L’Algérie et l’Allemagne s’apprêtent à approfondir leurs échanges autour de l’hydrogène vert. Une rencontre d’affaires consacrée à cette filière ainsi qu’aux technologies de stockage de l’énergie doit se tenir prochainement à Alger, avec la participation d’entreprises des deux pays.
L’initiative est portée par la Chambre algéro-allemande de commerce et d’industrie, AHK Algérie, qui prévoit de réunir plusieurs opérateurs économiques spécialisés dans les technologies liées à la transition énergétique. L’objectif affiché est d’identifier de nouvelles possibilités de partenariat et de favoriser le développement de projets communs entre entreprises algériennes et allemandes.
Cette rencontre intervient dans le cadre d’une mission d’affaires programmée du 21 au 25 septembre en Algérie et en Tunisie, au titre de l’initiative allemande d’exportation dans le domaine de l’énergie. Des représentants du secteur privé, des organismes spécialisés ainsi que des responsables relevant des ministères et organisations professionnelles des deux pays sont attendus dans le cadre de cette mission.
Les échanges doivent notamment permettre aux entreprises allemandes de présenter leurs solutions dans plusieurs segments de la chaîne de valeur de l’hydrogène vert. Parmi les domaines concernés figurent l’électrolyse, le traitement de l’eau, le dessalement, le stockage et la compression de l’hydrogène, mais aussi les équipements industriels nécessaires au développement de cette filière.
Les discussions porteront également sur les pompes et différents équipements industriels, ainsi que sur la possibilité d’adapter des réseaux de pipelines existants au transport de l’hydrogène. L’ingénierie, la certification et les études de faisabilité figurent également parmi les domaines qui seront abordés durant les échanges.
Au-delà de la présentation des technologies, la rencontre doit surtout servir de cadre pour rapprocher les opérateurs économiques. Des rendez-vous bilatéraux entre entreprises, sous la forme de rencontres B2B, sont ainsi prévus en marge de l’événement. Ils doivent permettre aux participants d’échanger directement sur leurs besoins, leurs solutions et d’éventuels projets de coopération.
Le projet SoutH2 Corridor devrait également occuper une place importante dans les discussions. Cette initiative vise à développer une infrastructure permettant notamment d’acheminer vers l’Europe de l’hydrogène produit en Afrique du Nord. L’Algérie est appelée à jouer un rôle dans ce projet en raison de ses ressources énergétiques et de son potentiel dans le domaine des énergies renouvelables.
Les échanges prévus à Alger permettront ainsi de revenir sur les différentes dimensions de ce corridor, notamment les infrastructures nécessaires au transport de l’hydrogène et les conditions permettant de développer une chaîne d’approvisionnement entre l’Algérie et les marchés européens.
Des présentations consacrées au secteur énergétique algérien et aux perspectives offertes par les énergies renouvelables sont également annoncées. Elles doivent permettre aux entreprises allemandes participantes de mieux appréhender l’environnement du marché algérien et les projets actuellement envisagés dans le domaine de la transition énergétique.
La rencontre doit aussi bénéficier de la participation de la GIZ, l’Agence allemande de coopération internationale pour le développement durable, ainsi que d’autres institutions concernées. Une table ronde consacrée aux perspectives de coopération entre l’Algérie et l’Allemagne est notamment prévue.
Pour l’Algérie, le développement de l’hydrogène vert s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification du secteur énergétique. Le pays cherche à développer davantage les énergies renouvelables et à valoriser son potentiel dans les nouvelles filières énergétiques, tout en conservant ses infrastructures et son expérience dans le domaine des hydrocarbures.
L’hydrogène produit à partir de sources renouvelables constitue dans ce contexte l’un des axes étudiés pour accompagner la transition énergétique et développer de nouvelles possibilités d’exportation vers les marchés européens. Sa production nécessite toutefois des infrastructures adaptées, notamment pour l’électrolyse, le traitement de l’eau, le stockage et le transport.
C’est précisément sur ces différents aspects que les échanges avec les entreprises allemandes doivent permettre d’avancer. Les participants pourront présenter leurs technologies et discuter directement des possibilités d’adaptation aux besoins et aux projets développés en Algérie.
La coopération entre les deux pays ne se limite par ailleurs pas au seul hydrogène. L’Allemagne figure parmi les partenaires européens avec lesquels l’Algérie développe des échanges dans le secteur énergétique, notamment autour des questions liées à la transition et aux nouvelles infrastructures.
La mission d’affaires prévue en septembre doit donc constituer une nouvelle occasion de rapprocher les entreprises des deux pays. Les rencontres B2B pourraient notamment permettre de faire émerger des contacts autour de projets précis, tandis que les discussions institutionnelles doivent porter sur les conditions nécessaires au développement de cette coopération.
Selon l’AHK Algérie, cette initiative s’inscrit dans la mise en œuvre de la stratégie nationale algérienne de développement de l’hydrogène, du programme national consacré aux énergies renouvelables et des projets d’infrastructures associés au SoutH2 Corridor.
À travers cette rencontre, Alger et Berlin cherchent ainsi à identifier de nouvelles pistes de coopération dans une filière encore en développement. Les discussions attendues porteront autant sur les technologies que sur les infrastructures, la certification, l’ingénierie et les possibilités de partenariats entre entreprises.
L’enjeu sera désormais de transformer ces échanges économiques et techniques en projets concrets, alors que l’hydrogène vert occupe une place croissante dans les réflexions européennes sur la transition énergétique et que l’Algérie cherche à renforcer son potentiel dans ce nouveau secteur.