OQTF : un Algérien de 61 ans et sa famille visés après 9 ans en France

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Un ressortissant algérien âgé de 61 ans, installé depuis neuf ans à Châlons-en-Champagne avec son épouse et leurs trois enfants, fait actuellement face à une mesure d’éloignement du territoire français. Après le refus de sa demande de titre de séjour par la préfecture de la Marne, l’homme et sa famille sont visés par une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Lui-même fait par ailleurs l’objet d’une assignation à résidence et doit se présenter régulièrement au commissariat.

La situation de cette famille a été rapportée par plusieurs médias locaux. D’après les éléments relayés par ICI Champagne-Ardenne, Tayeb D. vit en France depuis 2017. Ancien professeur d’éducation physique, il affirme avoir construit une partie de sa vie dans le pays au cours de ces neuf dernières années. Il souhaite aujourd’hui obtenir un réexamen de son dossier afin de pouvoir rester en France avec son épouse et leurs trois enfants.

En mai 2026, le préfet de la Marne a rejeté sa demande de titre de séjour. Cette décision a été accompagnée d’une OQTF visant la famille. Depuis plusieurs semaines, Tayeb D. est assigné à résidence à Châlons-en-Champagne. Cette mesure l’oblige notamment à se présenter très régulièrement auprès des services de police, une situation qu’il vit difficilement.

Dans un témoignage recueilli par ICI Champagne-Ardenne, le sexagénaire fait part de son incompréhension et de son désarroi face à la situation. Il estime que cette mesure est particulièrement difficile à vivre compte tenu de son parcours et de son activité passée dans l’éducation. « C’est la honte pour moi, pour un éducateur. Nous ne sommes pas des délinquants. Ça nous touche beaucoup », témoigne-t-il auprès du média local.

Un avocat accompagne actuellement Tayeb D. dans ses démarches afin de tenter d’obtenir un réexamen de son dossier auprès de la préfecture. La famille entend notamment mettre en avant son parcours en France, son insertion dans la vie locale ainsi que la situation de ses enfants, tous scolarisés dans le pays.

Arrivé en France il y a neuf ans, Tayeb D. s’est installé à Châlons-en-Champagne avec sa famille. Selon son témoignage, il a depuis créé deux entreprises et participé à différentes activités au sein de la commune. Son épouse dispose également d’un diplôme universitaire, tandis que leurs trois enfants sont scolarisés et obtiennent, selon lui, de bons résultats.

Le ressortissant algérien insiste également sur son implication dans la vie associative locale. Il participe notamment aux activités de la Banque alimentaire et intervient comme bénévole auprès de la radio locale Mau Nau. Des engagements qu’il présente comme autant d’éléments témoignant de l’intégration de sa famille dans la commune où elle vit depuis plusieurs années.

« Tout le monde nous connaît », affirme-t-il ainsi pour décrire les liens noués avec son environnement local. Il estime que son parcours et celui de ses proches devraient être pris en compte dans l’examen de leur situation administrative.

Le sexagénaire compare par ailleurs sa situation à celle d’autres familles étrangères installées en France depuis plusieurs années. Selon lui, certaines personnes ayant vécu cinq ou six ans dans le pays ont pu obtenir un titre de séjour dans des situations qu’il estime comparables à la sienne. Il espère donc que son propre dossier pourra faire l’objet d’un nouvel examen par les autorités.

Tayeb D. explique également les raisons qui l’ont conduit à quitter l’Algérie et à venir s’installer en France. Il affirme avoir subi des persécutions et des pressions en raison de son engagement en faveur de l’identité et de la culture amazighes. Il évoque également des tensions avec des milieux islamistes en lien avec cet engagement.

Face à la procédure engagée à son encontre, il dit toutefois vouloir éviter toute confrontation avec les autorités, qu’elles soient françaises ou algériennes. Sa principale préoccupation, assure-t-il, est désormais de pouvoir continuer à vivre avec sa famille dans des conditions stables.

« Je ne souhaite entrer dans aucun conflit avec les autorités algériennes ou françaises. Ma seule préoccupation est de pouvoir vivre avec ma famille dans la dignité, la sécurité et la stabilité », explique-t-il.

Pour tenter de faire connaître sa situation et mobiliser autour de son dossier, Tayeb D. a lancé une pétition en ligne demandant aux autorités de procéder à un réexamen de sa situation administrative. La démarche vise notamment à attirer l’attention sur son ancienneté de présence en France, le parcours de sa famille et son implication dans la vie locale.

Pour l’heure, la famille reste donc sous le coup de l’OQTF prononcée après le refus de la demande de titre de séjour. Tayeb D., lui, demeure assigné à résidence à Châlons-en-Champagne dans l’attente de l’évolution de ses démarches. Son avocat poursuit les procédures destinées à convaincre la préfecture de réexaminer le dossier.

L’affaire illustre une nouvelle fois les situations complexes auxquelles peuvent être confrontées certaines familles étrangères installées depuis plusieurs années en France lorsque leur demande de séjour est rejetée. Dans le cas de Tayeb D., la famille espère désormais que les éléments liés à son parcours personnel, professionnel et associatif ainsi qu’à la scolarisation de ses enfants pourront être pris en considération dans l’examen de leur situation.