Pomme de terre en Algérie : pourquoi les prix grimpent à 150 DA ?

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À 150 dinars le kilogramme dans certains points de vente, la pomme de terre devient de plus en plus difficile à acheter pour de nombreux ménages algériens. Alors que son prix plafonné est fixé à 90 DA le kilo, l’écart entre le tarif annoncé et les prix constatés sur le marché suscite de nouvelles inquiétudes. L’Organisation algérienne de défense du consommateur, Himayatec, dénonce des dépassements et appelle les autorités à renforcer les contrôles.

Mais derrière cette hausse, une question se pose : pourquoi ce produit, pourtant très présent dans les habitudes alimentaires des Algériens, devient-il difficile à trouver à un prix accessible ?

Les informations communiquées par Himayatec mettent surtout en évidence les difficultés rencontrées sur le marché de détail. L’organisation affirme avoir reçu plusieurs signalements provenant de différentes régions du pays, faisant état de ventes pouvant atteindre 150 DA le kilogramme. Elle accuse certains commerçants de contourner le dispositif de plafonnement à travers des pratiques destinées à vendre le produit au-dessus du tarif réglementaire.

Cette situation crée un décalage important pour les consommateurs. Le prix officiel annoncé est de 90 DA, mais certains acheteurs doivent débourser jusqu’à 60 DA supplémentaires pour un seul kilogramme. Pour les familles qui achètent régulièrement ce légume, la différence devient rapidement significative.

La rareté est-elle liée à un manque de production ?

Il faut toutefois distinguer la hausse des prix d’une éventuelle baisse de la production. Dans les éléments rendus publics par Himayatec, aucune donnée chiffrée ne permet d’établir que les récoltes nationales sont insuffisantes ou que les stocks disponibles ont diminué. L’organisation met principalement en cause les pratiques commerciales et l’insuffisance présumée des contrôles sur les prix.

Plusieurs facteurs peuvent, de manière générale, influencer la disponibilité de la pomme de terre : le calendrier des récoltes, les volumes acheminés vers les marchés, les capacités de stockage, les conditions de conservation et les circuits de distribution. Une tension à l’une de ces étapes peut réduire les quantités proposées dans certains points de vente et exercer une pression sur les prix. Cependant, aucun de ces facteurs n’est précisément identifié dans les informations communiquées par Himayatec comme étant à l’origine de la situation actuelle.

Il serait donc prématuré d’attribuer la rareté observée à un problème de production ou de stockage sans disposer de données actualisées sur les récoltes, les stocks et les quantités distribuées dans les différentes wilayas.

Himayatec réclame des contrôles sur les marchés

Pour l’organisation de défense des consommateurs, la priorité est désormais de vérifier l’application effective du prix plafonné. Elle demande aux services concernés du ministère du Commerce de multiplier les inspections inopinées dans les marchés et les commerces de détail.

Himayatec réclame également des sanctions contre les commerçants qui seraient responsables de dépassements ou de pratiques visant à contourner les décisions relatives aux prix. L’organisation estime que le plafonnement ne peut avoir d’effet concret si les consommateurs continuent de payer des montants largement supérieurs au tarif fixé.

Elle invite par ailleurs les citoyens à signaler les cas constatés, en précisant la wilaya et l’adresse du point de vente concerné. Ces informations doivent permettre de transmettre les réclamations aux autorités compétentes et de faciliter les vérifications sur le terrain.

Un prix officiel qui doit se vérifier dans les commerces

L’enjeu dépasse désormais la seule question du tarif affiché. Pour les consommateurs, l’objectif est de pouvoir trouver effectivement la pomme de terre au prix annoncé, sans devoir multiplier les commerces ou accepter un montant supérieur faute d’alternative.

Les prochaines opérations de contrôle devront notamment permettre de déterminer si les écarts signalés résultent de pratiques commerciales irrégulières, de difficultés d’approvisionnement ou d’une combinaison de plusieurs facteurs. En attendant des explications précises sur les volumes disponibles et les circuits de distribution, Himayatec maintient son appel à une intervention des services de contrôle.