En déplacement dans un hôpital de l’Ariège, le président français Emmanuel Macron a vivement réagi à la situation des médecins diplômés hors Union européenne, pointant du doigt les lourdeurs administratives qui compliquent leur intégration dans le système de santé.
Interpellé par des soignants sur le terrain, le chef de l’État n’a pas caché son agacement face à un dispositif qu’il juge inadapté. Il a dénoncé un système qui oblige ces praticiens, pourtant déjà en exercice dans les hôpitaux, à repasser des concours pour être titularisés. « C’est encore le bordel. C’est un truc qui me rend dingue », a-t-il lâché, critiquant une organisation qu’il estime incohérente et pénalisante.
Selon lui, ces médecins représentent une ressource précieuse pour faire face aux déserts médicaux, mais se retrouvent freinés par des procédures jugées excessives. « Ce sont des gens remarquables (…) et le jour où il faut les titulariser, on repart de zéro », a-t-il regretté, dénonçant une logique administrative qui, selon ses mots, complique inutilement leur parcours.
Le président a également pointé du doigt le fonctionnement de la Caisse nationale de l’assurance maladie, accusée de maintenir une régulation « à l’ancienne », qui consisterait à ralentir l’intégration des praticiens pour des raisons budgétaires.
Dans ce contexte, Emmanuel Macron a élargi son propos en évoquant la question des relations avec l’Algérie. Rappelant que les médecins diplômés hors Union européenne exerçant en France sont en grande partie originaires de Algérie, il a critiqué ceux qui prônent une ligne dure vis-à-vis d’Alger. « Allez le dire à tous les mabouls qui disent qu’il faut se fâcher avec l’Algérie », a-t-il lancé, estimant que ce type de position ne tient pas compte des réalités du terrain.
Les chiffres confirment en effet l’importance de ces praticiens dans le système de santé français. Au 1er janvier 2025, plus de 19 000 médecins diplômés hors UE exerçaient officiellement en France, dont près de 39 % formés en Algérie. Une présence qui souligne les liens étroits entre les deux pays dans ce domaine stratégique.
Ces déclarations n’ont pas tardé à susciter des réactions politiques. Bruno Retailleau, figure des Républicains, a répondu en dénonçant un « faux prétexte », estimant que les propos du président visaient à éluder des problèmes plus profonds dans la gestion des relations franco-algériennes. Il a appelé à une politique plus ferme, jugeant que la « politique des bons sentiments » ne permet pas de répondre efficacement aux enjeux actuels.
Cette séquence illustre une nouvelle fois la sensibilité du dossier des médecins étrangers en France, à la croisée des enjeux de santé publique, d’immigration et de diplomatie. Entre besoin urgent de personnel médical et débats politiques sur les relations internationales, la question reste au cœur des tensions et des priorités du moment.