Depuis plusieurs mois, l’absence d’ambassadeur des États-Unis en Algérie suscite des interrogations chez de nombreux observateurs et internautes algériens. Depuis le départ de la diplomate américaine Elizabeth Moore Aubin à la fin de l’année 2025, c’est le chargé d’affaires Mark Schapiro qui assure la gestion de l’ambassade américaine à Alger.
Face aux nombreuses questions circulant sur les réseaux sociaux, le diplomate américain a tenu à clarifier la situation dans une vidéo diffusée récemment par l’ambassade des États-Unis en Algérie. Dans cette intervention au ton détendu et pédagogique, Mark Schapiro a expliqué que cette situation est tout à fait normale dans le fonctionnement diplomatique américain et qu’elle ne traduit aucune baisse d’intérêt de Washington pour l’Algérie.
Le chargé d’affaires a même affirmé que l’Algérie occupe une place importante dans la stratégie américaine dans la région, soulignant que les relations entre Alger et Washington se sont considérablement renforcées ces dernières années. Selon lui, la coopération entre les deux pays ne se limite plus uniquement aux questions politiques ou sécuritaires, mais touche désormais plusieurs secteurs stratégiques.
Dans cette vidéo, Mark Schapiro a également tenté de créer une certaine proximité avec les Algériens en prononçant quelques mots en arabe, un geste qui a rapidement attiré l’attention des internautes. Le diplomate a insisté sur le fait que les États-Unis considèrent l’Algérie comme un partenaire majeur en Afrique du Nord et dans la région sahélo-saharienne.
Concernant l’absence d’ambassadeur officiel, il a expliqué que la nomination d’un nouvel ambassadeur américain peut parfois prendre plusieurs mois, voire davantage, en raison des procédures administratives et politiques américaines. Il a notamment rappelé que ces nominations passent par plusieurs étapes à Washington avant d’être validées définitivement.
Mark Schapiro a également présenté les grands axes de son travail à la tête de la représentation diplomatique américaine à Alger. Parmi ses priorités figurent le développement des échanges économiques entre les deux pays, le renforcement de la coopération sécuritaire ainsi que les relations humaines et culturelles.
Le volet économique occupe d’ailleurs une place importante dans le discours américain. Les États-Unis souhaitent développer davantage les investissements et les partenariats avec l’Algérie, notamment dans les secteurs de l’énergie, des nouvelles technologies, de l’agriculture et de l’industrie. Washington considère également que l’Algérie possède un potentiel économique important grâce à sa position géographique stratégique et ses ressources naturelles.
Sur le plan sécuritaire, la coopération entre Alger et Washington reste particulièrement importante dans le contexte régional actuel. Les États-Unis voient en l’Algérie un acteur clé dans la lutte contre le terrorisme et dans la stabilité de la région du Sahel, marquée ces dernières années par plusieurs crises sécuritaires et politiques.
Le diplomate américain a aussi évoqué l’importance des échanges universitaires et culturels entre les deux pays. Les programmes de bourses, les formations et les partenariats académiques font partie des outils que Washington souhaite continuer à développer avec l’Algérie.
En revanche, un sujet sensible est resté largement absent de cette communication : celui du Sahara occidental. Un dossier particulièrement délicat dans les relations diplomatiques régionales. Malgré certaines discussions menées ces derniers mois par les États-Unis, la position officielle de l’Algérie demeure inchangée.
Alger continue de soutenir le principe d’un référendum d’autodétermination pour le peuple sahraoui et affirme ne pas être directement partie au conflit. Toutefois, les déclarations du chargé d’affaires américain laissent entendre que Washington considère l’Algérie comme un acteur incontournable dans les équilibres diplomatiques de la région.
À travers cette prise de parole médiatique, les États-Unis cherchent visiblement à rassurer sur la solidité des relations bilatérales avec l’Algérie, tout en affichant leur volonté de renforcer davantage leur présence diplomatique, économique et stratégique dans le pays.