moyens d’intervention. Cette première période avait notamment fait six morts selon les informations communiquées à l’époque.
Dans le cadre des enquêtes menées sur cette première vague d’incendies, les services de sécurité avaient procédé à l’arrestation de plusieurs personnes soupçonnées d’avoir volontairement provoqué des départs de feu. Onze personnes présentées comme des pyromanes avaient notamment été interpellées, certaines ayant été arrêtées alors qu’elles auraient été en train de mettre le feu.
La nouvelle vague d’incendies survenue mercredi et jeudi derniers a ravivé les inquiétudes concernant les risques de départs volontaires dans certaines régions particulièrement vulnérables durant la saison estivale. Les températures élevées, la sécheresse et les vents forts peuvent favoriser une propagation extrêmement rapide des flammes, rendant les opérations d’intervention particulièrement complexes.
Le président Tebboune a d’ailleurs fait référence à la vitesse du vent lors de son échange à l’hôpital. Selon ses propos, ces conditions météorologiques ont notamment compliqué l’utilisation des moyens aériens pour lutter contre les incendies. L’intervention des avions et autres appareils spécialisés peut en effet être fortement limitée lorsque les conditions météorologiques ne permettent pas d’effectuer les opérations en toute sécurité.
La situation reste donc suivie de près par les autorités, alors que les investigations doivent permettre de déterminer si les incendies sont liés principalement aux conditions climatiques, à des imprudences ou à des actes volontaires.
Pour les familles des victimes et les personnes ayant subi des blessures ou des pertes matérielles, la priorité reste désormais la prise en charge et l’accompagnement. La visite du président Tebboune à l’hôpital des grands brûlés de Zéralda intervient ainsi comme un geste de soutien envers les victimes de cette nouvelle série d’incendies.
Les prochaines conclusions des enquêtes seront particulièrement attendues. Elles devront permettre d’établir les causes précises des départs de feu et, le cas échéant, d’identifier les éventuels responsables. Pour l’heure, la déclaration du chef de l’État vient surtout confirmer que la piste criminelle est prise au sérieux par les autorités, sans pour autant préjuger des résultats des investigations en cours.