De vendeur de légumes en Algérie à vice-président chez Pfizer : qui est Mohand Sidi Saïd ?

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De vendeur de fruits et légumes sur les marchés de Haute Kabylie à l’un des plus hauts postes de responsabilité chez Pfizer, Mohand Sidi Saïd a connu une trajectoire remarquable. Né en 1939 dans les contreforts du Djurdjura, cet Algérien a gravi les échelons du géant pharmaceutique américain jusqu’à en devenir vice-président en 1996. Retiré de ses fonctions opérationnelles depuis 2005, il reste une figure du monde économique et pharmaceutique, dont le parcours a récemment été mis en lumière lors du Smala Festival 2026.

C’est Karim Zéribi qui a évoqué cette histoire lors d’une conférence consacrée au rôle de la diaspora algérienne. Un récit qui ramène aux origines modestes de celui qui allait devenir Senior Vice President – Pfizer Pharmaceuticals Group, après avoir consacré près de quatre décennies à l’entreprise américaine.

L’enfance de Mohand Sidi Saïd est marquée par les difficultés. Il perd son père à l’âge de dix ans et doit très tôt participer à la vie de sa famille, notamment en vendant des fruits et légumes sur les marchés. Dans cet environnement, l’accès à l’éducation va jouer un rôle déterminant dans la construction de son avenir.

Un cousin instituteur, Hachimi Oussedik, l’encourage alors à rejoindre les bancs de l’école. Cette première étape ouvre une trajectoire scolaire qui le conduira progressivement vers des études supérieures, d’abord en Algérie, puis en France et aux États-Unis.

Après son parcours universitaire en Algérie, il rejoint l’Institut d’administration des entreprises d’Aix-en-Provence, avant de poursuivre sa formation à Carnegie Mellon University, aux États-Unis. Un itinéraire académique international qui lui permet d’acquérir les compétences nécessaires pour évoluer dans le secteur pharmaceutique.

Son entrée chez Pfizer intervient en 1965. Il rejoint alors l’entreprise américaine en qualité de représentant médical. À ce stade, rien ne laisse présager les responsabilités qu’il exercera plusieurs décennies plus tard. Il commence au contact des professionnels de santé et construit progressivement son expérience au sein du groupe.

La progression se poursuit au fil des années. En 1996, il est élu vice-président de Pfizer et devient Senior Vice President – Pfizer Pharmaceuticals Group. Il accède ainsi à l’un des postes les plus élevés de l’organisation, avec des responsabilités internationales couvrant notamment l’Asie, l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Amérique latine.

Cette nomination constitue l’aboutissement d’une longue carrière au sein du groupe. Après environ quarante années passées chez Pfizer, Mohand Sidi Saïd prend sa retraite de ses fonctions opérationnelles. Il est depuis présenté comme un ancien vice-président du laboratoire américain, et non comme un dirigeant actuellement en exercice.

Son parcours professionnel ne s’est toutefois pas limité aux responsabilités managériales. Au fil de sa carrière, il a également défendu une approche du leadership accordant une place importante aux enjeux sociaux et à l’accès aux soins. Plusieurs initiatives évoquées dans son parcours illustrent cette orientation.

En Afrique du Sud, il s’est notamment engagé en faveur d’un accès plus large aux traitements contre le sida. Au Pakistan, il aurait privilégié le financement d’un centre de dialyse plutôt que la réalisation de simples objectifs comptables. Dans certains pays en développement, il a également contribué à faciliter la cession d’usines à des fondations de salariés pour un montant symbolique.

Ces expériences ont nourri sa réflexion sur les inégalités d’accès aux médicaments. Il défend notamment le principe d’une « médecine à deux prix », dans laquelle les marchés disposant de ressources financières plus importantes contribueraient davantage, afin de rendre les traitements innovants accessibles à des populations moins favorisées.

À 87 ans, Mohand Sidi Saïd conserve par ailleurs une activité dans les milieux économiques et pharmaceutiques. Installé à Aix-en-Provence, il poursuit ses interventions publiques et ses travaux d’écriture. Son ouvrage *Du Djurdjura à Manhattan* revient notamment sur les différentes étapes d’une vie marquée par les déplacements, les études et une carrière internationale.

L’ancien dirigeant de Pfizer s’intéresse également aux perspectives de développement de l’Algérie. Il plaide notamment pour un renforcement de la recherche scientifique, le développement des biotechnologies et la création d’un fonds souverain destiné à soutenir les projets de recherche. La modernisation du système de santé figure également parmi les enjeux qu’il met en avant.

Lorsqu’il évoque ce qu’il souhaite transmettre, Mohand Sidi Saïd insiste davantage sur « l’envie » que sur les titres ou les fonctions occupées : l’envie d’apprendre, d’oser et de se rendre utile. Une philosophie qui fait écho à son propre parcours, depuis les marchés de Haute Kabylie jusqu’aux responsabilités exercées au sein de l’un des plus grands groupes pharmaceutiques mondiaux.

Son histoire rappelle ainsi le rôle que l’éducation et la persévérance peuvent jouer dans une trajectoire personnelle. Mais elle témoigne aussi d’un parcours professionnel désormais achevé chez Pfizer, dont il reste l’un des anciens dirigeants les plus connus au sein de la diaspora algérienne.