Retour de Hyundai en Algérie : du nouveau

Hyundai Algérie

Le retour de Hyundai dans le paysage industriel algérien pourrait franchir une étape décisive dans les prochains mois. Un nouveau projet de production automobile est annoncé à Relizane, avec un objectif de démarrage situé entre janvier et mars 2027. L’initiative s’inscrit dans un partenariat associant le constructeur sud-coréen au groupe omanais Suhail Bahwan.

Le calendrier a été évoqué dans le cadre du rapprochement économique entre Alger et Séoul. Le projet figurait notamment parmi les dossiers abordés lors du dernier Forum économique algéro-coréen, organisé conjointement par l’ambassade de Corée du Sud et l’Agence coréenne de promotion du commerce et de l’investissement (KOTRA).

Selon les informations rapportées par le média sud-coréen Korea Economic Daily, la future installation doit accueillir des chaînes de montage fonctionnant selon le système CKD, pour « Completely Knocked Down ». Ce procédé consiste à assembler localement des véhicules à partir de pièces et de composants importés séparément. La gamme envisagée comprend notamment des SUV haut de gamme et de grandes berlines à hayon.

Le site de l’ancienne usine Volkswagen, situé dans la zone industrielle de Sidi Khettab, dans la wilaya de Relizane, figure parmi les emplacements étudiés pour accueillir cette activité. Le choix de cette infrastructure permettrait de s’appuyer sur un site industriel déjà identifié dans le secteur automobile. Toutefois, les éléments communiqués ne permettent pas encore de considérer son utilisation comme définitivement confirmée.

L’échéance annoncée, au premier trimestre 2027, donne une indication sur le calendrier envisagé par les partenaires. Elle ne signifie pas pour autant que l’ensemble des modalités industrielles et opérationnelles sont déjà arrêtées. Le projet devra notamment préciser les capacités de production, les modèles concernés et le niveau d’intégration locale attendu.

Cette perspective intervient dans une période de recomposition de l’industrie automobile algérienne. Plusieurs anciens sites de production font l’objet de démarches visant à leur trouver une nouvelle affectation, après les difficultés rencontrées par les premières expériences de montage automobile dans le pays.

L’ancienne usine Hyundai de Tiaret fait partie des dossiers suivis par les pouvoirs publics. Dans une réponse adressée au Parlement, le ministère de l’Industrie a indiqué que le site était entre les mains de la commission sectorielle compétente. L’objectif affiché est de l’intégrer prochainement au sein d’une entreprise publique afin de relancer son activité productive.

Ce dossier reste distinct du projet annoncé à Relizane, même si les deux illustrent les enjeux liés à la remise en activité des infrastructures industrielles existantes. Le futur complexe associé à Hyundai pourrait ainsi contribuer à renforcer la présence de l’industrie automobile dans l’Ouest algérien, à condition que le calendrier annoncé se concrétise.

La coopération entre les deux pays ne se limite d’ailleurs pas à l’automobile. Lors du forum économique, le directeur général de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), Omar Rekkach, a mis en avant les réformes engagées pour améliorer le climat des affaires et faciliter l’arrivée des investisseurs étrangers. Il a également réaffirmé la disponibilité de l’agence à accompagner les opérateurs sud-coréens dans leurs démarches.

Pour les autorités algériennes, l’intérêt de ce type de partenariat réside aussi dans les retombées industrielles attendues. Au-delà de l’assemblage des véhicules, les ambitions affichées concernent le transfert de technologies, le développement de la sous-traitance locale et la création d’emplois. La concrétisation de ces objectifs dépendra toutefois du contenu réel du projet et de la place accordée aux entreprises algériennes dans la chaîne de production.

Le premier trimestre 2027 constitue donc la prochaine échéance à surveiller pour ce dossier. Si le calendrier est respecté, Relizane pourrait accueillir une nouvelle activité automobile sous le label Hyundai, dans un contexte où l’Algérie cherche à consolider une industrie locale dépassant progressivement le simple montage de véhicules.