Marché automobile – La question de l’importation des véhicules neufs continue d’alimenter la polémique en Algérie. Le ministre de l’Industrie et des mines, qui avait parlé à maintes reprises de l’impossibilité d’importer des véhicules en raison de la situation économique que traverse le pays, a récemment annoncé que ses services avaient accordé des licences temporaires pour quatre concessionnaires.

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La polémique concernant l’importation des véhicules en Algérie reprend de plus belle. Le ministre de l’Industrie et des mines, Ferhat Aït Ali Braham, a annoncé, avant-hier lundi, que ses services avaient accordé des agréments temporaires à quatre concessionnaires. Cette annonce n’est pas passée sous silence, notamment du fait que le ministre n’a pas souhaité annoncer les noms des quatre concessionnaires concernés. Le sénateur Abdelouahab Benzaim, qui a déjà taclé à plusieurs reprises le ministre de l’Industrie, est une nouvelle fois monté au créneau hier mardi.

« Personnellement, je rejette catégoriquement cette mesure. Je demande l’intervention du Premier ministre parce que cette opération d’importation des véhicules neufs est un coup dur qui sera porté à l’économie nationale », a en effet déclaré Abdelouahab Bezaïm hier mardi, dans une déclaration rapportée par le site TSA. Le même sénateur ne s’arrête pas là, puisqu’il compte également saisir Ferhat Aït Ali Braham demain jeudi.  « Je poserai une question orale au ministre de l’Industrie, et je vais l’interpeller sur l’obligation d’appliquer la loi relative à l’importation des véhicules d’occasion », a-t-il déclaré, en estimant qu’il « y a un problème au sein même du gouvernement ». « Hier matin (lundi, ndlr), le Premier ministre a donné instruction en faveur d’un plan d’austérité (…). Dans l’après-midi de la même journée, le ministre de l’Industrie annonce l’octroi d’agréments anonymes pour 2 milliards de dollars », a-t-il critiqué.

Importation des véhicules en Algérie : « pas de voitures avant 5 mois »

Outre le sénateur Benzaïm, qui a vivement critiqué la démarche de Ferhat Aït Ali Braham, plusieurs experts se sont également exprimés sur l’importation des véhicules neufs en Algérie. L’économiste Kamel Si Mohamed a notamment appelé le ministère de l’Industrie à dévoiler les marques dont l’importation sera autorisée, afin de mettre fin à la polémique qui enfle actuellement. L’homme d’affaires Abderrahmane Achaïbou s’est également exprimé sur la date d’arrivée des premiers véhicules importés ainsi que sur leurs probables prix. Il a ainsi indiqué, dans une déclaration à Echorouk, que les premiers véhicules n’arriveraient probablement pas en Algérie avant au moins 5 mois.

Abderrahmane Achaïbou a en effet expliqué que l’importation des véhicules devait passer par plusieurs étapes. Les concessionnaires devront notamment entamer les procédures pour obtenir un agrément définitif, puis compléter les étapes nécessaires à l’importation dans les pays d’où seront exportés les véhicules, a-t-il indiqué. Concernant les prix des voitures qui feront ainsi leur entrée en Algérie, le même homme d’affaires s’attend à ce qu’ils dépassent le pouvoir d’achat de la majorité des algériens, arguant que l’importation de voitures d’un prix supérieur à 10.000 dollars ne contribuera probablement pas à faire baisser les prix sur le marché algérien.

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