L’Allemagne mise davantage sur un produit algérien dès janvier 2027

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Le gaz algérien pourrait occuper une place plus importante dans l’approvisionnement énergétique de l’Allemagne à partir de l’année prochaine. Le groupe allemand VNG prévoit en effet de recevoir davantage de gaz naturel de Sonatrach dès le 1er janvier 2027, dans le cadre du développement de leur partenariat commercial. Cette perspective confirme l’intérêt croissant du marché allemand pour les ressources énergétiques algériennes.

Pour Sonatrach, l’enjeu est de consolider ses débouchés en Europe en s’appuyant sur un partenaire qui a déjà commencé à importer directement du gaz algérien. VNG, dont le siège se trouve à Leipzig, avait entamé ces achats en 2024. L’entreprise était alors devenue le premier groupe allemand à s’approvisionner directement auprès du géant énergétique public algérien.

La relation entre les deux sociétés a depuis franchi plusieurs étapes. Un accord signé le 16 juillet 2026 à Berlin prévoit une augmentation des quantités fournies par Sonatrach à son partenaire allemand. Son application doit commencer le 1er janvier 2027. Cette entente a été conclue lors de la visite officielle du président Abdelmadjid Tebboune en Allemagne, dans le cadre du rapprochement économique entre les deux pays.

La signature a été effectuée par Nour Eddine Daoud, PDG de Sonatrach, et Ulf Heitmüller, président du directoire de VNG. Le ministre algérien des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, ainsi que le secrétaire d’État allemand à l’Économie et à l’Énergie, Frank Wetzel, ont assisté à la cérémonie.

Un point important reste cependant en suspens : les deux entreprises n’ont pas dévoilé les volumes supplémentaires concernés. Aucun détail n’a non plus été communiqué sur les prix appliqués ou sur la durée du nouvel engagement. Il n’est donc pas encore possible de déterminer précisément quelle sera la progression des exportations algériennes vers VNG à partir de 2027.

Cette absence de données chiffrées n’enlève rien à l’intérêt stratégique de l’accord pour les deux partenaires. L’entreprise allemande cherche à disposer de plusieurs sources d’approvisionnement afin de répondre aux besoins de ses clients. Dans un environnement énergétique soumis à des changements économiques et réglementaires, la diversification constitue un élément important de sa stratégie commerciale.

L’Algérie dispose, de son côté, d’une expérience ancienne dans l’exportation de gaz vers l’Europe et entend maintenir sa place sur ce marché. Le renforcement des livraisons à VNG lui permettrait de développer davantage sa présence en Allemagne, au-delà des relations déjà établies avec d’autres acteurs européens.

Ulf Heitmüller a d’ailleurs souligné l’importance de pouvoir compter sur plusieurs fournisseurs pour assurer l’approvisionnement de ses clients. Le responsable allemand a ainsi mis en avant la nécessité de diversifier les sources disponibles, tandis que Frank Wetzel a présenté l’Algérie comme un partenaire fiable pour l’Allemagne et rappelé son rôle dans l’approvisionnement gazier de l’Union européenne.

Mais les ambitions communes ne s’arrêtent pas aux hydrocarbures. Les deux groupes travaillent également sur des perspectives de coopération dans des secteurs appelés à prendre une place croissante dans les échanges énergétiques entre l’Afrique du Nord et l’Europe.

Un protocole d’accord signé le 17 juin 2026 prévoit notamment d’examiner des possibilités de collaboration autour de l’hydrogène vert, de l’ammoniac et de la réduction des émissions de méthane. Ces domaines complètent le partenariat consacré au gaz naturel et ouvrent la voie à des projets liés à l’évolution du modèle énergétique européen.

Les deux entreprises sont également associées à l’initiative Algeria to Europe Hydrogen Alliance (ALTEH2A) et au projet SoutH2 Corridor. Ce dernier vise à mettre en place des infrastructures permettant de transporter de l’hydrogène entre l’Afrique du Nord et plusieurs pays européens. L’Algérie pourrait ainsi prendre part à de nouveaux circuits d’approvisionnement énergétique, au-delà de ses exportations traditionnelles de gaz.

Pour Berlin, le partenariat avec Sonatrach présente donc plusieurs intérêts : diversifier les fournisseurs de gaz, renforcer les relations commerciales avec un acteur énergétique méditerranéen et préparer de futures coopérations autour de nouvelles ressources. Pour Alger, il représente une occasion de consolider ses débouchés européens et d’élargir les domaines de coopération avec l’industrie allemande.

L’entrée en vigueur de l’accord prévue au 1er janvier 2027 sera la prochaine échéance concrète de ce rapprochement. Les volumes qui seront effectivement livrés permettront alors de mesurer l’importance de cette nouvelle étape dans les échanges gaziers entre les deux pays.