L’Algérie poursuit activement ses efforts pour sortir de la liste grise du Groupe d’action financière internationale (GAFI), grâce à une importante série de réformes techniques, administratives et législatives engagées ces derniers mois. Les autorités algériennes veulent ainsi renforcer la crédibilité financière du pays et améliorer son positionnement économique sur la scène internationale.
Cette dynamique de réforme intervient dans un contexte où l’Algérie cherche à moderniser son système financier, renforcer la transparence économique et rassurer les partenaires internationaux concernant sa capacité à lutter efficacement contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Le Groupe d’action financière, plus connu sous le nom de GAFI, devrait prochainement publier de nouveaux rapports concernant la situation générale des pratiques financières en Algérie. Ces évaluations porteront notamment sur la capacité du pays à contrôler les flux financiers, prévenir les infractions liées au blanchiment d’argent et lutter contre les différentes formes de criminalité financière.
Depuis octobre 2024, l’Algérie s’est officiellement engagée à coopérer étroitement avec le GAFI ainsi qu’avec le Groupe d’action financière pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Cet engagement vise à renforcer l’ensemble du dispositif national de prévention contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Le président Abdelmadjid Tebboune avait lui-même évoqué ce dossier lors de sa dernière rencontre avec des représentants des médias nationaux. Le chef de l’État avait alors affirmé que l’Algérie se rapprochait progressivement d’une sortie officielle de la liste grise, grâce aux efforts engagés par les différentes institutions du pays.
Lors de sa session plénière de février 2026, le GAFI a d’ailleurs estimé que l’Algérie avait largement achevé la mise en œuvre de son plan d’action. L’organisation internationale a recommandé l’organisation d’une visite de terrain afin de vérifier l’application concrète et durable des réformes adoptées par les autorités algériennes.
Cette étape constitue un signal particulièrement positif pour Alger. Le GAFI a reconnu que les réformes engagées devenaient progressivement efficaces et durables, tout en soulignant l’existence d’une véritable volonté institutionnelle pour améliorer le système national de contrôle financier. Ces éléments ouvrent ainsi la voie à une possible sortie prochaine et officielle de l’Algérie de la liste grise.
Parmi les principales mesures mises en place figure le renforcement de l’approche basée sur l’évaluation des risques, notamment dans les secteurs considérés comme sensibles. Les autorités ont instauré de nouveaux mécanismes de contrôle, d’inspection et d’évaluation afin de détecter plus efficacement les opérations suspectes et prévenir les infractions financières.
L’Algérie a également amélioré l’accès aux informations concernant les bénéficiaires effectifs des sociétés et des opérations financières. Les dispositifs de déclaration des transactions suspectes ont été renforcés afin de permettre une meilleure traçabilité des mouvements financiers.
Le cadre juridique relatif aux sanctions financières ciblées liées au financement du terrorisme a lui aussi été consolidé. Les autorités algériennes ont également adopté une approche basée sur les risques dans le contrôle des associations, tout en veillant à préserver leurs activités légales et leur fonctionnement normal.
L’une des dernières étapes importantes de cette réforme concerne le nouveau dispositif mis en place par le ministère des Finances à destination des experts-comptables, commissaires aux comptes et comptables agréés. Ce texte fixe désormais les règles de prévention et de lutte contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme ainsi que le financement de la prolifération des armes de destruction massive.
Le nouveau règlement impose aux professionnels concernés de mettre en œuvre des procédures strictes pour identifier les risques financiers potentiels liés à leurs activités. Cette approche repose notamment sur l’analyse des profils des clients, des services proposés, des technologies utilisées et des zones géographiques concernées.
Le texte oblige également les professionnels à appliquer des procédures précises de connaissance du client avant toute relation contractuelle ou opération financière. Ils devront notamment vérifier l’identité des clients, identifier les bénéficiaires effectifs et comprendre l’origine des fonds lorsque cela s’avère nécessaire.
Le dispositif prévoit aussi une surveillance continue des relations professionnelles ainsi qu’une mise à jour régulière des informations afin de détecter rapidement toute transaction inhabituelle ou suspecte.
Par ailleurs, le ministère des Finances a instauré de nouvelles règles de gouvernance interne pour les cabinets d’expertise comptable et d’audit. Chaque structure devra désormais désigner un responsable de conformité chargé de superviser l’application des mesures de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Ce responsable devra également assurer le suivi des évaluations des risques, contrôler l’efficacité des systèmes internes et garantir la formation continue des employés sur les questions liées à la conformité financière.
À travers ces multiples réformes, l’Algérie espère convaincre définitivement le GAFI de retirer le pays de la liste grise dans les prochains mois. Une telle décision représenterait un signal fort pour les investisseurs étrangers et pourrait contribuer à améliorer l’attractivité économique du pays sur les marchés internationaux.