Algérie actualité – L’ancien premier ministre Abdelmalek Sellal a pointé du doigt Saïd Bouteflika, frère et ancien conseiller du président déchu, dans l’affaire du financement occulte du cinquième mandat.

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Le procès du financement occulte du cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika se tient en effet depuis le début de la semaine écoulée devant la cour d’Alger. L’ancien premier ministre Abdelmalek Sellal, qui a comparu devant la même juridiction, a pointé du doigt Saïd Bouteflika dans ce dossier. « J’ai été chargé par écrit d’ouvrir ces deux comptes, mais le volet financier n’était pas de mon ressort. Moi, je m’occupais du volet politique », a-t-il déclaré en réponse à une question du juge sur la provenance des fonds destinés à financer la campagne du président déchu. Abdelmalek Sellal a précisé que c’était Saïd Bouteflika, frère et ancien conseiller du président déchu, qui était chargé du financement du cinquième mandat de ce dernier. « Je n’étais pas au courant du transfert de l’argent vers ces comptes, même le comptable (…) a été désigné par le frère de président », a-t-il expliqué.

De son côté, l’homme d’affaires Ali Haddad a également évoqué sa relation avec Saïd Bouteflika, qui est incarcéré depuis quelques jours à la prison d’El Harrach. L’ancien président du Forum des chefs d’entreprises (FCE) a ainsi nié toute relation d’amitié avec le frère de l’ex-chef de l’État.« Je ne connaissais pas Saïd Bouteflika en dehors de la relation de travail », a-t-il déclaré, ajoutant que Saïd Bouteflika l’avait contacté pour qu’il lui recommande « un bon comptable ». « Je ne pouvais que dire oui (…) c’est le frère du président », a indiqué l’ancien président du FCE.

Financement occulte du cinquième mandat : Sellal risque une lourde peine

Par ailleurs, notons que la cour d’Alger a requis de lourdes peines contre les mis en cause dans cette affaire. Les deux anciens premiers ministres, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, risquent ainsi jusqu’à 20 ans de prison chacun. En plus des deux anciens chefs de l’exécutif, plusieurs hommes d’affaires sont également mis en cause dans ce dossier. Il s’agit d’Ali Haddad, Ahmed Mazouz, Mohamed Bairi et Hacène Larbaoui, qui risquent jusqu’à 10 ans de prison chacun.

Saïd Bouteflika n’est, quant à lui, pas jugé dans cette affaire. Le frère et ancien conseiller du président déchu avait, rappelons-le, été acquitté il y a quelques semaines par le tribunal militaire de Blida dans l’affaire du complot contre l’autorité de l’État et de l’armée.

En plus de Saïd Bouteflika, la même juridiction avait également acquitté les généraux Athmane Tartag et Mohamed Mediène, dit Toufik, ainsi que la Secrétaire générale du Parti des travailleurs Louisa Hanoune. Les accusés dans cette affaire avaient écopé, en septembre 2019, de 15 ans de prison chacun. Le tribunal militaire de Blida avait confirmé cette peine contre Saïd Bouteflika et les généraux Tartag et Toufik en février 2020. Louisa Hanoune avait, quant à elle, bénéficié d’une requalification des faits qui lui étaient reprochés et écopé de 3 ans de prison dont 9 mois fermes, une condamnation qui lui avait permis de quitter la prison à l’issue du procès en appel.

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