Après plusieurs semaines de relative stabilité, l’euro repart à la hausse face au dinar sur le marché parallèle des devises en Algérie. Cette nouvelle progression intervient dans un contexte marqué par l’entrée en vigueur des nouvelles modalités d’attribution de l’allocation touristique de 750 euros, mais également par une hausse saisonnière de la demande en devises.
Ce lundi 20 juillet, les cambistes proposent l’euro autour de 277,50 dinars à la vente (27 750 DA pour 100 euros) et 275 dinars à l’achat. Le dollar américain évolue lui aussi à la hausse, tandis que la livre sterling et le dollar canadien enregistrent également une progression sur le marché informel.
Cette remontée met fin à une courte période d’accalmie observée au début du mois de juillet, durant laquelle l’euro avait légèrement reculé. Depuis quelques jours, la demande repart toutefois à la hausse, entraînant une nouvelle augmentation des cours.
Parmi les explications avancées par les opérateurs figure la réforme des modalités de versement de l’allocation touristique de 750 euros. Désormais, ce droit de change est exclusivement crédité sur une carte de paiement internationale émise par une banque agréée, conformément aux nouvelles instructions de la Banque d’Algérie.
Cette évolution oblige les voyageurs à ouvrir un compte en devises, disposer d’un compte en dinars et demander une carte bancaire internationale avant de pouvoir bénéficier de l’allocation. Si cette mesure vise notamment à renforcer la traçabilité des opérations et à lutter contre les détournements constatés ces derniers mois, certains candidats au voyage estiment que les démarches sont plus longues et plus contraignantes.
Selon plusieurs cambistes, une partie des particuliers préférerait ainsi continuer à acheter directement des devises sur le marché parallèle plutôt que d’attendre l’obtention d’une carte bancaire internationale. Cette orientation contribuerait à renforcer la demande d’euros et, par conséquent, à soutenir les prix.
À cette situation s’ajoute un phénomène saisonnier bien connu. Chaque été, les besoins en devises augmentent avec les départs en vacances, les voyages familiaux ainsi que les étudiants algériens qui préparent leur rentrée dans des universités étrangères, notamment en France, en Belgique, en Espagne ou encore au Canada.
Cette période entraîne traditionnellement une hausse des achats d’euros et d’autres devises étrangères afin de financer les frais de voyage, de logement ou d’inscription universitaire.
Dans le même temps, l’offre de devises ne connaît pas la même progression. Après un léger afflux de devises lié au retour de certains membres de la diaspora au début de l’été, les quantités disponibles sur le marché parallèle semblent désormais plus limitées, ce qui accentue le déséquilibre entre l’offre et la demande.
Ce contexte explique en grande partie la remontée actuelle des cours observée sur plusieurs places de change informelles du pays.
Il convient toutefois de rappeler qu’aucune autorité officielle n’a établi un lien direct entre les nouvelles règles de l’allocation touristique et la hausse de l’euro sur le marché parallèle. Les analyses des cambistes reposent essentiellement sur leurs observations du marché et sur l’évolution récente de la demande.
Pendant ce temps, les cotations officielles publiées par la Banque d’Algérie restent très éloignées des taux pratiqués sur le marché informel, confirmant la persistance d’un écart important entre les deux circuits de change.
À l’approche de la fin de l’été et de la rentrée universitaire, plusieurs observateurs estiment que cette pression sur les devises pourrait se maintenir dans les prochaines semaines, tant que la demande restera soutenue et que l’offre ne progressera pas de manière significative.