Deux hommes recherchés par les autorités françaises ont été arrêtés en Algérie dans le cadre d’une opération internationale menée sous la coordination d’Interpol. Baptisée « Phoenix », cette opération de trois semaines ciblait des personnes recherchées et des réseaux criminels dans plusieurs pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord.
L’organisation internationale de coopération policière a annoncé ces arrestations dans un communiqué publié le 16 septembre. Les deux individus concernés faisaient l’objet de notices rouges d’Interpol. Leurs identités n’ont pas été rendues publiques, mais l’organisation a précisé qu’ils étaient tous deux recherchés par la France et qu’ils s’étaient auparavant évadés de prison avant de rejoindre l’Algérie.
Les arrestations ont eu lieu dans deux points de passage distincts. Le premier fugitif a été interpellé à l’aéroport international Houari-Boumédiène d’Alger. Le second a été arrêté au niveau d’un poste-frontière terrestre entre l’Algérie et la Tunisie.
Selon les informations communiquées par Interpol, les deux dossiers sont liés à des affaires criminelles distinctes et particulièrement suivies en France. L’un des hommes avait été condamné à une peine de 15 ans de prison pour meurtre. Le communiqué ne fournit pas davantage d’informations sur son identité ou sur les circonstances précises de son arrestation.
Le deuxième individu est présenté par Interpol comme le cerveau présumé d’une fusillade survenue à Toulouse en 2022. L’organisation précise que cet homme s’était auparavant évadé de prison après avoir été condamné à huit ans d’emprisonnement pour trafic de stupéfiants, participation à une association de malfaiteurs et détention d’armes.
Interpol indique que les deux affaires avaient fait l’objet d’une importante médiatisation. Les autorités françaises avaient donc émis des signalements internationaux afin de permettre leur localisation et leur arrestation éventuelle dans les pays où ils auraient pu se réfugier.
Les deux arrestations en Algérie interviennent dans le cadre d’une opération plus large baptisée « Phoenix ». Celle-ci s’est déroulée pendant trois semaines et a concerné cinq pays : l’Algérie, la Jordanie, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. L’objectif était notamment de renforcer les contrôles aux frontières et d’identifier des personnes faisant l’objet de recherches internationales.
Au total, Interpol fait état de 48 arrestations réalisées pendant l’opération. Parmi elles, huit concernaient des personnes recherchées au niveau international dans le cadre de notices rouges, tandis qu’une autre arrestation était liée à une diffusion d’Interpol concernant une personne recherchée.
L’opération ne s’est toutefois pas limitée à la recherche de fugitifs. Les services engagés ont également procédé à différentes saisies. Interpol rapporte notamment la découverte de 11 véhicules de luxe, de 16 300 dollars et 9 900 euros en espèces, ainsi que de 1,8 kilogramme d’or.
Les autorités ont également saisi 13 000 comprimés de Captagon, 123 gélules de méthamphétamine sous forme de cristaux, 530 téléphones portables et 1 525 cartons de cigarettes de contrebande. Ces résultats illustrent l’ampleur des contrôles menés dans les différents points de passage concernés par l’opération.
Une importante activité de vérification des données a également été réalisée. Plus de 700 000 recoupements avec les bases de données d’Interpol ont été effectués pendant les trois semaines de l’opération. Selon l’organisation, ces recherches ont permis d’obtenir 246 résultats positifs concernant des personnes ou des documents de voyage.
Cinq documents de voyage signalés comme volés ou perdus ont également été identifiés grâce aux bases de données de l’organisation internationale. Ces vérifications constituent l’un des principaux outils utilisés par les services de police aux frontières pour identifier rapidement des personnes ou des documents faisant l’objet d’un signalement.
Une autre particularité de l’opération « Phoenix » réside dans son dispositif humain. Interpol indique que les opérations ont été intégralement réalisées par des femmes policières. Il s’agissait d’une première pour l’organisation dans cette région du monde.
Les policières participantes ont également assuré la coopération entre les bureaux d’Interpol des cinq pays concernés. Elles ont notamment coordonné les activités de deux unités de coordination opérationnelle installées en Algérie et en Jordanie.
Pour Interpol, cette organisation a permis de renforcer les échanges d’informations entre les différents services engagés dans l’opération. La coopération internationale joue en effet un rôle central dans la recherche de personnes susceptibles de franchir plusieurs frontières pour échapper aux autorités de leur pays.
María Carmen Muñoz González, directrice de la lutte contre le terrorisme d’Interpol, a salué les résultats de l’opération. Elle a notamment mis en avant l’arrestation de neuf personnes recherchées au niveau international, dont certaines avaient déjà été condamnées.
L’opération « Phoenix » s’inscrit dans un dispositif plus large baptisé « Momentum-MENA ». Cette initiative, prévue sur trois ans, vise à renforcer les capacités des services de police nationaux et régionaux au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.
Selon Interpol, le programme accorde notamment une attention particulière à la formation opérationnelle et au déploiement de femmes policières. L’opération menée en septembre constitue ainsi l’une des actions concrètes destinées à renforcer la coopération policière dans la région.
Pour l’Algérie, les deux arrestations annoncées par Interpol illustrent le rôle des points de passage du pays dans les dispositifs internationaux de contrôle et de recherche de personnes signalées. L’une des interpellations a eu lieu à l’aéroport international d’Alger, tandis que la seconde s’est déroulée à la frontière terrestre avec la Tunisie.
Les autorités algériennes et françaises sont désormais concernées par les suites judiciaires qui pourraient être données à ces arrestations, conformément aux procédures applicables aux personnes faisant l’objet de recherches internationales. Interpol, de son côté, n’a pas communiqué les identités des deux hommes ni davantage de détails sur les prochaines étapes de leurs dossiers.
À travers « Phoenix », l’organisation internationale met surtout en avant l’importance des contrôles aux frontières et du partage d’informations entre les services de police. L’arrestation en Algérie de deux fugitifs recherchés par la France constitue l’un des principaux résultats annoncés de cette opération menée simultanément dans cinq pays.