Algérie : l’ancien membre du « HCE » Mohamed Ali Haroun est décédé

Ali Haroun

L’Algérie perd l’une des figures de son histoire politique et de la lutte pour l’indépendance. Mohamed Ali Haroun, moudjahid, ancien avocat et membre du Haut Comité d’État, est décédé à l’âge de 99 ans. À la suite de sa disparition, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a adressé, samedi 24 octobre, un message de condoléances à sa famille, saluant le parcours d’un homme qui a occupé plusieurs fonctions importantes au service de la Révolution algérienne puis de l’État.

Dans son message, le chef de l’État a évoqué l’engagement de Mohamed Ali Haroun au sein de la Fédération de France du Front de libération nationale (FLN), où il avait assumé différentes responsabilités politiques et médiatiques. Son action s’inscrivait dans une période déterminante de la lutte pour l’indépendance, durant laquelle les réseaux du mouvement national à l’étranger jouaient un rôle dans la mobilisation, la communication et le soutien à la Révolution.

Le défunt avait également pris part aux activités diplomatiques liées à cette lutte et contribué à son financement. Pour Abdelmadjid Tebboune, son parcours témoigne de l’implication de militants qui ont participé à plusieurs dimensions du combat national, au-delà de l’action menée sur le terrain. Le président a ainsi rappelé la place occupée par Mohamed Ali Haroun parmi les premiers militants et responsables de la Fédération de France du FLN.

Juriste de formation, Mohamed Ali Haroun s’était également illustré par son activité d’avocat. Il avait défendu des détenus et des militants algériens devant les juridictions françaises, dans un contexte marqué par la répression des activités liées au mouvement indépendantiste. Cette activité judiciaire constituait l’un des aspects de son engagement, en mettant ses compétences professionnelles au service de personnes poursuivies en raison de leur implication dans la cause nationale.

Le président de la République a également souligné les qualités intellectuelles du défunt, qu’il a présenté comme un interlocuteur d’une grande élégance intellectuelle et un auteur ayant témoigné d’événements importants. Son parcours associait ainsi l’action militante, la défense juridique et la participation à la vie politique algérienne, dans les années qui ont précédé et suivi l’indépendance.

Après l’indépendance, Mohamed Ali Haroun a poursuivi son engagement au sein des institutions nationales. Son parcours l’a notamment conduit à siéger à l’Assemblée nationale constituante, une étape importante dans la mise en place des premières institutions de l’Algérie indépendante. Il a ensuite exercé des responsabilités au sein de l’État, notamment en qualité de ministre, avant de devenir membre du Haut Comité d’État.

Cette dernière institution a occupé une place particulière dans l’histoire politique algérienne. Créé en 1992, le Haut Comité d’État avait pour mission d’exercer les fonctions de la présidence de la République dans une période de crise politique majeure. La présence de Mohamed Ali Haroun au sein de cet organe témoigne de son implication dans les affaires de l’État à un moment particulièrement sensible de l’histoire contemporaine du pays.

Dans son hommage, Abdelmadjid Tebboune a mis en avant la continuité entre l’engagement du défunt pendant la guerre de libération et son parcours dans les institutions nationales. Le chef de l’État a adressé ses condoléances à la famille de Mohamed Ali Haroun, ainsi qu’à ses compagnons et compagnes de lutte, en exprimant sa compassion face à cette disparition.

Le message présidentiel s’est conclu par une prière en faveur du défunt, le chef de l’État demandant à Dieu de lui accorder Sa miséricorde et de l’accueillir en Son vaste paradis, tout en souhaitant patience et réconfort à ses proches.

Avec la disparition de Mohamed Ali Haroun, l’Algérie perd un acteur dont le parcours a traversé plusieurs périodes majeures de son histoire : la lutte pour l’indépendance, la construction des premières institutions nationales et une phase de profondes tensions politiques. Son engagement au sein du FLN, son activité d’avocat et ses responsabilités au sein de l’État constituent les principaux repères d’un itinéraire marqué par la vie politique algérienne du XXe siècle.