Voyages et immigration – La réouverture des frontières algérienne et la reprise des vols sont revenus au cœur de l’actualité depuis quelque temps, alors que les restriction sur les voyages entament leur quatorzième mois.

La fermeture des frontières en Algérie, qui a été décidée dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Coronavirus, a en effet bouclé son treizième mois hier samedi. Alors que les membres de la diaspora algérienne attendent toujours de pouvoir rentrer au pays, le gouvernement n’a pour le moment dévoilé aucun calendrier pour la reprise progressive des voyages. Les avis des experts restent, pour leur part, partagés sur cette question. Dans ce sens, le Dr Mohamed Bekkat Berkani a estimé, jeudi dernier, que « nous devons encore patienter jusqu’à ce que la situation s’améliore dans d’autres pays ». « Avec la situation actuelle France, (…) je pense que nous avons tout intérêt à maintenir un statut quo », avait-il estimé.

De son côté, le Pr Salah Lelou, pneumologue à l’EHU d’Oran, a au contraire estimé que la situation sanitaire en Algérie était propice à un allègement des restrictions sur les frontières. « La situation actuelle peut nous permettre de relâcher un peu la fermeture des frontières », a-t-il dit dans une déclaration au média en ligne TSA. « On doit demander le PCR de moins de 72 heures et laisser rentrer les gens », a-t-il conseillé.

Réouverture des frontières algériennes et reprise des vols : l’avis d’un spécialiste

Par ailleurs, le Pr Ryad Mahyaoui, autre membre du comité scientifique de suivi de la pandémie de Coronavirus, s’est également exprimé ce dimanche sur la réouverture des frontières algériennes et la reprise des vols. Dans un entretien accordé à TSA, le même spécialiste a ainsi réitéré sa position concernant cette question, à savoir qu’il était encore trop tôt pour songer à laver les restrictions sur les voyages. « L’ouverture des frontières, qui relève de la décision des hautes autorités du pays, n’est pas à l’ordre du jour », a-t-il dit, en ajoutant qu’« on voit dans beaucoup de pays que les gens resserrent l’étau autour de l’ouverture des frontières ».

Le Pr Mahyaoui a également mis le point sur la suspension des vols de rapatriement depuis le 1er mars dernier, une mesure qu’il a qualifiée de « choix positif ». « Avec les mesures prises au mois de mars (…), on constate maintenant (…) des résultats puisque nous sommes en situation épidémique confortable. Nous avons fait les bons choix. », a-t-il dit. « Cette pandémie a empêché les familles de se retrouver, de faire des deuils… L’impact sociologique est important », a-t-il néanmoins admis.

Ryad Mahyaoui réitère donc la même position qu’il avait exprimée vendredi dernier, dans un entretien à Radio Sétif, au sujet de la réouverture des frontière algériennes et de la reprise des vols. « Il n’est pas raisonnable de parler de reprise des vols internationaux alors que le monde est terrassé par une troisième vague dangereuse », avait-il estimé.

Rappelons par ailleurs que selon plusieurs spécialistes, l’Algérie ne devrait pas rouvrir ses frontières avant la vaccination d’au moins 50% de sa population. Or avec le retard qu’accuse actuellement le pays sur ce volet, ce chiffre ne pourra pas être atteint avant plusieurs mois dans le meilleur des cas. Le Pr Kamel Djenouhat, président de la société algérienne d’immunologie, avait d’ailleurs estimé à la fin du mois de mars dernier qu’il y avait moins de 1% des algériens qui ont reçu le vaccin depuis le début de la campagne le 30 janvier de cette année.

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