Voyages et immigration – La crise sanitaire due au Coronavirus sévit toujours en Algérie, alors que l’ouverture des frontières ne semble pas encore d’actualité, et que la campagne de vaccination tourne au ralenti.

L’Algérie maintient ses frontières fermées depuis le 17 mars 2020, date à laquelle les premiers cas de Covid-19 commençaient à faire leur apparition dans le pays. Aujourd’hui, une année après l’instauration de cette mesure, celle-ci est toujours en vigueur et les autorités du pays n’ont annoncé  aucune date pour sa levée progressive.

En plus de la fermeture des frontières, l’Algérie a également suspendu tous les vols spéciaux en direction de son territoire jusqu’à la fin de ce mois de mars au moins. Cette décision, que les autorités algériennes ont annoncée le 23 février dernier, n’a pas manqué de susciter la colère de nombreux algériens encore bloqués à l’étranger. C’est notamment le cas du Forum de la communauté algérienne en Turquie, qui est monté au créneau pour réclamer l’autorisation pour les algériens se trouvant encore à l’étranger de rentrer au pays avec des compagnies étrangères.

Coronavirus et ouverture des frontières en Algérie : le point sur la situation

La crise du coronavirus, qui continue de sévir en Algérie retarde grandement une possible ouverture des frontières, tandis que la campagne de vaccination dans le pays tourne au ralenti. Selon le Pr Mohamed Yousfi, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital de Boufarik, seuls 0,17% des algériens ont ainsi reçu le vaccin pour le moment. Avec le rythme actuel, la vaccination d’au moins 50% de la population, nécessaire à l’ouverture des frontières, risque de ne pas avoir lieu avant le début de l’année prochaine.

Outre l’avancement de la campagne de vaccination, la réouverture des frontières algériennes dépend également de l’évolution de la situation sanitaire à l’étranger, et notamment en France. Ce pays, qui est la première destination européenne des algériens, vit actuellement une nouvelle vague de contaminations, qui a forcé le gouvernement à adopter de nouvelles mesures restrictives dans les régions les plus touchées.

Outre ces points négatifs, l’Algérie enregistre aussi une décrue du nombre de contaminations quotidiennes depuis quelques jours, avec des bilans inférieurs à 100 cas journaliers. Cette situation a poussé plusieurs spécialistes à supposer que le pays a atteint un seuil d’immunité collective, qui expliquerait ces chiffres. Dans ce sens, le Dr Mohamed Bekkat Berkani, membre du comité scientifique de suivi de la pandémie, a suggéré de mener des enquêtes épidémiologiques pour vérifier cette hypothèse. « Il semblerait que dans notre pays, durant le troisième trimestre de l’année dernière, il y a eu une augmentation de l’épidémie qui a été soit symptomatique, soit asymptomatique, qui nous a valu de nous acheminer vers cette immunité collective probable de par la maladie en elle-même », a-t-il dit dans une déclaration à TSA mardi 23 mars.

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