La justice algérienne a rendu un verdict particulièrement lourd contre l’homme d’affaires Mahieddine Tahkout. Le tribunal du pôle pénal économique et financier de Sidi M’hamed a condamné, ce lundi 1er juin 2026, le célèbre homme d’affaires à une peine de 10 ans de prison ferme assortie d’une amende de 8 millions de dinars algériens. La décision judiciaire prévoit également la confiscation de l’ensemble de ses biens mobiliers et immobiliers ainsi que de ses avoirs bancaires et investissements saisis en Suisse.
Cette affaire, qui continue de faire grand bruit en Algérie, s’inscrit dans le cadre des importantes enquêtes anticorruption engagées ces dernières années contre plusieurs hommes d’affaires et anciens responsables influents. Mahieddine Tahkout, déjà condamné dans d’autres dossiers à une peine définitive de 14 ans de prison, faisait cette fois face à de nouvelles accusations particulièrement graves liées au blanchiment d’argent et à des infractions financières complexes.
Le verdict a été prononcé lundi matin par le président du pôle économique et financier après liaison avec l’établissement pénitentiaire d’El Meniaa où se trouve détenu l’accusé. Après avoir rejeté les recours formulés par la défense, le tribunal a confirmé les principales charges retenues contre Mahieddine Tahkout.
Selon les éléments du dossier judiciaire, l’homme d’affaires était poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation liés au blanchiment d’argent dans le cadre d’une organisation criminelle structurée. Les poursuites concernaient également le détournement de fonds publics, la dissimulation de revenus issus de la corruption, ainsi que des violations de la législation relative aux changes et aux mouvements de capitaux entre l’Algérie et l’étranger.
La justice a également ordonné la confiscation de tous les comptes bancaires concernés par les enquêtes, y compris ceux ayant fait l’objet de commissions rogatoires internationales adressées notamment aux autorités judiciaires suisses. Les dépôts et investissements bloqués en Suisse seront eux aussi définitivement saisis dans le cadre de cette affaire.
Au-delà de la peine de prison et des confiscations, le tribunal a condamné Mahieddine Tahkout à verser la somme de 100 millions de dinars algériens en réparation des préjudices causés au Trésor public algérien. Une décision qui illustre la volonté des autorités judiciaires de récupérer une partie des fonds considérés comme détournés ou acquis illégalement.
Lors du procès tenu le 25 mai dernier devant le pôle économique et financier de Sidi M’hamed, le procureur de la République avait requis une peine encore plus lourde à l’encontre de l’homme d’affaires. Le parquet avait demandé 15 ans de prison ferme ainsi qu’une amende de 8 millions de dinars, estimant que les faits reprochés à l’accusé étaient pleinement établis.
Le représentant judiciaire du Trésor public avait également réclamé d’importantes réparations financières. Il avait sollicité le versement de 300 milliards de dinars algériens au titre des dommages matériels et moraux subis par l’État algérien dans cette affaire.
Cette nouvelle condamnation de Mahieddine Tahkout intervient dans un contexte où les autorités algériennes poursuivent leur politique de lutte contre la corruption et les crimes financiers. Depuis plusieurs années, plusieurs grandes figures du monde des affaires ont été poursuivies dans des dossiers impliquant des soupçons de corruption, de blanchiment d’argent et de transfert illicite de capitaux vers l’étranger.
Le nom de Mahieddine Tahkout reste particulièrement connu en Algérie. L’homme d’affaires avait bâti un vaste empire économique actif notamment dans les secteurs du transport, de l’automobile et de l’enseignement supérieur privé. Son groupe faisait partie des plus importants du pays avant les différentes procédures judiciaires engagées contre lui.
Cette affaire continue de susciter de nombreuses réactions dans l’opinion publique algérienne. Beaucoup y voient un symbole de la lutte engagée contre les pratiques de corruption qui ont marqué certaines périodes économiques du pays. D’autres estiment que ces procès traduisent la volonté des autorités de renforcer la transparence financière et la protection des deniers publics.
Avec cette nouvelle décision du pôle économique et financier de Sidi M’hamed, Mahieddine Tahkout voit son lourd passif judiciaire s’alourdir davantage. Entre peines de prison, confiscations massives et sanctions financières, l’ancien magnat des affaires demeure l’une des figures les plus emblématiques des grands dossiers de corruption traités par la justice algérienne ces dernières années.