Qui est Mohand Bouray, nouveau gouverneur de la Banque d’Algérie ?

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C’est désormais officiel : le paysage financier algérien s’offre un nouvel homme fort. Ce jeudi 3 septembre 2026, au siège de la banque centrale à Alger, le ministre des Finances, Mohamed Lamine Lebbou, a officiellement installé Mohand Bouray dans ses nouvelles fonctions de gouverneur de la Banque d’Algérie. Il prend ainsi le relais de M. Lebbou, réorganisant le sommet de la haute finance nationale. Mais qui est vraiment ce financier discret qui récupère les clés de la première institution monétaire du pays ?

Dans les arcanes bancaires, la nomination de Mohand Bouray ne relève pas du hasard. Loin des profils purement politiques ou universitaires, le pouvoir a fait le choix d’un pur produit du terrain, un homme qui a arpenté tous les échelons du secteur bancaire public algérien.

Pour comprendre le profil de Mohand Bouray, il faut remonter le fil d’une carrière exclusivement bâtie au cœur de l’économie réelle. Fin connaisseur des chiffres et des rouages de la finance, il décroche en 2002 son diplôme de l’École Supérieure de Banque (ESB) d’Alger. Soif d’expertise oblige, il complète son bagage académique en 2005 à l’Institut de Financement du Développement du Maghreb Arabe (IFID) avec un diplôme d’études supérieures en banque.

C’est à la CNEP-Banque que le jeune cadre fait ses armes. D’abord chargé d’études au niveau de la direction de l’épargne, il se voit rapidement confier la gestion de succursales, apprenant au passage la réalité du guichet et la psychologie des épargnants algériens.

Mais c’est à la BADR (Banque de l’Agriculture et du Développement Rural) que Mohand Bouray va donner une nouvelle dimension à sa carrière. Arrivé par la grande porte, il gravit un à un les échelons stratégiques jusqu’à en devenir le Directeur Général. À la tête de ce géant financier indispensable au monde agricole, il se retrouve en première ligne pour financer les filières stratégiques (céréales, élevage, modernisation des fermes) et mettre en place des mécanismes d’effacement ou de rééchelonnement des dettes des agriculteurs face aux aléas climatiques. Une expérience du « concret » qui a façonné son pragmatisme.

Au-delà de ses responsabilités opérationnelles, M. Bouray s’est imposé au fil des ans comme une figure incontournable de la place financière d’Alger. Administrateur aguerri, il a notamment représenté la BADR dans divers conseils d’administration d’établissements financiers de premier plan, à l’image du Conseil d’administration de Banque Al Baraka Algérie. Cette double culture – banques publiques traditionnelles et finance islamique – lui donne une vision à 360 degrés des dynamiques du marché national. Ceux qui l’ont côtoyé décrivent un homme de dossiers, rigoureux, qui privilégie l’action discrète aux grandes déclarations médiatiques.

En nommant un technocrate chevronné comme Mohand Bouray, les autorités envoient un signal clair au marché et aux partenaires financiers : l’heure est à la continuité des réformes avec des hommes qui connaissent la mécanique interne du système bancaire sur le bout des doigts.

Les yeux des analystes, des banquiers et des opérateurs économiques sont désormais rivés vers la Banque d’Algérie. Le nouveau gouverneur aura la lourde tâche d’imprimer sa marque et de transformer le secteur bancaire en un véritable moteur de croissance durable.