Pomme de terre en Algérie : une solution concrète proposée

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Comment faire parvenir la pomme de terre au consommateur au prix plafonné sans pénaliser les agriculteurs ? C’est la question à laquelle tente de répondre l’organisation Himaytek, spécialisée dans la défense des consommateurs, à travers un nouveau plan destiné à réorganiser temporairement la commercialisation de ce produit agricole en Algérie.

Face aux difficultés observées sur le marché national des produits agricoles et aux préoccupations liées à l’évolution des prix, l’organisation plaide pour une intervention directe dans les circuits de distribution. Son idée consiste à réduire le nombre d’intermédiaires entre les producteurs et les acheteurs, tout en mettant en place un mécanisme financier permettant de compenser les frais supportés par les différents opérateurs.

La proposition repose notamment sur une collaboration entre les agriculteurs, les producteurs, les entreprises publiques, les professionnels du secteur, les associations de protection des consommateurs et les services concernés. Pour Himaytek, une réponse efficace à la situation actuelle nécessite une coordination entre ces différents acteurs, plutôt que des interventions isolées sur les points de vente.

Des ventes directes entre les agriculteurs et les consommateurs

Le premier volet du plan concerne l’organisation de la commercialisation. Himaytek propose de mettre en place des espaces de vente directe au niveau des communes et des marchés de proximité. Les agriculteurs pourraient ainsi écouler une partie de leur production sans passer par les circuits habituels de distribution, avec une commercialisation au prix plafonné.

Cette formule aurait pour objectif de rapprocher les producteurs des consommateurs et de limiter les coûts liés à la multiplication des intermédiaires. Elle permettrait également de proposer la pomme de terre dans différents quartiers et communes, au lieu de concentrer les opérations de vente dans les seuls circuits traditionnels.

Mais l’organisation ne souhaite pas faire reposer ce dispositif uniquement sur les capacités des agriculteurs. Elle appelle également à mobiliser les entreprises publiques relevant du groupe AgroLog, qui pourraient intervenir dans la collecte des récoltes, leur transport, leur distribution et leur commercialisation.

Le recours à ces opérateurs publics permettrait, selon le scénario proposé, d’organiser des circuits d’approvisionnement supplémentaires et d’assurer une présence plus régulière du produit dans les points de vente destinés aux consommateurs.

Une compensation financière pour préserver les revenus des producteurs

L’autre volet de cette proposition concerne directement la question du prix payé aux agriculteurs. Himaytek estime que la vente au tarif plafonné ne doit pas conduire les producteurs à supporter seuls l’écart entre leur prix de vente et les dépenses nécessaires à l’acheminement de la marchandise jusqu’au consommateur.

Pour éviter cette difficulté, l’organisation suggère la création d’un mécanisme temporaire de compensation financière. Celui-ci couvrirait la différence entre le prix d’achat de la pomme de terre auprès du producteur, les frais justifiés de transport, de stockage et de distribution, et le prix plafonné appliqué au consommateur.

Le principe serait donc de maintenir un prix accessible pour les ménages tout en garantissant une rémunération permettant aux agriculteurs et aux opérateurs de couvrir leurs coûts. Une telle formule nécessiterait toutefois des règles précises pour déterminer les montants à compenser et identifier les bénéficiaires.

L’organisation insiste justement sur la nécessité de s’appuyer sur des critères comptables transparents. Les dépenses déclarées devraient être justifiées, tandis que les opérations financières feraient l’objet de contrôles et d’audits. L’objectif affiché est d’éviter les abus et de garantir que les compensations profitent effectivement aux acteurs concernés.

Un suivi des quantités et des circuits de distribution

Pour que ce dispositif fonctionne, Himaytek considère que le contrôle de la commercialisation doit accompagner chaque étape, depuis la collecte des récoltes jusqu’à leur arrivée dans les points de vente.

L’organisation propose notamment d’enregistrer les volumes de pommes de terre réceptionnés et commercialisés, de préciser l’origine des marchandises et d’identifier leur destination. Les prix pratiqués ainsi que les différents points de vente feraient également l’objet d’un suivi.

Les associations de protection des consommateurs pourraient participer à cette surveillance sur le terrain. Leur rôle consisterait notamment à suivre l’application du dispositif, recueillir les réclamations des citoyens et transmettre régulièrement leurs observations aux autorités compétentes.

Himaytek appelle également à renforcer la coordination entre les services concernés et à intensifier les contrôles sur les marchés de gros et de détail. Le respect des prix plafonnés et le déroulement des opérations de distribution figurent parmi les points que l’organisation souhaite voir surveillés.

Un plan encore soumis à l’approbation des autorités

Au-delà des mesures proposées, Himaytek demande aux pouvoirs publics de réunir rapidement l’ensemble des parties concernées afin de définir un programme opérationnel. Cette réunion devrait permettre de fixer les délais, de répartir les responsabilités et de déterminer les moyens nécessaires à la mise en œuvre du dispositif.

À ce stade, il s’agit toutefois d’une proposition formulée par une organisation de défense des consommateurs. Aucun élément communiqué ne permet d’affirmer que les autorités ont adopté ce plan ou décidé de mettre en place le mécanisme de compensation suggéré.

La question centrale reste donc celle de son éventuelle concrétisation. Entre le prix payé au producteur, les coûts de transport et de stockage, les marges des différents intervenants et le tarif demandé au consommateur, l’équilibre économique de la filière constitue l’un des principaux défis.

Pour Himaytek, la solution passe par une intervention organisée sur toute la chaîne de commercialisation en Algérie. Le projet vise ainsi à concilier deux objectifs : préserver le pouvoir d’achat des ménages et garantir aux agriculteurs des conditions de vente qui ne compromettent pas leur activité.