France : un Algérien écope d’une interdiction de séjour de 10 ans

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Le tribunal correctionnel de Bastia a rendu, le mardi 27 mai 2026, une décision sévère dans une affaire de tentative de vol à l’arraché commise dans le quartier de la Citadelle. Le prévenu, Daoud Boutaya, ressortissant algérien de 33 ans en situation irrégulière sur le territoire français, a été condamné à quatre ans d’emprisonnement ferme, assortis d’une interdiction de séjour en France pendant dix ans et d’une interdiction de port d’arme pour une durée de cinq ans.

Les faits remontent au 21 mai 2026. Une femme âgée de 85 ans affirme avoir été victime d’une tentative d’arrachage de son sac à bandoulière dans le centre de Bastia. Elle a résisté, et c’est en voulant conserver son bien qu’elle a subi des blessures aux jambes. Le tribunal a retenu la circonstance aggravante liée à la vulnérabilité de la victime en raison de son âge, un élément qui a pesé dans la détermination de la peine. Le dossier, initialement qualifié de vol avec violence ayant entraîné une incapacité totale de travail inférieure à huit jours, a été requalifié en cours d’audience en tentative de vol aggravée.

L’Algérien faisait également l’objet de poursuites pour outrage et rébellion envers des policiers le 19 mai, puis pour violences contre des fonctionnaires de police lors de son interpellation le 21 mai. Des menaces de mort adressées à une voisine lui étaient aussi reprochées, mais le tribunal a prononcé une relaxe sur ce dernier point, faute d’éléments suffisants. Le ministère public avait requis cinq ans d’emprisonnement ; les juges ont finalement arrêté leur décision à quatre ans ferme.

L’avocate de la défense, Maître Anna-Livia Guerrini, a contesté une partie des accusations, estimant notamment que le volet relatif aux violences contre les policiers restait insuffisamment étayé pour justifier une condamnation sur ce chef. Elle a en revanche dit comprendre la sanction prononcée concernant la tentative de vol visant la femme âgée.

Le même jour, une autre affaire de vols à l’arraché était examinée par le même tribunal. Un ressortissant marocain, Anass Rami, comparaissait pour trois faits commis les 20 et 21 mai 2026 : le vol de deux paquets de cigarettes dans un tabac, le vol d’un téléphone portable sur le boulevard de la Libération, et l’arrachage d’une pochette appartenant à une femme de 78 ans sur l’Aldilonda. Reconnu coupable dans ces trois dossiers, il a été condamné à 30 mois de prison ferme, avec interdiction de port d’arme et interdiction de séjour en France pendant cinq ans.

Ces deux affaires jugées le même jour à Bastia illustrent une réalité que les tribunaux correctionnels de toute la France traitent quotidiennement : celle de personnes en situation irrégulière, sans ressources ni perspective légale, qui basculent dans la délinquance de survie et finissent par cibler les plus vulnérables. Des victimes âgées, seules, dont la seule faute est de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. Ce constat ne justifie rien — les faits sont graves et les peines prononcées reflètent cette gravité — mais il rappelle que derrière chaque dossier correctionnel se trouvent des trajectoires humaines complexes, et que la réponse pénale seule ne suffit jamais à traiter les causes profondes de ces situations.