Voyages et immigration – Deux spécialistes se sont exprimés, ce dimanche 2 mai, au sujet de la réouverture des frontières et de la reprise des vols internationaux de et vers l’Algérie.

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La fermeture des frontières algériennes dure depuis maintenant plus de 13 mois. Les autorités du pays, qui ont instauré cette mesure le 17 mars 2020 dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19 la maintiennent toujours et le chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune a récemment instruit le gouvernement de la prolonger jusqu’à nouvel ordre. Dans ce contexte, les algériens qui se trouvent bloqués à l’étranger ont multiplié les appels depuis quelques jours pour leur permettre de rentrer au pays. Dans ce sens, des internautes ont notamment lancé une pétition à l’adresse du président algérien, dans laquelle ils l’ont appelé à « ouvrir les frontières sous conditions (…) comme tous les autres pays ».

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De leur côté, les avis des spécialistes restent partagés sur ce sujet, même si une majorité d’entre eux plaide pour un maintien des restrictions actuelles sur les voyages. Le Pr Salah Lelou, pneumologue à l’EHU d’Oran a ainsi été l’un des rares à appeler à une réouverture partielle des frontières du pays, avec l’instauration de contrôles stricts au niveau des aéroports.  « On doit demander la PCR de moins de 72 heures et laisser rentrer les gens », a-t-il déclaré le 14 avril avril dernier, en insistant sur le fait qu’il faut « garder un contrôle strict ». Un avis que partage également  le professeur Yacine Kheloui, chef de service pneumologie à l’EPH de Blida. « Je pense qu’il y a possibilité de [ramener les algériens bloqués à l’étranger]  comme on a fait au début et de les mettre en quarantaine. », a-t-il notamment affirmé dans un entretien accordé il y a quelques jours au site web TSA.

Frontières et reprise des vols en Algérie : deux spécialistes s’expriment

Par ailleurs, deux autres spécialistes se sont également exprimés, ce dimanche 2 mai, au sujet de la réouverture des frontières et de la reprise des vols en Algérie. Il s’agit du Dr Mohamed Bekkat Berkani, membre du comité scientifique de suivi de la pandémie ainsi que du Dr Zaki Allal, spécialiste en transplantation d’organes et co-fondateur de la Organ Preservation Alliance basée en Californie. Dans un entretien téléphonique accordé au média spécialisé Djalia Dz, le Dr Bekkat Berkani a ainsi salué la récente décision du chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune, de maintenir la fermeture des frontières. Il s’agit là, selon lui « d’une décision qui a déjà prouvé son efficacité » et représente surtout « la seule solution » qui permet actuellement à l’Algérie de ralentir la propagation du virus. Toutefois, le même spécialiste a estimé que cette mesure ne pouvait pas rester en vigueur indéfiniment, et qu’il fallait par conséquent mettre en place des campagnes de sensibilisation et accélérer la campagne de vaccination, qui reste la seule solution pour vaincre définitivement la pandémie.

De son côté, le Dr Zaki Allal a également mis en garde contre une ouverture des frontières algériennes avec la situation qui règne actuellement dans le monde. Dans une déclaration accordée au même média précédemment cité, il a ainsi mis en avant la propagation du variant indien de la maladie, considéré actuellement comme la souche la plus dangereuse du virus, et qui a déjà fait son apparition dans plusieurs pays, dont la France qui compte la plus grande communauté d’algériens à l’étranger. « Je crains une importation du variant indien par les missions diplomatiques et consulaires », a-t-il notamment dit, en mettant également l’accent sur la présence de travailleurs indiens en Algérie qui font fréquemment des déplacements vers ce pays, et qui représentent ainsi un autre facteur de risque. « La souche indienne, qui endeuille l’Inde et sème la peur sur la planète, peut émerger à tout moment en Algérie », a-t-il prévenu.

Concernant le maintien de la fermeture des frontières algériennes, le même spécialiste a estimé qu’elle « permet à l’Algérie de prendre le pas sur le Coronavirus. Elle nous aide à garder une longueur d’avance ». « Il est nécessaire de continuer à appliquer les mesures de protection et de sécurité. Ça nous aidera à mettre le pays hors de danger », a-t-il conclu.

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