Hana Mansour : le grave dérapage de Kamel Daoud et « Le Point »

L’actrice et créatrice de contenu algérienne Hana Mansour, connue sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme « Rexleur », a publiquement dénoncé l’utilisation de l’une de ses photographies par le magazine français Le Point.

Dans un communiqué publié sur ses réseaux sociaux, Hana Mansour affirme que son image a été utilisée sans son autorisation pour illustrer un article consacré à l’Algérie et signé par l’écrivain et chroniqueur Kamel Daoud.

Le visuel utilisé par Le Point porte le titre « Monologue imaginaire d’une Franco-Algérienne » et présente une photographie de Hana Mansour accompagnée de la mention « Le Point ». La publication affirme également qu’il s’agit d’un texte dans lequel Kamel Daoud imagine le monologue intérieur d’une Franco-Algérienne confrontée à une double appartenance entre la France et l’Algérie.

Dans son communiqué, Hana Mansour précise qu’elle n’a « été ni sollicitée ni consultée » concernant l’utilisation de cette photographie. Elle indique surtout qu’elle refuse que son image puisse être associée au contenu ou à la ligne éditoriale de l’article.

La comédienne demande ainsi le retrait de sa photographie de l’article ainsi que de tout support lié à sa publication. Elle affirme également se réserver le droit d’engager les démarches qu’elle jugera nécessaires afin de faire respecter ses droits.

Mais que dit exactement l’article de Kamel Daoud ?

Intitulé « Monologue imaginaire d’une Franco-Algérienne », le texte adopte la forme d’un récit à la première personne. L’auteur y imagine les pensées d’une jeune femme vivant entre deux univers : d’un côté la France, pays où elle bénéficie de la liberté, de l’école et d’une vie qu’elle a construite ; de l’autre, l’Algérie, son histoire familiale, ses origines et le poids du regard de son entourage.

Le texte insiste notamment sur le sentiment de vivre « entre deux mondes ». La narratrice imaginée par Kamel Daoud décrit une tension entre ce qu’elle reçoit de la France et ce qui demeure en elle de son histoire familiale et algérienne.

Le texte évoque également le rapport au corps, à la liberté, aux vêtements et au regard des autres. L’auteur construit ainsi un personnage partagé entre l’attachement à ses origines et le sentiment d’avoir trouvé en France un espace de liberté.

À un moment du récit, la narratrice explique notamment qu’en France elle a connu « la liberté, l’école » et différents aspects de la vie qu’elle associe à cette liberté, tout en décrivant parallèlement la difficulté de se sentir pleinement à sa place.

Le texte est donc présenté comme une construction littéraire et non comme le témoignage direct d’une personne identifiée. Le titre lui-même parle d’un « monologue imaginaire ».

C’est précisément dans ce contexte que l’utilisation de la photographie de Hana Mansour prend une dimension particulière pour l’intéressée.

Car même si le texte est présenté comme imaginaire, la photographie utilisée par Le Point représente une personne réelle. Hana Mansour estime donc que son image ne doit pas être associée à ce récit sans son accord.

Dans son communiqué, elle ne conteste pas uniquement l’utilisation technique de la photographie. Elle affirme également refuser que son image soit associée « de quelque manière que ce soit » au contenu ou à la ligne éditoriale de l’article.

Qui est Hana Mansour ?

Hana Mansour est une comédienne algérienne qui s’est également fait connaître sur les réseaux sociaux. Dans une interview accordée à L’Expression, elle expliquait avoir commencé comme mannequin avant de se tourner vers la comédie et la création de contenus. Elle avait notamment participé à des projets audiovisuels et développé des mini-séries sur Instagram.

Sa carrière s’est depuis poursuivie dans l’audiovisuel. AlloCiné recense notamment des apparitions dans « Première ligne », « Roqia » et dans d’autres travaux.

La polémique actuelle ne porte donc pas sur une déclaration de Hana Mansour dans l’article de Kamel Daoud : elle concerne avant tout l’utilisation de sa photographie pour illustrer ce contenu.

De son côté, le texte de Kamel Daoud s’inscrit dans une série de chroniques et de tribunes dans lesquelles l’auteur aborde régulièrement les questions liées à l’Algérie, à la France, à l’exil, à l’identité et aux relations entre les deux pays. Le Point le présente comme chroniqueur, écrivain et reporter, et indique qu’il collabore avec le magazine depuis plusieurs années.

La réaction de Hana Mansour ouvre donc une question distincte de celle développée dans l’article : celle du droit d’utiliser l’image d’une personne réelle pour accompagner un texte portant sur une identité ou une expérience qui ne sont pas nécessairement les siennes.

Pour l’instant, la position rendue publique par Hana Mansour est claire : elle demande le retrait de la photographie et indique qu’elle se réserve la possibilité d’engager des démarches pour faire respecter ses droits.

La suite de cette affaire dépendra notamment de la réponse du média et des éventuelles démarches entreprises par la comédienne.